DOSSIER : LE PALMARÈS 2007 DES ÉCOLES D'INGÉNIEURS

Pour la première fois, l'Etudiant publie le palmarès des écoles d'ingénieurs, qui classe 160 écoles recrutant à bac ou sur prépa. Principaux enseignements de cette édition : derrière une élite composée d’une quinzaine d’établissements se distinguent de nombreuses formations de bon niveau, alors que dans le bas de la hiérarchie, des établissements, souvent handicapés par leur petite taille, peinent à être sur tous les fronts.

Un potentiel de recherche à plusieurs vitesses

Consultez aussi le classement 2009 des écoles d'ingénieurs.

Les plus forts écarts apparaissent dans notre palmarès sur le volet académique. Le potentiel de recherche est à la fois un garant de la qualité académique des enseignants, mais aussi un gage d’attractivité à l’international. Les universités étrangères ne s’y trompent pas. Elles regardent avant tout deux éléments pour nouer un partenariat avec une école française : la qualité de ses étudiants et celles de ses enseignants !
Avec des laboratoires communs au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), des partenariats industriels conséquents et une participation active aux nouvelles structures labellisées par l’État comme les RTRA (Réseaux thématiques de recherche avancés) ou les instituts Carnot, les meilleures écoles n’ont rien à envier aux plus grandes universités scientifiques françaises et européennes. Mais sur l’ensemble des 160 écoles du classement, le nombre annuel de publications des enseignants-chercheurs dans des revues scientifiques de haut niveau peut varier de plusieurs centaines à … 0. Il en va de même pour le nombre de doctorants.

Proximité avec le monde économique

Le palmarès prend aussi en compte le chiffre d’affaires généré par les contrats de recherche conclus entre les écoles et les entreprises. Comme sur le volet de l’insertion professionnelle, cette proximité avec le monde économique est l’une des spécificités des écoles d’ingénieurs françaises. Sur ce critère, l’École des mines de Paris est de loin la meilleure avec 23,5 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’INSA de Lyon (après bac) et l’ISAE à Toulouse (après prépa) arrivent ensuite bien derrière avec 15,6 et 12,6 millions d’euros. La moyenne s’établit autour de de 2,5 millions d’euros pour les écoles après prépa et 1,5 million d’euros pour les écoles après bac.

Disparités sur le plan académique

À noter tout de même : les écoles d’ingénieurs ne partent pas toutes avec les mêmes avantages sur le plan académique. Une vingtaine seulement ont actuellement le droit de délivrer le doctorat. Autre source de disparité : les écoles privées ont moins de marge de manœuvre que les écoles publiques, financées en grande partie par l’État, pour développer leur recherche. Saluons donc les efforts entrepris par des écoles comme l’ESIGELEC à Rouen (école après bac) qui monte un "campus intégration systèmes embarqués" dédié aux activités de recherche et développement dans l’aéronautique et l’automobile, grâce, entre autres, à ses partenariats industriels.


À l’ESPCI : priorité à la recherche !

Alors qu’elle fête ses 125 ans cette année, l’ESPCI (après prépa), marquée par le passage d’éminents scientifiques (Pierre et Marie Curie, Pierre-Gilles de Gennes…), reste fidèle à son credo : associer la recherche à l’enseignement. L’école regroupe une vingtaine de laboratoires de recherche très actifs pour la plupart associés au CNRS. La taille relativement réduite des promotions (70 élèves environ) permet un contact étroit avec la vie de ces laboratoires. Pendant les deux premières années, les étudiants y passent quinze heures par semaine ! Autre originalité : en complément des cours magistraux, les élèves réalisent, par groupes de quatre, un travail de réflexion basé sur l’analyse d’articles scientifiques récents, sous la conduite d'un précepteur, enseignant de l’école. La troisième année fait place au terrain, avec notamment deux stages en laboratoire de neuf semaines chacun. Conformément à l’état d’esprit de l’école, au final, plus de la moitié de la promotion prépare ensuite un master de recherche en vue d’obtenir un doctorat. Les diplômés s’insèrent majoritairement dans le privé, principalement sur des postes de recherche et développement, et irriguent tous les secteurs de l’industrie.



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