1. Ces futurs ingénieurs agronomes se mobilisent pour une agriculture raisonnée
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Ces futurs ingénieurs agronomes se mobilisent pour une agriculture raisonnée

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Les 12 étudiants en 3e année de l’ENSAIA organisateurs du colloque sur le thème du biocontrôle. // © Photo fournie par les témoins
Les 12 étudiants en 3e année de l’ENSAIA organisateurs du colloque sur le thème du biocontrôle. // © Photo fournie par les témoins

LES JEUNES ONT DE L'AVENIR ! - L’agriculture raisonnée est l’un des thèmes abordés dans le documentaire "Demain", de Mélanie Laurent et Cyril Dion, qui cartonne au box office avec plus 500.000 entrées en huit semaines. 12 étudiants en 3e année de l’ENSAIA (École nationale supérieure d’agronomie et d’industries alimentaires) de Nancy, ont organisé un colloque sur le thème du biocontrôle le 8 février 2016.  

"Le colloque que nous organisons est destiné à faire savoir que le biocontrôle, ça existe, c’est efficace, et qu’il s’agit d’une solution d’avenir", assure Alice Valles, qui fait partie des 12 étudiants de l’ENSAIA organisateurs d’un colloque sur ce thème, à Nancy (54), le 8 février 2016.

Comme elle, Thomas Arricastres, Mathilde Carré, Julia Cathelin, Maryse Clauson, Noémie Darloy, Cloé Frican, Marine Guilcher, Thibaud Jeziorny, Marion Marchal, Alma Roblin, Florian Potterie, sont tous de futurs ingénieurs agronomes engagés dans ce projet étudiant. Ils ont entre 22 et 26 ans. La moitié d’entre eux se spécialisent en protection des cultures, et l’autre moitié en en biotechnologies. Ils s’inscrivent dans la logique de l’agriculture raisonnée et durable. "Ce sont des profs qui nous ont parlé de la possibilité de monter ce projet dans le cadre de notre formation. Nous avons noué un partenariat avec l'un des leaders de l'agrochimie qui souhaitait se tourner vers autre chose que les pesticides pour être plus respectueux de l'environnement", détaille la future ingénieure agronome.  

Des sols travaillés par la chimie

Qu'est-ce que le "biocontrôle" ? Des méthodes complémentaires à l’usage des pesticides, destinées à protéger les cultures de manière naturelle et respectueuse de l’environnement. L’idée d’y consacrer un colloque est née suite à une enquête menée l’an dernier par le groupe d’étudiants auprès des acteurs du monde agricole. Elle avait notamment révélé un manque d’information. "Le biocontrôle est encore cher et cela induit des difficultés logistiques pour les agriculteurs qui n’ont pas l’habitude d’utiliser ces produits naturels, sans conservateurs, explique Alice Valles. Les agriculteurs dépendent de l’économie, vivent de leur récolte et ont un niveau de rendement nécessaire et, en même temps, ils voient bien que les sols sont travaillés par la chimie, qui ne respecte pas l'environnement."

Herbicides naturels, micro-organismes fongicides

Des solutions comme des herbicides naturels, des produits issus d’algues, simulateurs de défense naturelle des plantes ou des micro-organismes, capables de tuer des champignons comme le ferait une solution chimique, sont présentées lors de ce colloque réunissant des représentants de coopératives, des agriculteurs, des instituts techniques, des chercheurs de l’INRA ou du CNRS, ainsi que des étudiants de l’école d’ingénieurs nancéenne. "Nous voulons montrer que le biocontrôle est possible pour tout type d’agriculture", conclut Alice Valles. Ce 8 février 2016, 300 personnes étaient réunies au Palais des congrès de Nancy pour récolter les fruits du travail de ces étudiants… Et semer, demain, d'autres graines.