DOSSIER : ECOLES D’ART : COMMENT ONT-ILS RÉUSSI À INTÉGRER LES PRÉPAS LES PLUS SÉLECTIVES ?
- Henri, candidat à la Manaa de l’école Estienne (Paris)
- Justin, candidat à la prépa de l’Epsaa
- Annely, candidate à l’Ecole supérieur d’art de Rueil-Malmaison (92)
- André, candidat à la Manaa du lycée technique privé Sainte-Geneviève à Paris
- Prépa privées aux écoles d’art : premier arrivé, premier inscrit
Les lycéens n’ont jamais été aussi nombreux à postuler en écoles d’art. La première étape est souvent la prépa ou la mise à niveau. Comment s’y prendre pour intégrer ces filières très sélectives ? Pour comprendre les attentes des jurys, nous leur avons demandé de commenter quatre candidatures d’étudiants, qui ont réussi à intégrer la Manaa de l’école Estienne, une prépa à l’EPSAA, l’école d’art de Rueil-Malmaison et l’institut Saint-Geneviève à Paris.
Annely, candidate à l’Ecole supérieur d’art de Rueil-Malmaison (92)
Financée par la municipalité de Rueil-Malmaison, cette école d’art est sous tutelle pédagogique du ministère de la Culture. L’établissement propose une année préparatoire aux concours d'entrée aux écoles supérieures d'art et un premier cycle d'enseignement supérieur artistique préparant en 3 ans au DNAP (Diplôme national d'arts plastiques) option art.

Procédure d’entrée : envoi d’un dossier d’inscription avec une lettre de motivation. Tous les candidats sont ensuite convoqués au concours, qui consiste en un dessin d’observation suivi d’un entretien avec le jury au cours duquel le candidat présente son dossier de travaux personnels. C’est à cette occasion que le jury prend connaissance de la lettre de motivation.
Proportion de reçus au concours d’entrée de la prépa / candidats : 33 %.
Comment a réussi Annely Boucher. Après une terminale L option arts au lycée privé Notre-Dame-des-Oiseaux de Verneuil (78), elle se présente au concours de l’école. Son père, qui est photographe, a sans doute contribué à lui donner un œil artistique. Mais elle est bien préparée car elle fait beaucoup de dessin en dehors de l’école, et ce, depuis l’enfance. Au niveau scolaire, Annely est une élève moyenne (12 de moyenne générale), mais sérieuse.
La lettre de motivation : sa lettre est tapée à l’ordinateur. Annely précise qu’elle suit des cours de dessin et de peinture, et qu’elle a choisi l’option arts au lycée. Elle affirme qu’elle aimerait intégrer une prépa "pour approfondir ses techniques", et aussi pour "préciser son projet". Elle ajoute qu’elle a apprécié l’ambiance de l’école à l’occasion de sa venue à la journée portes ouvertes. | Commentaire du jury : "Le fait qu’elle ait envoyé une lettre dactylographiée n’est pas un problème. On a apprécié le fait que sa lettre soit soignée, respectueuse. Annely a pris du temps pour l’écrire, il n’y a pas de faute d’orthographe, elle est agréable. On peut y lire qu’elle s’est renseignée sur l’école. Le fait d’être venue aux journées portes ouvertes fait la différence. Dans l’ensemble, la lettre est sincère, personnalisée. Et on voit que l’art a une place dans sa vie : elle a pris des cours de dessin, elle a choisi l’option art." |
Le test : "Je devais faire un dessin d’observation. Du coup, j’ai fait des dessins d’intérieur, des salles et des escaliers."| Commentaire du jury : "Le fait de produire un dessin encore maladroit n’est pas rédhibitoire. C’est juste un élément supplémentaire qui nous permet de mieux la connaître. J’apprécie son dessin qui est frais et personnel." |
L’oral : Annely est venue avec une dizaine de dessins, photos, peintures qu’elle avait réalisés durant l’option art du lycée. "J’ai été un peu décontenancée quand ils m’ont demandé, à propos d’un dessin que j’avais fait, quelle était la place du spectateur : je ne savais pas trop quoi répondre !". | Commentaire du jury : "Dans le choix qu’elle a fait, on a apprécié de voir la curiosité d’Annely, son ouverture sur le monde. Elle n’avait pas de travaux formatés par un atelier préparatoire comme on le voit parfois. Le fait d’être timide n’est pas un problème. Pendant l’entretien, on voyait bien qu’elle connaissait l’art contemporain." |
Sophie de Tarlé










