Dossier : Diplômés de grandes écoles, ils ont changé de voie
Ils ont rejeté les carrières toutes tracées qui s’offraient à eux pour suivre leur passion, leur engagement, leurs convictions… Récit et décryptage de parcours en rupture.
À l’issue de sa scolarité au prestigieux lycée Louis-le-Grand, à Paris, Julien Lubek ne s’est pas trop posé de questions. Son père énarque, son frère polytechnicien, tous deux à l’Inspection des finances… Le jeune homme suivrait leur chemin et ferait une grande école. En l’occurrence HEC. Cours de marketing, mise en situation… Julien découvre l’entreprise et commence à sentir le décalage. "J’avais du mal à jouer le jeu. Mais mes parents finançaient mes études et je savais que j’avais de la chance d’être là." Ses stages achèvent de lui ouvrir les yeux. "Le monde de l’entreprise était trop formaté pour ma sensibilité. Je me suis senti dans l’incapacité de me lever tous les jours à 7 h 30 et de passer ma vie dans un bureau."
Ce doux rêveur décroche son diplôme au prix d’un mal-être palpable. Au lieu d’entrer dans la vie active, il intègre Sciences po. Une façon de repousser le moment de choisir sa voie. À côté de ses études, il suit des cours de mime. D’abord pour le plaisir. Son prof le trouve très doué et lui recommande de tenter l’École internationale de mimodrame Marcel-Marceau. Une révélation. "Pour la première fois, je choisis ma vie. Je m’affirme par rapport à mon milieu."
Tout s’enchaîne alors. Le mime se forme à la danse, au théâtre et à l’acrobatie. Et avec "du travail, des contacts et un peu de chance", commence à côtoyer des chefs d’orchestre de renom qui lui ouvrent les portes de grandes scènes, comme le théâtre des Champs-Élysées ou le Royal Albert Hall à Londres.
De plus en plus déterminé, Julien Lubek ne veut pas se laisser happer. Il abandonne peu à peu ces grands projets pour créer sa compagnie, le Shlemil théâtre, et créer ses propres pièces. "Je fuis désormais l’élitisme. Dès qu’on est dans les hautes sphères, on perd la magie des petites choses. On a souvent plus d’émotion en se produisant devant 40 personnes que devant 400. Je suis à la recherche de simplicité, de sincérité, de partage", avoue ce clown un peu torturé qui se produira l’été prochain au festival off d’Avignon.
Témoin : Julien, diplômé de HEC devenu artiste
Julien Lubek a 32 ans. Diplômé de HEC, il est devenu mime, comédien et acrobate : "Je fuis désormais l’élitisme".
À l’issue de sa scolarité au prestigieux lycée Louis-le-Grand, à Paris, Julien Lubek ne s’est pas trop posé de questions. Son père énarque, son frère polytechnicien, tous deux à l’Inspection des finances… Le jeune homme suivrait leur chemin et ferait une grande école. En l’occurrence HEC. Cours de marketing, mise en situation… Julien découvre l’entreprise et commence à sentir le décalage. "J’avais du mal à jouer le jeu. Mais mes parents finançaient mes études et je savais que j’avais de la chance d’être là." Ses stages achèvent de lui ouvrir les yeux. "Le monde de l’entreprise était trop formaté pour ma sensibilité. Je me suis senti dans l’incapacité de me lever tous les jours à 7 h 30 et de passer ma vie dans un bureau."Ce doux rêveur décroche son diplôme au prix d’un mal-être palpable. Au lieu d’entrer dans la vie active, il intègre Sciences po. Une façon de repousser le moment de choisir sa voie. À côté de ses études, il suit des cours de mime. D’abord pour le plaisir. Son prof le trouve très doué et lui recommande de tenter l’École internationale de mimodrame Marcel-Marceau. Une révélation. "Pour la première fois, je choisis ma vie. Je m’affirme par rapport à mon milieu."
Tout s’enchaîne alors. Le mime se forme à la danse, au théâtre et à l’acrobatie. Et avec "du travail, des contacts et un peu de chance", commence à côtoyer des chefs d’orchestre de renom qui lui ouvrent les portes de grandes scènes, comme le théâtre des Champs-Élysées ou le Royal Albert Hall à Londres.
De plus en plus déterminé, Julien Lubek ne veut pas se laisser happer. Il abandonne peu à peu ces grands projets pour créer sa compagnie, le Shlemil théâtre, et créer ses propres pièces. "Je fuis désormais l’élitisme. Dès qu’on est dans les hautes sphères, on perd la magie des petites choses. On a souvent plus d’émotion en se produisant devant 40 personnes que devant 400. Je suis à la recherche de simplicité, de sincérité, de partage", avoue ce clown un peu torturé qui se produira l’été prochain au festival off d’Avignon.
Sylvie Lecherbonnier



























