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Étudiant transgenre, Charly se fait le relais de son université sur les questions de genre

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Charly, étudiant transgenre à l'université de Tours, a reçu plus de 5.000 questions sur son compte Twitter en 2017. // © Émilie Weynants
Charly, étudiant transgenre à l'université de Tours, a reçu plus de 5.000 questions sur son compte Twitter en 2017. // © Émilie Weynants

Il VA FAIRE LA UNE. À 21 ans, Charly, étudiant transgenre, endosse un nouveau rôle. Encouragé par son université, à Tours, il fait désormais office de relais dans son établissement pour aider les jeunes, qui, comme lui autrefois, manquent d’informations sur les questions liées au genre.

Charly ne sait pas très bien ce qu’il fera une fois sa licence de psychologie terminée, en 2019. Mais il compte bien mettre ses engagements à profit. Cet étudiant de 21 ans, casquette vissée sur la tête, chaussures fleuries et pull moutarde, a été désigné étudiant "relais genre" par l’université François-Rabelais de Tours.

Depuis un an, il travaille aux côtés de la chargée de mission égalité, diversité et handicap pour faciliter le quotidien des étudiants transgenres. En quelques mois, les personnels de l’établissement ont autorisé l’utilisation du prénom d’usage sur la carte étudiante, mais aussi la réédition des bulletins de notes ou diplômes, l’écriture inclusive ou l’aménagement de toilettes non genrées. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ces initiatives ont un fort écho médiatique.

Partager son expérience sur les réseaux sociaux

Au fil des mois, et spontanément, des jeunes lycéens ou étudiants, ont fait appel à Charly pour y voir plus clair sur les démarches à entreprendre, à la fac ou en dehors. Se concrétise ainsi sur le terrain un rôle que Charly tient déjà depuis plusieurs années sur les réseaux sociaux. "Je donne beaucoup de conseils sur Twitter ou sur ma chaîne YouTube. J’essaie d’aider", précise Charly. Les questions sur le coming out et la transition sont celles qui reviennent le plus.

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Ses vidéos ont été vues plusieurs milliers de fois dès 2015, date des premières mises en ligne. Son cheval de bataille : la transidentité qu’il aborde sous différents angles… sans jamais quitter sa casquette ! "Sur Internet, je me dévoile ", assure-t-il. Sur Twitter, où il compte près de 5.000 followers, il a reçu près de 2.000 questions en 2017. "Mais il y a encore certaines interrogations pour lesquelles je suis obligé de prendre quelques jours pour trouver des éléments." Quant aux réseaux sociaux, il sait en maîtriser les travers : "J’ai tellement l’habitude de gérer le positif et le négatif".

Du "tutorat" à la demande

À l’université de Tours, où une dizaine d'étudiants transgenres se sont fait connaître, c’est une sorte de tutorat qui va se mettre en place. "On souhaite avoir un relais proche des jeunes, qui les accompagne en ayant les mêmes codes", précise Concetta Pennuto, chargée de mission égalité, diversité et handicap. "C’est hyper important pour moi de le faire. C’est compliqué d’assurer les démarches seul. Moi, c’est le syndicat SUD-Solidaires étudiant-e-s qui m’avait orienté", se rappelle-t-il. Et grâce à ses cours de psycho, celui qui se dit soucieux de délivrer toutes les informations, est encore "plus calé sur le sujet".

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