Les
concours après prépa, que tentent chaque année près de 25.000 maths spé, ont plus une vocation de répartition que de sélection. Sérieux et travailleur, vous n'intègrerez peut-être pas
Polytechnique,
les Mines ou
Centrale mais vous décrocherez sans aucun doute une place dans une formation qui correspond à vos attentes.
| Se préparer pendant 2 ans |
La
classe préparatoire porte bien son nom. Elle prépare en 2 ans aux
concours des grandes écoles. Lors des écrits, un quart à un tiers des questions peuvent porter sur le programme de première année. De ce fait, seul un travail régulier paie.
Vincent Delaubert, professeur de physique en
PSI (physique sciences de l'ingénieur), en est convaincu : "Il faut travailler entre 2 et 3 heures par soir et une dizaine d'heures le week-end." Par ailleurs, intégrer une classe étoilée en maths spé permet le plus souvent de passer des concours de meilleurs niveaux.
| Choisir les concours selon son niveau |
Les taupins n'ont ni le temps, ni l'argent de passer tous les concours. Choisir les écoles que l'on tente devient alors stratégique. Les
élèves de prépa passent en moyenne 4 concours pour un budget global de 500 à 1.000 €, excepté pour les boursiers qui bénéficient de
frais d'inscription gratuits. À chaque fois, il faut compter une semaine d'écrit et une semaine d'oral. "De niveaux différents, les concours fonctionnent par deux, décrit
Bruno Jeauffroy, professeur de physique en PC* au lycée Fénelon à Paris [75]. Ceux pour Polytechnique et les
ENS [Écoles normales supérieures] sont les plus difficiles. Viennent ensuite Mines-Ponts et Centrale-Supélec et enfin les
CCP [concours communs polytechnique] et E3A. Un étudiant qui ne s'inscrirait qu'à l'X jouerait à la roulette russe." Vincent Delaubert complète : "Passer au moins un concours au-dessus de son niveau et un en dessous semble la meilleure solution pour faire face aux bonnes et aux mauvaises surprises."
| Faire confiance à ses profs |
Que ce soit sur les concours à choisir ou sur la préparation, vous pouvez faire confiance à vos enseignants. "Le 15 janvier, date de clôture des inscriptions, il est encore un peu tôt pour bien se connaître. Il faut donc se laisser le maximum de portes ouvertes. Nous conseillons alors au mieux nos élèves, confie Bruno Jeauffroy. Certains pensent ne pas avoir le niveau pour passer les meilleurs concours. À tort ! D'autres, à l'inverse, se surévaluent." Concernant les cours, vous serez tellement
inondé d'exercices que vous n'aurez pas besoin d'acheter un seul livre.
| Ne négliger aucune matière |
De fin avril à fin juillet, la période des concours s'apparente à un véritable marathon. Être en bonne santé physique et morale est une condition sine qua non de réussite. Selon Vincent Delaubert, "la première épreuve est toujours la plus difficile. Ensuite, passer les écrits devient une routine". Et d'ajouter : "Ne négligez aucune matière.
Le français et l'anglais sont dotés de coefficients non négligeables, par exemple."
| Ne pas se relâcher avant les oraux |
Quelques semaines séparent les derniers écrits et les premiers oraux. Une période pendant laquelle les profs reprennent leurs élèves pour les préparer aux spécificités de ces épreuves orales. Conserver un rythme de travail et organiser un planning de révisions devient alors une nécessité. Pour Bruno Jeauffroy, "lire les rapports des jurys, disponibles sur tous les sites Internet des concours, permet de mieux comprendre l'état d'esprit de chaque concours".
Patrick Duverneuil, directeur du SCEI (service des concours des écoles d'ingénieurs), insiste, lui, sur la logistique. "Les taupins font un véritable tour de France pendant leurs oraux. Le plus simple est de procéder à une deuxième sélection d'écoles pour ne pas s'épuiser en passant toutes les écoles dans lesquelles on est admissible. Une fois sur place, prenez un hôtel pas trop loin du centre d'examen. Ne vous rajoutez pas de stress inutile."
| Redoubler avec précaution |
Si vous n'avez pas réussi à intégrer l'école d'ingénieurs de vos rêves du premier coup, vous pourrez
retenter votre chance l'année d'après en redoublant. Près d'un quart des taupins adoptent cette stratégie. Mais, attention, elle ne convient pas à tout le monde. Bruno Jeauffroy est formel : "Seuls les bons élèves sont autorisés à redoubler. Ils ont alors déjà connaissance du cours et peuvent se concentrer sur les subtilités du programme. Avant de redoubler, les élèves doivent se poser les bonnes questions : est-ce que j'ai des chances d'obtenir une meilleure école l'année prochaine ? Est-ce que j'ai envie de travailler une année de plus ?" Mais l'enseignant du lycée Fénélon en est convaincu : à condition de bien analyser son potentiel, cuber (1) porte toujours ses fruits. "Selon mes statistiques, "faire cinq-demi (1) fait gagner 300 points au concours Centrale-Supélec, par exemple." À ce stade comme aux autres, le plus important reste donc de bien se connaître.
Sylvie Lecherbonnier
(1) Cuber ou faire cinq-demi signifie redoubler sa maths spé en langage taupin.
Les principaux concours après prépa :
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| Nom du concours |
Filière(s) de CPGE qui les préparent |
Nombre d'écoles* |
Nombre de places* |
| Polytechnique |
MP, PC, PSI |
1 |
373 |
| Centrale-Supélec |
MP, PC, PSI |
9 |
1883 |
| La banque Mines-Ponts |
MP, PC, PSI |
8** |
975 |
| Concours communs polytechniques |
MP, PC, PSI |
plus de 30 |
3300 |
| E3A |
MP, PC, PSI |
plus de 60 |
3400 |
| Centrale-Supélec, filière TSI |
TSI |
NC |
NC |
| Concours communs polytechniques, filière TSI |
TSI |
46 |
300 |
| Banque PT |
PT |
près de 100 |
1700 |
| Concours A Bio |
BCPST, TB |
12 |
973 |
| Concours Arch Bio |
BCPST, TB |
15 |
160 |
G2E (géologie, eau et environnement)
|
BCPST, TB |
8 |
152 |
Le concours sup des petites Mines supprimé
Le concours des petites Mines constituait un bon galop d'essai pour les élèves de prépa en fin de maths sup. Mais, c'est terminé ! Les 4 écoles des Mines d'Alès, Albi, Douai et Nantes n'organiseront plus, à compter de la session 2011, leur concours de recrutement après une première année de prépa scientifique. Plus d'exception donc dans le paysage des écoles d'ingénieurs pour ces quatre écoles qui dispensaient une formation en 4 ans. La pédagogie a été revue sur 3 ans. Quant aux admissions, uniquement après une maths spé désormais, elles continueront à se faire via le concours Mines-Ponts. Le nombre de places sera, en revanche, plus conséquent. Céline Manceau
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