1. Ma vie d'étudiant en Russie : Antoine vit en immersion à Ekaterinbourg
Portrait

Ma vie d'étudiant en Russie : Antoine vit en immersion à Ekaterinbourg

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Derrière Antoine, la résidence du gouverneur d’Ekaterinbourg. La ville accueille peu d'étudiants étrangers. // © Elena Strekoza pour l'Etudiant
Derrière Antoine, la résidence du gouverneur d’Ekaterinbourg. La ville accueille peu d'étudiants étrangers. // © Elena Strekoza pour l'Etudiant

À 25 ans, Antoine, étudiant à l’École supérieure du bois à Nantes, achève sa troisième année d’échange en Russie, dans le cadre d’un double diplôme. Portrait.

En intégrant l'ESB (École supérieure du bois), école d'ingénieurs à Nantes, Antoine a dû choisir une deuxième langue vivante. Il a opté pour le russe. "J'avais envie de découvrir une langue plus originale que l'anglais", se souvient-il.

Il saisit l'opportunité d'un double diplôme, même si elle prolonge son cursus de deux années. "Ce diplôme à l'université de Tchéliabinsk [située à l'est des monts Oural] m'a permis de m'améliorer en russe et de valider un diplôme permettant l'entrée en master", explique-t-il. La dernière année de son cursus se déroule à l'université d'État des techniques du bois de l'Oural, à Ekaterinbourg.

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"Tchéliabinsk et Ekaterinbourg sont des villes où peu d'étudiants étrangers partent en échange. C'est un atout : j'ai pu vivre une immersion complète", témoigne-t-il. Soucieux de "vivre à la russe", le jeune homme de 25 ans s'était renseigné, avant de partir, sur les coutumes locales : "Ne pas faire la bise, toujours enlever ses chaussures à l'entrée…"

Ski et randos en forêt

L'un des points pénibles à Ekaterinbourg, "c'est le froid" : "Il y a de la neige presque la moitié de l'année, les températures peuvent descendre jusqu'à – 37 °C !"

Pour contrebalancer ce climat hostile, on peut profiter des pistes de ski qui sont proches. "La ville est située dans l'Oural, une zone montagneuse et entourée de stations de ski", décrit Antoine. Un paradis, pour lui qui apprécie les sports d'hiver. Il conseille aux étudiants de suivre le même bon plan que lui : "Les voyages organisés par une association étudiante de l'université permettent, pour 16 €, de faire l'aller-retour en bus dans la journée ; le forfait de ski et la location du matériel sont compris." Antoine fait aussi du patin à glace de manière intensive et des randonnées pédestres en forêt et dans les parcs naturels.

Musées, ballets et opéras

Plus de 600 monuments historiques et culturels sont situés à Ekaterinbourg, dont le nom vient de Sainte-Catherine, épouse de l'empereur Pierre le Grand. La ville est connue pour abriter l'église construite à l'emplacement de la villa où ont été exécutés, en 1918, le dernier tsar de Russie, Nicolas II, et toute sa famille.

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Plusieurs musées sont aussi à visiter dans la ville, parmi lesquels Antoine a apprécié celui consacré à Boris Eltsine, qui décrit "à la fois la vie de l'ex-URSS, sa fin, et le début de la Russie". Petit regret, cependant : "Peu d'écriteaux sont traduits en anglais dans les musées." Autres sorties culturelles à ne pas rater : "Les ballets et les opéras, d'autant plus que les places les moins chères sont autour de 5 €."

24 € pour une chambre de 11 mètres carrés

Tous les cours d'Antoine se déroulent en russe. Au premier semestre, il se rendait à l'université de 9 heures à 14 h 30, quatre jours par semaine, horaires auxquels s'ajoutaient des cours d'apprentissage du russe. "J'ai assez de temps libre pour travailler à côté, puisque j'ai déjà un diplôme", explique Antoine.

Le campus est à vingt minutes de route du centre, "s'il n'y a pas d'embouteillages", prévient-il. Antoine a choisi un logement sur le campus, proposé par l'université. Il paie 24 € par mois pour une chambre de 11 mètres carrés et il partage les sanitaires et la cuisine avec des colocataires.

"La vie n'est pas chère ici. Pour 5 €, on peut manger un repas complet au restaurant et le menu à la cantine coûte 1,63 €", précise Antoine. Il estime ses courses hebdomadaires à une trentaine d'euros et son budget loisirs, plus élevé, à 300 €. L'étudiant finance son année grâce à l'aide de ses parents et aux salaires de ses jobs d'été en France, mais il donne aussi des cours de français en Russie. Antoine espère faire son stage de fin d'études en Russie, et, pourquoi pas, y rester pour son premier poste d'ingénieur. "J'aimerais découvrir d'autres régions de ce pays gigantesque !"

AVANT DE PARTIR…

Demandez un visa d'études. Il faut s'y prendre à l'avance, car vous devez présenter plusieurs documents : une lettre d'invitation de l'université qui vous accueille (elle peut mettre huit semaines à arriver), votre passeport, le formulaire de demande de visa rempli, une photo d'identité récente, l'original d'une police d'assurance médicale, mais également un test VIH négatif datant de moins de trois mois.
Ce visa est valable quatre-vingt-dix jours, vous pouvez le prolonger sur place. Coût : 70 €.
www.vhs-france.com
Souscrivez au programme d'assurance de votre ville d'accueil. L'assurance est obligatoire pour obtenir votre carte de séjour. Coût : 80 à 200 € selon votre ville d'études.
Testez votre niveau en russe. Le test officiel est le TRKI ou le TORFL (Test of Russian as a Foreign Language) en anglais.

Aller-retour
À peine quatre heures séparent Paris de Moscou. Le tarif de l'aller-retour est environ de 450 € avec Air France, 200 € avec des compagnies low cost. Deux heures de décalage horaire en hiver, une heure en été.

SUR PLACE…

Argent
1 € = 61,04 roubles russes.
Se loger
Les chambres en résidence sont attribuées d'office par l'université d'accueil. Comptez en moyenne moins de 100 € par mois.
Un appartement en ville de 30 mètres carrés coûte environ 250 €.
cian.ru : ce site en russe propose des filtres (distance du métro, trajet, etc.) pour trier les annonces.
avito.ru : l'équivalent du site leboncoin.fr.
Se déplacer
Un ticket de bus, de tram ou de métro coûte autour de 50 centimes d'euro.
Les tickets sont matérialisés par des jetons, un pour chaque trajet, à chaque changement. Il existe un forfait étudiant mensuel à moins de 15 €.
Le système de bus est divisé en deux catégories : les bus classiques et les marchroutka, minibus qui s'arrêtent à la demande.
Une course de 5 kilomètres en taxi ne dépassera pas 2 €.
Faire du stop en Russie n'est pas gratuit, il faut négocier le prix du service avec le chauffeur avant de monter dans la voiture.
Adresses utiles
VKontakte : réseau social, l'équivalent de Facebook, en russe.
Russia beyond the headlines : site d'information sur la Russie, avec des articles en français.