1. Alban, diplômé de l'ESITC Caen : “Je m'y suis pris dix mois à l'avance pour mon stage chez Bouygues au Qatar”
Témoignage

Alban, diplômé de l'ESITC Caen : “Je m'y suis pris dix mois à l'avance pour mon stage chez Bouygues au Qatar”

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“L'équipe d'ingénieurs présente était essentiellement constituée d'expatriés. J'étais l'un des rares stagiaires.” // © DR
“L'équipe d'ingénieurs présente était essentiellement constituée d'expatriés. J'étais l'un des rares stagiaires.” // © DR
Sommaire du dossier
Retour au dossier Ludovic, étudiant à HEI Lille : “J’ai trouvé un stage dans le textile en Afrique du Sud grâce à mon réseau” Violette, étudiante à l'ESITC Caen : “J’ai trouvé mon stage dans les travaux sous-marins par Internet” Alban, diplômé de l'ESITC Caen : “Je m'y suis pris dix mois à l'avance pour mon stage chez Bouygues au Qatar” Raphaëlle, étudiante à l'UTT : “Harpiste, j’ai choisi de faire mon stage dans un labo d’acoustique musicale”

Quand il apprend que Bouygues Construction doit construire neuf tours au Qatar, Alban, alors à l’ESITC Caen, tente sa chance. Bingo ! il décroche un stage de six mois pour participer à l’aventure…

Comment il a trouvé son stage
  

"J'ai décroché ce stage grâce au réseau des anciens. L'un d'entre eux m'a conseillé d'élargir mes recherches à l'international. En me renseignant, j'ai appris que Bouygues avait pour projet de construire un vaste complexe immobilier de neuf tours au Qatar (en volume, c'est le quart de la Défense).

J'ai donc envoyé un CV ainsi qu'une lettre de motivation à Bouygues Paris en leur précisant que le Qatar était mon premier choix. Anticipant les longs délais d'attente, je m'y suis pris dix mois à l'avance. Ce n'est finalement que quatre mois avant mon départ que les choses se sont précisées.Mon stage a débuté en février 2012 et a duré six mois."

 
Quelle était sa mission ?

 

"Pour la construction de tours, on utilise des moules dans lesquels le béton va durcir. Le problème, c'est quand il faut les déplacer d'un étage à l'autre : c'est ce qui prend le plus de temps. Au Qatar, ils ont mis en place un système de coffrage qui permet d'aller beaucoup plus vite et de simplement placer ces moules sur des vérins hydrauliques ; ils peuvent ensuite être glissés d'un étage à l'autre. Grâce à ce système, on réussit à monter un niveau en quatre jours, et non en un mois comme c'est le cas en France avec un système classique.

J'étais chargé d'analyser ce procédé sur une tour de 37 étages et d'étudier les optimisations nécessaires, le coût, le devis, le retour sur expérience."

 

Comment s'est déroulé son stage ?

 

"C'est la compagnie qui a tout pris en charge : voiture sur place, logement, téléphone... Tout était encadré pour que je puisse travailler sereinement. L'équipe d'ingénieurs présente était essentiellement constituée d'expatriés. 60 Français au total contre environ 5.000 ouvriers. Les rapports étaient très bons. Pour ma part, j'étais l'un des rares stagiaires.

Les deux premières semaines, la barrière de la langue rendait la communication laborieuse. L'anglais parlé là-bas est totalement différent de celui de l'école, il est beaucoup plus technique, avec des accents différents en fonction des nationalités. Au bout d'un mois, je m'étais adapté. Quant aux journées de travail, elles étaient longues : de 6h à 18h.

Pour ce qui est des loisirs, il n'y a pas beaucoup de sorties possibles en dehors de la promenade dans le désert le vendredi, qui est le jour de congé au Qatar.Le week-end typique, c'est de prendre l'avion et d'aller à Dubaï, où il y a beaucoup plus d'activités. C'est un changement net de cadre de vie, avec de nombreuses nationalités qui cohabitent."

 
Ce qu'il garde de cette expérience

 

J'ai appris l'art de la débrouille. On fait des choses que l'on n'a pas besoin de faire en France. C'est un retour aux bases. Par exemple, comme les ouvriers n'ont pas reçu la même formation, le coulage du béton requiert une supervision des ingénieurs, ce qui n'est pas le cas chez nous.

Je devais gérer les plannings d'une centaine d'employés et fixer des objectifs en m'assurant qu'ils étaient bien respectés. Il fallait, par exemple, veiller à ce qu'un niveau soit monté en quatre jours et pas plus. C'était très compliqué de gérer tout le monde. Cela m'a néanmoins permis de m'ouvrir à d'autres cultures. En France, on travaille entre nous, on a la même formation, on partage les mêmes fêtes, les mêmes passions. Au Qatar, il y a différentes cultures, d'autres religions et différentes fêtes. On travaille avec de nombreuses nationalités, et c'est enrichissant."

 
Son conseil

 

"Il faut être motivé et frapper à toutes les portes aussi souvent que possible, ne pas rester en attente mais plutôt être à l'affût des gros projets en se tenant informé. S'adresser à des entreprises bien implantées à l'international, comme Bouygues ou Vinci. Je conseille aussi de bien choisir ses spécialisations à l'école, elles aident à faire la différence parmi plusieurs CV."