1. À 24 ans, ce jeune ingénieur pilote des camions à 150 km/h
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À 24 ans, ce jeune ingénieur pilote des camions à 150 km/h

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À 24 ans, Kévin Bassanelli est pilote de camion en Coupe de France. // © Marc de Mattia
À 24 ans, Kévin Bassanelli est pilote de camion en Coupe de France. // © Marc de Mattia

IL VA FAIRE LA UNE. Kévin Bassanelli, diplômé de l’école d’ingénieurs ECAM Lyon, participe cette année pour la première fois à la Coupe de France Camions. Comme son père avant lui, il est passionné par les courses de poids-lourds. Rencontre.

Depuis tout petit, Kévin Bassanelli accompagne son père sur les circuits de compétitions de camions. "Mon père fait partie de l’équipe CCV (Camion compétition vauclusien) depuis la fin des années 1990. Il était mécanicien et est devenu pilote en 2004. J’adorais l’accompagner sur les routes d’Europe, passer mes week-ends à regarder les courses et observer les réparations", se souvient le jeune homme de 24 ans, qui participe aujourd’hui à la Coupe de France camions comme pilote. Celle-ci se déroule en cinq courses. Prochaine étape : le Grand Prix de Nogaro les 24 et 25 juin.

Une école d’ingénieurs avant de piloter

Impatient de se retrouver lui aussi derrière le volant, Kévin harcelait son père pour pouvoir le suivre dans cette voie. "Finis d’abord tes études !", lui répondait-il. Après son bac STI électrotechnique (aujourd’hui STI2D), il suit un BTS électrotechnique à Avignon (84) pour travailler dans les énergies renouvelables. Ses professeurs le poussent ensuite à continuer son cursus en école d’ingénieurs.

Kévin suit alors une année préparatoire à l’ECAM Bourg-en-Bresse (01), pour renforcer son niveau dans les matières scientifiques et l’anglais, puis intègre l’ECAM Lyon dans la spécialité énergie, exploitation et maintenance. Un stage en éclairage public lui donne envie de terminer ses études en alternance, en travaillant chez Philips.

"Étudier la politique d’éclairage d’une ville, réfléchir aux nouvelles technologies pour créer des "smart cities" écologiques, ça me passionne", affirme le jeune diplômé, en poste d’ingénieur chef de projet depuis octobre 2016 dans un bureau de maîtrise d’œuvre d’éclairage public et de mise en valeur des bâtiments, à Marseille (13).

Dans une cabine à 1,20 m du sol

Si son parcours scolaire est éloigné de l’univers des courses de camion, Kévin y trouve toutefois une cohérence : “Je reste à l’écoute des dernières technologies dans le domaine des véhicules électriques, liant ainsi ma passion et mes compétences scolaires.”

Kévin Bassanelli

Avec son diplôme en poche et un CDI (contrat à durée indéterminée) décroché, Kévin a le feu vert de son père pour consacrer ses week-ends au camion de son équipe et a pris le volant pour la saison 2017. "C’est enivrant de rouler à 150 km/h et à 1,20 m du sol. J’adore cette adrénaline, mais aussi les échanges sur les circuits, avec les autres équipes et le public. Il y a une grande proximité avec les spectateurs", confie-t-il.

Toute l’année sur le pont

Les équipes françaises, sont souvent constituées essentiellement de bénévoles, comme celle de Kévin. "Les courses demandent un gros travail de préparation qui est mené bien en amont. Pendant la période hivernale, les camions et les remorques sont aménagés et révisés. À partir d’avril, des journées de roulages sont organisées sur des circuits, comme à Albi cette année", souligne le jeune pilote.

Kévin Bassanelli

Une dizaine de bénévoles constituent l'équipe durant la saison. Tâches mécaniques, mais aussi administratives sont le lot commun. "Nous devons réussir à réunir un budget de 50.000 €, en démarchant des sponsors", précise Kévin. La première difficulté reste donc d’ordre financier puisque, pour piloter un camion sur les circuits, le permis de voiture traditionnel suffit. Tentez par l’aventure ?