1. Cette jeune diplômée va révolutionner le diagnostic du cancer de la peau
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Cette jeune diplômée va révolutionner le diagnostic du cancer de la peau

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Diplômée de l'Institut d'optique Graduate School et de HEC, Anaïs lie technologie et entrepreneuriat. // © Photo fournie par le témoin
Diplômée de l'Institut d'optique Graduate School et de HEC, Anaïs lie technologie et entrepreneuriat. // © Photo fournie par le témoin

ELLE VA FAIRE LA UNE. Anaïs Barut, 24 ans, diplômée de l'Institut d'optique Graduate School et de HEC a créé son entreprise dans le milieu médical. Elle est à la tête de Damae Medical, une start-up qui développe un dispositif d’imagerie permettant de visualiser et caractériser les tissus internes de la peau à l’échelle cellulaire.

Anaïs Barut, 24 ans, souhaitait, une fois son diplôme en poche, rester avant tout "libre de ses décisions" et "travailler pour un projet qui lui importait". Un choix qui l'a amenée à cofonder, en septembre 2014, Damae Medical. L'entreprise se donne comme ambition de détecter plus rapidement les cancers de la peau. Pour ce faire, elle veut fournir aux dermatologues des images cellulaires de l’intérieur des tissus de la peau pour faciliter la détection et le diagnostic rapide, en évitant des prélèvements inutiles.

Une technicienne qui rêve d’entrepreneuriat

Avec son bac S mention très bien, Anaïs intègre d'abord une classe préparatoire au lycée Sainte-Geneviève, à Versailles (78), pour préparer les concours d'entrée aux grandes écoles d'ingénieurs. "J'ai hésité entre les écoles d'ingénieurs et les écoles de commerce, mais il me semblait plus simple de commencer par me former aux sciences physiques et de compléter ensuite mon cursus", justifie-t-elle.

Elle passe trois ans à l'Institut d'optique Graduate School et choisit d'intégrer la filière innovation et entrepreneur. Une formation qui lui donne l'occasion de s'essayer à la création d'entreprise. Elle se lie d'amitié avec son camarade de promotion, David Sirect, habité aussi par l'envie de créer sa structure après ses études.

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Une innovation médicale

Tous deux se lancent d'abord sur un projet autour de la somnolence au volant, mais se heurtent à des difficultés d’innovation technologique. Arnaud Dubois, un enseignant-chercheur du Laboratoire Charles Fabry (CNRS - Institut d’Optique - Université Paris-Sud), leur donne l'idée de valoriser une de ses inventions sur une autre thématique liée également à la santé : le développement d'une sonde manuelle d’imagerie pour aider le dermatologue à détecter les cancers de la peau plus facilement, à éviter des biopsies inutiles et suivre l’efficacité d’un traitement.

Arnaud Dubois, par ailleurs maître de conférences à l'ESPCI (École supérieure de physique et chimie industrielle de la Ville de Paris), a posé les jalons de cette nouvelle technologie. Il devient alors le référent scientifique du groupe. "Associer le monde de la recherche à notre innovation technologique était nécessaire pour maximiser nos chances de réussite", explique Anaïs.

Désireuse de "construire un pont entre le monde de la physique et celui de la médecine", Anaïs est convaincue par ce progrès médical. D'autant plus que "plus de 50 % des biopsies pourraient être évitées". Damae Medical naît ainsi en septembre 2014.

Des millions d’euros investis

Une fois le premier brevet déposé pour cette technologie, cette équipe de trois piliers fondateurs de la start-up commence à démarcher les professionnels du monde médical pour faire connaître son innovation. Damae Medical remporte plusieurs concours et financements, comme le prix EDF Pulse. En 2015, celui-ci lui permet de remporter 100.000 € et une campagne de communication.

En parallèle, Anaïs garde en tête son envie d'approfondir la facette entrepreneuriale de sa formation et réussit à intégrer HEC. Un "complément" de compétences qu'elle met au service de son entreprise en tant que responsable du pôle finance et marketing.

Bientôt 15 salariés

Présidente de la start-up, Anaïs obtient son diplôme en 2016 et commence à faire grossir l'entreprise. Elle obtient le soutien de plusieurs investisseurs, parmi lesquels Kurma Partners, Idinvest Partners, News Invest, ou encore le Paris-Saclay Seed Fund co-managé par Partech Ventures. Cette somme permettra à l'entreprise de poursuivre l’industrialisation du premier dispositif baptisé OCTAV® et de lancer de nouveau essais cliniques.

Damae Medical compte aujourd'hui une dizaine de salariés, majoritairement des ingénieurs. L'entrepreneuse compte agrandir son équipe en recrutant cinq autres personnes. Une décision qui lui permettra d'atteindre son nouvel objectif :  lancer la commercialisation d’OCTAV® en France puis exporter la solution à l'international.