DOSSIER : CHANGER DE CAP, C'EST POSSIBLE !
Le droit à l'erreur existe ! A l'université, la possibilité de se réorienter en fin de premier semestre est défini par un arrêté. Mais gare aux déconvenues, certaines portes sont désormais fermées.
La sélection est partout
Mona a eu de la chance. Elle a pu emprunter une "voie d'intégration aménagée" (VIA). Dans quelques mois, elle décrochera son BTS managment des unités commerciales (MUC). Même si elle devra par la suite compléter sa formation, elle pourra ainsi poursuivre son rêve : partir s'installer et travailler au pays de Cervantès. En mars dernier, le lycée Jean-Lurçat, dans le 13e arrondissement de Paris, a en effet retenu son dossier. Grâce à la VIA, en quatre mois seulement, avec une quinzaine d'autres heureux élus, Mona a ingurgité les programme de première année. Quant aux stages obligatoires, elle les a effectués quand les autres élèves étaient en vacances, à Pâques et pendant l'été. "C'est très, très intensif et il faut faire des sacrifices", reconnaît Mireille Dauphin, proviseur de l'établissement. Mona et ses camarades font figure de rescapés . "Quand on m'a parlé de cette formule, j'ai enfin repris espoir, après des semaines de déprime", confie la jolie brune. Il faut dire que les places sont chères. En 2008, pour toute la région parisienne, seuls deux établissements publics parisiens offrent ce genre de deuxième chance : outre le lycée Jean-Lurçat dans le 13e, le lycée Diderot dans le 19e a ouvert en 2008 l'ensemble de sept BTS (d'électronique à informatique industrielle) aux étudiants en rupture avec la fac. Une formule confidentielle donc, qui suppose d'effectuer des démarches dès le mois de décembre.Attention aux opportunistes
Pour répondre aux jeunes en détresse, différents établissements privés proposent aussi de leur côté des rentrées entre janvier et mars. Tout le monde, ou presque, peut y trouver refuge, à condition de payer, parfois plusieurs milliers d'euros pour quelques mois. Mais "attention aux rentrées sauvages", met en garde Firouzeh Jallaud, directrice des centres d'orientation Fabert. "Certains opportunistes ont compris qu'il y avait une demande ; ils y répondent ! Ne vous laissez jamais impressionner par un joli site Internet, ou un intitulé de diplôme ronflant, avertit cette spécialiste de l'enseignement privé. Et méfiez-vous de la facilité. Une école qui accepte tout le monde, ce n'est jamais bon signe !".
Julie Marie-Leconte












