1. E-learning : une expérience pédagogique à haut risque

E-learning : une expérience pédagogique à haut risque

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Retour au dossier Inscriptions à SUPINFO : à qui se fier ? E-learning : une expérience pédagogique à haut risque Teaching assistants : les limites d’un système ? Diplôme, labos, recrutement… Les promesses de Supinfo Supinfo Bordeaux et Toulouse : où s’inscrire pour la rentrée 2010 ?

SUPINFO, école pionnière dans la formation de bac + 5 en informatique, connaîtrait-elle de sérieux bugs ? 2 de ses 32 sites régionaux, en conflit avec la direction de l’école, conseillent aux étudiants de ne plus s’inscrire sur le portail centralisé. La mise en place à la rentrée 2009 du e-learning à une large échelle, sans tutorat, est vivement critiquée par des étudiants sur plusieurs forums. Le président de Supinfo est par ailleurs en procès pour des contentieux financiers et sur l’utilisation abusive de la marque avec 3 des 6 franchises signées récemment. Que se passe-t-il exactement à SUPINFO ? Pour vous aider à y voir plus clair, l’Etudiant a enquêté.

SUPINFO est fondée sur le principe de contenus de cours communs dispensés sur l’ensemble de ses campus. L’année 2009-2010 devait marquer une étape importante, avec le passage au "blended learning" sur sa plateforme Campus-Booster. Le planning des enseignements devait être séquencé entre sessions d’autoformation en e-learning (notamment pour les parties théoriques appelées "foundations") et sessions de cours classiques. Avec l’objectif initial de dispenser un quart des enseignements en e-learning.

Le e-learning, une piste revue et corrigée…

Le mois de prérentrée en cours intensifs, obligatoire pour les étudiants entrant en 2e et 3e années en admission parallèle (près du quart des effectifs), s’est effectué, lui, et pour la première fois, intégralement en e-learning, sans tutorat. Un échec pédagogique, comme le reconnaît la direction de Supinfo. "Le bilan est mauvais. On abandonne le "tout e-learning" de pré-rentrée et le e-learning non monitoré. C’est un échec pédagogique, mais on ne pouvait pas le savoir avant d’avoir essayé. Au second semestre, le e-learning deviendra un complément du cours en face-à-face et il doit avoir une valeur ajoutée", estime Alick Mouriesse.

… mais loin d’être abandonnée

Un revirement alors que l’école a progressivement augmenté ces 5 dernières années la proportion de cours en e-learning. "Des cours, comme le management ou certaines technologies, n’ont pas de pertinence à être dispensés en e-learning", confirme un ancien directeur régional souhaitant garder l’anonymat. Problèmes techniques sur la plateforme maison, auto-formation à domicile sans accompagnement, cours trop peu médiatisés (avec des PowerPoint)… certains étudiants n’ont pas ménagé les critiques (notamment via des forums en ligne), d’autant que le site d’entraînement a connu lui aussi des défaillances techniques en pleine période d’évaluation. Autre conséquence de ce bilan mitigé du e-learning : les cours de "foundations" du premier semestre, comptant initialement pour 20 % des crédits, ne font finalement plus partie de la note.

Droit de réponse de Supinfo

A la suite de la publication de notre dossier « Que se passe-t-il à Supinfo ? », Supinfo nous a adressé le droit de réponse qui suit.

« Supinfo est un établissement d’enseignement supérieur privé fondé en 1965. L’école reconnue par l’Etat français depuis 1972, délivre un titre d’expert en informatique et systèmes d’information. Monsieur Alick Mouriesse, ancien élève de Supinfo, en est devenu le président en 1999.

Supinfo est devenue la première école d’informatique en France, à la fois par le nombre d’étudiants qu’elle forme et sa couverture nationale.

Elle innove en matière de pédagogie et d’enseignement, à travers ses laboratoires pédagogiques, son corps professoral et ses solutions technologiques comme Campus-Booster.

Nous nous développons à l’international et avons ouvert des écoles notamment en Chine, au Royaume-Uni et au Canada. L’école encourage en effet la mobilité internationale.

Une enquête TNS-Sofres d’août 2007 classe Supinfo à la troisième place des écoles d’informatique préférées des recruteurs et dans le top 20 national de toutes les écoles d’ingénieurs. Suprinfo jouit d’une excellente image auprès des entreprises, comme en témoigne le président de Microsoft France, parrain de la promotion 2006, qui la qualifie d’ « école prestigieuse ».

Depuis 2009, les établissements sont gérés en France par des entreprises franchisées, selon une répartition géographique. Si nous sommes effectivement en procès avec certains franchisés, nous démentons avoir tenu à leur égard les propos qui nous sont imputés dans cet article. »

La réponse de l’Etudiant

Letudiant.fr a bien contacté Monsieur Alick Mouriesse, président de Supinfo, avant publication de son enquête, et confirme la totalité de son enquête ainsi que les propos qui lui sont imputés.

Si nous laissons à M. Mouriesse la responsabilité de la présentation de son école au sein de ce « droit de réponse », nous devons néanmoins préciser que Supinfo n’est pas une école d’ingénieurs habilitée par la CTI (Commission des titres d’ingénieur).

Fabienne Guimont, avec Sylvie Lecherbonnier
Février 2010
Pour en savoir plus
En complément de notre dossier, l'enquête d'Educpros sur Supinfo et ses franchises.