1. Le top 10 des écoles d'architecture intérieure préférées des pros
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Le top 10 des écoles d'architecture intérieure préférées des pros

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L’école Boulle, première de notre classement en architecture intérieure, est celle qui offre la plus grande diversité de diplômes des métiers d’art. // © Nicolas TAVERNIER/ REA
L’école Boulle, première de notre classement en architecture intérieure, est celle qui offre la plus grande diversité de diplômes des métiers d’art. // © Nicolas TAVERNIER/ REA

Quelle est la meilleure école d’architecture intérieure ? L’Etudiant a posé la question aux directeurs et aux managers du secteur, tout en prenant en compte plusieurs critères pédagogiques.

Pour répondre à cette question, nous vous proposons le top 10 des établissements ayant obtenu le plus de points dans notre enquête.

Notre palmarès des écoles d'architecture intérieure

Écoles Nombre de points Nombre de citations par les professionnels : "écoles préférées"
École Boulle, Paris 68 20
École Camondo, Paris 67 20
ENSAD, Paris 57 12
ENSAAMA – Olivier-de-Serres, Paris 52 12
ESAG-Penninghen, Paris 42 12
L'École bleue, Paris 40 11
L'École de design Nantes-Atlantique 38 3
ESAIL Jean-Cottin, Lyon 31 4
LISAA, Bordeaux, Nantes, Paris, Rennes, Strasbourg 26 4
Académie Charpentier, Paris 23 5

Lire aussi : Les écoles d'architecture intérieure au banc d'essai

L’École Boulle caracole en tête

L’École Boulle monte sur la plus haute marche du podium. Cet établissement public, créé en 1886, est l’une des quatre écoles supérieures d’arts appliqués parisiennes, avec l’ENSAAMA-Olivier-de-Serres (qui occupe la quatrième place de notre palmarès), Duperré et Estienne. L’École Boulle est très certainement celle qui possède la plus grande diversité d’offres de formations dans les métiers d’art. Ses 13 DMA (diplômes des métiers d’art) en ébénisterie, ciselure, tapisserie décoration, ou encore marqueterie, comptent parmi les plus sélectifs.

En design, l’établissement parisien dispense notamment un BTS (brevet de technicien supérieur) design d’espace qui forme des "assistants concepteurs" dans l’aménagement d’habitats, de commerces, de paysages naturels et de salons. Le programme mêle des enseignements généraux (mathématiques, français, économie-gestion), artistiques (arts visuels) et professionnels (sémiologie de l’espace). L’École Boulle propose d’autres diplômes, du niveau V (CAP [certificat d’aptitude professionnelle]) au niveau I (DSAA [diplôme supérieur des arts appliqués]). Son catalogue de formations est vertigineux.

Camondo, une approche prospective

La pédagogie, l’organisation des études (spécialisation plus ou moins tôt dans le cursus), et même la manière dont est entendue l’architecture intérieure, sont sensiblement différentes d’un établissement à l’autre.

L’École Camondo, à Paris, en deuxième position dans notre palmarès, fait ainsi de l’approche prospective une de ses marques de fabrique. Par exemple, les étudiants suivent des cours de sociologie pour comprendre le monde et ses évolutions.

Autre particularité de l’établissement : rattaché au musée des Arts décoratifs, il donne accès à des enseignements optionnels en quatrième et cinquième années pour, dit-on, permettre aux étudiants de "colorer leur parcours et affirmer leur personnalité". Parmi les 18 "cours électifs", citons le sur-mesure ou la scénographie-muséographie.

L’établissement dispense deux cycles distincts. "Les cursus en trois ans débouchent plutôt sur le métier d’assistant. Une formation en cinq ans de niveau I est préférable si l’on souhaite devenir concepteur, c’est-à-dire être en mesure de proposer à un client un projet à la fois pertinent et original", distingue René-Jacques Mayer, le directeur de l’école.

Pluridisciplinarité à l’ENSAD et l’ESAG-Penninghen

À l’ENSAD (École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris), à la troisième place, la première année est transversale : elle permet d’acquérir les bases théoriques, techniques et méthodologiques communes aux dix secteurs de l’école (scénographie, design vêtement, cinéma d’animation, architecture intérieure, etc.). Le choix de la spécialisation se fait en deuxième année.

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À l’ESAG-Penninghen à Paris, qui complète le top 5 de notre palmarès, on retrouve cette même pluridisciplinarité. Les étudiants de première année s’initient au dessin d’observation, au croquis, à l’histoire de l’art ou encore au design d’espace. L’objectif pédagogique est, pour cette année, d’apprendre à regarder et à retranscrire le plus fidèlement possible par le dessin. Ce que Gilles Poplin, le directeur de l’école, appelle "la science du regard". Les élèves touchent à tout avant de faire le choix de la direction artistique ou de l’architecture intérieure en deuxième année.

Spécialisation à l’ESAIL

L’ESAIL à Lyon (huitième rang dans notre classement) enseigne essentiellement la décoration (en trois ans) et l’architecture intérieures. Les étudiants qui intègrent le cursus, sur cinq ans, suivent des cours spécifiques au diplôme préparé, notamment : perspective à main levée, couleur et espace, histoire de l’architecture, technologie du bâtiment.

Les projets occupent une part importante du programme des deux premiers semestres. "Ces exercices pratiques et individuels font appel à des compétences nouvelles qui ne sont pas enseignées au lycée. Comme concevoir un projet, créer et imaginer, dessiner et représenter dans l’espace", énumère Pascal Bertrand, le directeur de l’école lyonnaise.

Des associations pour séparer le bon grain de l’ivraie

Toutes les écoles d’arts appliqués ne se valent pas, et certaines associations peuvent vous être utiles dans votre sélection. Parmi celles-ci, citons le CFAI (Conseil français des architectes d’intérieur), qui distingue 15 établissements publics et privés, dont Camondo et l’École bleue ; France design éducation (14 membres), et surtout son équivalent international, Cumulus, qui fédère un peu plus de 250 universités et écoles d’art et de design internationales, dont Rubika (Valenciennes) et l’ECV (Paris, Lille, Nantes, Bordeaux et Aix-en-Provence). Les établissements qui souhaitent rejoindre ce réseau doivent justifier d’un diplôme de niveau bac+5, rédiger une lettre de motivation et surtout convaincre deux parrains, déjà membres de l’association.

L’APCI (Agence pour la promotion de la création industrielle) reconnaît, quant à elle, 11 établissements d’enseignement supérieur français plutôt orientés produit, parmi lesquels figurent l’ENSAD (École nationale supérieure des arts décoratifs, à Paris) et l’École de design Nantes-Atlantique. Les écoles qui souhaitent intégrer ce réseau, particulièrement reconnu par les professionnels, doivent prouver qu’elles contribuent à l’écosystème du design français en anticipant les évolutions du métier de designer.