Les écoles de mode qui ont la cote

Quelle école de stylisme-modélisme vous sera le plus adaptée ? Où avez-vous le plus de chances de réussir votre BTS design de mode ? Coût, diplôme préparé, nombre de concours remportés par les élèves, jugements des pros, taux de réussite au BTS… l'Etudiant a passé au crible les 60 formations spécialisées du secteur pour vous aider à choisir votre futur établissement en toute connaissance de cause.

Sophie de Tarlé  —  Publié le

Plus de 25 % des étudiants de l’Institut français de la mode partent travailler à l’étranger.
Plus de 25 % des étudiants de l’Institut français de la mode partent travailler à l’étranger. // © Institut français de la mode

“Paris, pour la mode, c'est comme Hollywood, pour un acteur. Les stylistes viennent du monde entier pour se former dans la capitale française", s'exclame le couturier Antonio Ortega. Lui-même est venu du Mexique étudier à l'Atelier Chardon-Savard. La particularité des écoles françaises ? Leur diversité. Créative, conceptuelle, technique ou plus orientée business, les écoles de mode françaises possèdent chacune leur ambiance spécifique. À vous de choisir celle qui convient à votre personnalité.

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Les créatives
Les conceptuelles
L'excellence technique
Le business en plus

Les créatives

Studio Berçot, Chardon-Savard et LISAA

Le Studio Berçot une institution. Il a la réputation d'avoir engendré les stylistes les plus créatifs. Isabelle Marant, Lolita Lempicka et Gaspard Yurkievich sont tous des anciens. En poste depuis le début les années 1970, Marie Rucki, la directrice, ne va plus danser au Palace avec ses étudiants, mais grimpe toujours avec vigueur les quatre étages d'un immeuble fatigué du Xe arrondissement de Paris. Et même si elle affirme avoir mis de l'eau dans son vin, elle n'a toujours pas sa langue dans sa poche. Comme à son habitude, elle passe dans les ateliers commenter le travail des étudiants. "C'est trop gentil, ça ne va pas", explique-t-elle à une jeune Asiatique en plein shooting photo. Le Studio Berçot est surtout réputé pour sa créativité, même si Marie Rucki affirme avoir insufflé des cours plus techniques.

Mais ce qui a le plus surpris Ritchy Cobral, 20 ans, élève de deuxième année, et qu'il a le plus apprécié, c'est d'avoir pu aborder "toutes les spécialités du style, le vêtement, les chaussures, mais aussi la maille et l'enfant". Et puis, le réseau des anciens lui a permis de faire son stage chez Alaïa comme habilleur sur un défilé et de rencontrer... Monica Bellucci.

L'Atelier Chardon-Savard, une bonne ambiance de travail. Présent à Paris et à Nantes (44), il s'est aussi taillé une solide réputation comme "révélateur de personnalités". "Pour nous, la créativité s'apprend, ce n'est pas le don d'une bonne fée, nous avons tous un potentiel inventif", affirme Dominique Chardon-Savard, la directrice. Mais c'est l'ambiance qui a le plus séduit Daniel Rodriguez, 20 ans, venu du Venezuela. "J'ai l'impression d'être dans une famille, les étudiants travaillent dans la bonne humeur, c'est joyeux et studieux à la fois." Flora, élève en quatrième année, assise à sa machine, a été attirée, elle, par la spécialité maille, car "toutes les écoles ne la proposent pas".

LISAA (L'Institut supérieur des arts appliqués), adaptée au monde professionnel. L'école est située à Paris dans un hôtel particulier du VIe arrondissement. Le jour de notre arrivée ont lieu les "showsrooms", et les étudiants ont installé leur stand dans les classes pour montrer leurs créations aux professionnels. Même Chantal Thomass est passée ! Ils notent le travail de chaque étudiant et repartent avec la carte de visite ou le CV des plus doués. "Nous avons un retour immédiat sur notre travail, c'est très gratifiant", explique une étudiante. Et les professionnels en raffolent. "Ce sont des jeunes efficaces, opérationnels, adaptés à notre façon de travailler", confirme Véronique Meurinne, styliste chez Ungaro.

Les conceptuelles

L'École Duperré, l'ENSAD, l'ENSCI

À deux pas du Sentier, Duperré ressemble plus à un lycée. D'ailleurs, c'est madame le proviseur Annie Toulzat qui nous accueille. Mais difficile de trouver des élèves qui rêvent de devenir stylistes. C'est normal : "Notre conception de la mode est plus large, nous interprétons la mode plus comme un bureau de tendance", précise-t-elle. L'établissement a noué un partenariat avec Lacoste et... Bosch ! Pas vraiment fashion !

Les élèves de BTS (brevet de technicien supérieur) poursuivent le plus souvent leurs études : en licence professionnelle ou en DSAA (diplôme supérieur d'arts appliqués) design mention mode, à l'ENSCI (École nationale supérieure de création industrielle, dite “les Ateliers”) ou à l'ENSAD (École nationale supérieure des arts décoratifs ou les "Arts-Déco"), comme Romain Blot qui a gagné le prix Accessoire du Salon Première Vision Leather 2015.

"De toute façon, deux ans, c'est trop court pour être opérationnel, surtout que le BTS comprend beaucoup de matières générales", ajoute la directrice. "Mais attention, il y a malgré tout une vraie attente au niveau de la réalisation technique. Nous avons à disposition un matériel extraordinaire pour découper au laser ou faire de la sérigraphie, ainsi que des machines à coudre", souligne Adel Fecoh, 23 ans, étudiant en DSAA.

L'excellence technique

L'École de la chambre syndicale de la couture parisienne, l'AICP, Formamod, l'Esmod

Qui peut se vanter d'avoir comme anciens élèves Yves Saint Laurent, Jean-Louis Scherrer et André Courrèges ? L'ECSCP (École de la chambre syndicale de la couture parisienne), créée par les maisons de haute couture en 1927, a la réputation de former à l'excellence technique dans les règles de l'art de la haute couture à la française. Elle est installée depuis 2011 dans des locaux blancs flambant neufs près de la Bourse. Les candidats apprécient les cursus en apprentissage, du CAP (certificat d'aptitude professionnelle) au titre certifié niveau II (bac + 5). D'autant que les programmes sont conçus avec le cercle Saint-Roch qui regroupe les directeurs des ressources humaines des plus grandes maisons de la mode (Balenciaga, Lanvin, Kenzo, Saint Laurent). Un réseau très précieux !

À l'AICP (Académie internationale de coupe de Paris), qui forme des modélistes en alternance, les locaux sont un peu plus spartiates. Dans cette ambiance de ruche, les étudiants ne chôment pas, et la formation accélérée (en neuf mois seulement) est très recherchée par les professionnels en quête de modélistes laborieux et perfectionnistes.

Même goût de la transmission à Formamod, où les étudiants excellent dans un domaine réputé difficile : la lingerie. "C'est le seul titre certifié dans ce domaine", explique le directeur, David Polak. Avec sa mère, ancienne petite main chez Nina Ricci, ils ont à cœur de garder une atmosphère familiale.

L'inverse de l'Esmod, devenue une multinationale (27 franchises dans le monde). Son succès ? Une méthode brevetée en 1845 qui laisse moins de place à la créativité mais convient aux jeunes qui veulent être irréprochables au niveau technique. "Le plus d'Esmod, c'est d'avoir créé un programme qui part de zéro : aucune notion de stylisme, de dessin ou de couture n'est nécessaire », raconte Margaux, en freelance, qui a passé trois ans à l'Esmod Roubaix (59) et qui relate son expérience sur un blog très suivi.

Le business en plus

L'IFM

Pour ceux qui souhaitent allier création et business, l'IFM (Institut français de la mode) remporte tous les suffrages. À la Cité de la mode, installée à Paris dans un bâtiment vert près de la gare d'Austerlitz, les étudiants profitent d'une grande proximité avec l'industrie.

"L'avantage, c'est que les cours sont proches des réalités du marché actuel, avec des exemples concrets", apprécie Olivier Didi, qui termine sa formation. "Par exemple, Laurent Bitton, directeur de la société Iro, nous a parlé sans faux-semblants de son quotidien de patron de jeune entreprise, et de ses batailles. Et quand Pierre Bergé, l'associé de Yves Saint Laurent, ou Sydney Toledano, le directeur de Christian Dior Couture, viennent nous voir, ils nous apportent des témoignages extraordinaires."

Créative, conceptuelle, technique ou plus axée business, quelle formation choisir ? Laissons le mot de la fin à Jean-Paul Gaultier que “l'Etudiant” a rencontré à l'occasion de son exposition au Grand Palais : "On demande beaucoup trop aux jeunes diplômés, il faudrait être à la fois modéliste, ambassadeur, homme d'affaires. Je n'aurais pas su faire tout ça au début. Le plus important, en réalité, c'est d'absorber l'air du temps, et de sortir le bon produit !"

École Duperré // © École DuperréQuelle école est faite pour vous ? Consultez notre banc d'essai complet des formations de la mode.

Sophie de Tarlé

 

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