1. Que fait-on vraiment en école d’ingénieurs ?
Décryptage

Que fait-on vraiment en école d’ingénieurs ?

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Un changement radical : c’est souvent ainsi qu’est vécue l’entrée en école d’ingénieurs, après une prépa ou le lycée. Qu’il s’agisse du contenu des cours, du rythme des études, du lien avec le monde de l'entreprise ou de la vie associative, voici, de l'avis d'étudiants, toutes les nouveautés auxquelles vous pouvez vous attendre une fois un pied dans l'école.

En école d'ingénieurs, plus de philosophie, ni de français ou d’histoire-géographie en tant que tels, même si quelques modules optionnels dits “d’ouverture” sont parfois proposés. Les cours seront désormais pour vous, élèves ingénieurs, “franchement” scientifiques.

Surtout, c'est la pédagogie, plus concrète et pragmatique, qui sera différente du lycée. Sans compter que les écoles offrent de plus en plus la possibilité de se construire un parcours à la carte, en fonction de ses goûts et de son projet professionnel.

  
Apprendre en vue d’applications concrètes

 

En arrivant en école d’ingénieurs, beaucoup d’élèves sont – agréablement – surpris par la tournure très concrète des cours. “Il y a de moins en moins de théorie”, témoigne Paul (photo ci-contre), en deuxième année de cycle ingénieur à l’EpitaPaul, en deuxième année de cycle ingénieur à l’Epita - 2012, école d’ingénieurs en informatique postbac. “Au lycée, se rappelle-t-il, les maths me paraissaient abstraites et les problèmes parfois un peu artificiels. À la fin de la terminale, j’en avais un peu assez des exercices types… Maintenant, on étudie les maths de manière à ce que cela nous serve en informatique, à travers des applications concrètes : cela me semble beaucoup plus utile ! Par exemple, je me sers des formules dans un programme pour concevoir un jeu vidéo. D’une manière générale, on utilise des outils pour produire quelque chose, et ce n’est pas l’utilisation théorique des outils qui est évaluée, mais le résultat que l’on a produit grâce à ces outils.

Élève en deuxième année à
l’ESTP, Dan souligne, elle aussi, l’aspect très concret des cours, et en particulier des TP (travaux pratiques) : “Dans la spécialité mécanique électricité que j’ai choisie, explique-t-elle, ils ont lieu dans l’atelier de mécanique. On y passe parfois de longues après-midis, de 13h30 à 19h, à étudier des moteurs ou programmer une machine pour produire des pièces comme dans l’industrie.”

Si les matières sont ainsi parfois très techniques, elles ont un avantage aux yeux d’Hugo, en deuxième année de cycle ingénieur à Polytech Orléans : “Elles correspondent à un domaine avec lequel on a plus d’affinités que les matières générales du lycée… Quand on a la fibre scientifique, le français ou l’histoire-géo sont de l’ordre de la culture générale. Pour moi qui suis en génie civil, la construction, la géotechnique ou le bâtiment me parlent davantage ! Et le tronc commun, avec notamment les maths et l’informatique, apporte des outils pour être plus performant dans ces matières-là.”

 
Objectif : acquérir des compétences

 

Pauline, en troisième année de Génie industriel (INP Grenoble) - 2012Si vous aviez le sentiment, au lycée, de devoir apprendre beaucoup de choses par cœur, cela va radicalement changer en école d’ingénieurs ! Par exemple, témoigne Pauline (photo ci-contre), en troisième année de Génie industriel  à Grenoble INP, “on n’a pas une liste de formules à apprendre par cœur : ce qu’il faut, c’est comprendre les formules et savoir les utiliser. On apprend à réfléchir et à appréhender un problème”, poursuit la jeune fille. Pour elle, “être ingénieur, c’est avoir des connaissances de base, générales ou spécialisées selon l’école où l’on est, mais surtout être capable de s’adapter, de chercher les connaissances qu’il faut pour avancer”.

Une formation intellectuelle qui a aussi pour conséquence de “prendre davantage de recul par rapport au travail, en acquérant une vision des problèmes dans leur ensemble, analyse Pauline. On ne se laisse plus envahir par une lettre que l’on ne comprend pas dans une formule, on cherche à comprendre le modèle que respecte la formule et dans quel cadre l’appliquer.”

 
Des parcours parsonnalisés

 

De plus en plus, les écoles d’ingénieurs proposent à leurs étudiants des parcours “à la carte”, autrement dit un panel d’options, de majeures et de mineures dans lesquelles chacun pioche pour “se construire sa propre formation”, comme le dit Paul, à Epita, heureux d’avoir “la liberté d’apprendre ce que l’on souhaite”.

Même discours de la part de Pauline à Génie industriel : “On va chercher ce que l’on veut pour devenir ce que l’on a envie d’être”, avance la jeune fille qui a choisi, dit-elle, “les UE [unités d’enseignement] les plus mécaniques possible, des stages dans l’aéronautique, ainsi que, lors de mon séjour en Angleterre, une spécialisation en conception mécanique et aéronautique. Je suis sûrement la seule à avoir ce profil à l’école !” Ainsi individualisée, la formation permet d’acquérir, au-delà des compétences générales, des spécialisations en fonction de ses appétences, particularités qui pourront être valorisées sur le marché de l’emploi.
Sommaire du dossier
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