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Les étudiants d’HEC privés de soirées

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Terminées les fêtes à HEC. "Toute autorisation d'organiser sur le campus dans les locaux d'HEC une soirée ou, plus généralement, un événement festif étudiant, est suspendue jusqu'à nouvel ordre", indique la direction de l’école, dans un message adressé aux étudiants le 7 décembre 2010. 
 

Série d'accidents liés à l'alcool

 
Dans le passé, HEC a déjà interdit ponctuellement des soirées. Mais cette décision semble plus grave que les précédentes. En cause : deux événements rapprochés intervenus depuis la rentrée 2010. Le premier remonte au 21 octobre. Un accident "très grave" selon Delphine Loevenbruck, la directrice de la communication d'HEC. Au cours d’une soirée, un étudiant est tombé en coma éthylique et a failli s’étouffer dans son vomi. Il a été transporté d’urgence à l’hôpital, tandis que son prognostic vital a été engagé. "Cette situation a découlé d’un jeu entre des étudiants qui buvaient. C’est totalement inadmissible", commente Delphine Loevenbruck. Le déroulement de ces événements a donné lieu à des débats sur le forum prépa-hec.org. "Des mesures sont en train d’être prises contre les étudiants responsables", poursuit Delphine Loevenbruck.
 

Le petit-fils de Balladur blessé

 
Le second événement, en date du 25 novembre 2010, a eu plus de retentissement médiatique, dans la mesure où il concernait le petit-fils d’Edouard Balladur. Selon Le Parisien et Le Figaro, cet étudiant s’est blessé à la tête au cours d’une soirée, tandis que deux étudiantes en coma éthylique ont été transportées à l’hôpital.

A cela s’ajoutent d’autres types de débordements. Dans la nuit du 8 au 9 octobre 2010, des étudiants ont déclenché volontairement une alarme à incendie, ce qui a occasioné un déplacement de pompiers et de policiers et une évacuation de bâtiments pour rien. Des dégradations de matériel (démontage de portes, dégradation de murs) ont encore aggravé la situation.
 

Le BDE réagit

 
Face à la décision de l'école, le BDE d'HEC (le bureau des élèves), mis en cause, a souhaité marquer le coup. Il élabore en ce moment un plan d’action, qu’il présentera à la direction, dans l’espoir qu’elle lève l’interdiction en cours. « Nous allons former tous les membres du BDE aux gestes de secours, monter des conférences avec un alcoologue, permettre à la Croix Rouge d’être présente lors de nos soirées ouvertes à l’extérieur, organiser un pot annuel sans alcool, prévoir plus de nourriture dans les soirées et des softs plus attractifs », détaille Renaud Lerooy, président du BDE d’HEC.
 

Cela sera-t-il suffisant ?
  

"Ces phénomènes sont dûs en grande partie à l'ennui régnant à Jouy [le campus d'HEC, NDLR]", remarque un étudiant, pointant que l’école est isolée de tout, dans un endroit où "il n’y a rien à faire". Il faut dire aussi qu’HEC est une des rares écoles à autoriser les soirées open bar dans ses murs. Pour un prix d’entrée de 3 à 5 €, les étudiants du campus consomment de l’alcool à volonté tous les jeudis, au cours de soirées appelées les "POWs". Seules les fêtes ouvertes aux personnes extérieures sont contingentées en boissons.
 

Lettre au président de la CCIP
 

En attendant, certains étudiants ironisent de la sentence de la direction. En témoigne cette lettre adressée par l’un d’eux au président de la CCIP (chambre de commerce et d’industrie de Paris), tutelle d’HEC, publiée le 13 décembre 2010 sur le site satirique de l’école. "HEC, HEC, HEC, morne plaine ! Sans tes mythiques POWs, te voilà bien en peine", peut-on lire sur Sortie Vauhallan. Camille, étudiante à HEC, considère de son côté que "cette interdiction ne changera pas grand chose", et que le problème "est plus générationnel que lié à HEC".