DOSSIER : LA FAC APRÈS UN BAC TECHNOLOGIQUE : VOS QUESTIONS, NOS RÉPONSES

Entrer à l’université est simple quand on a un bac technologique, mais les chances d’obtenir des diplômes de fin de 1er cycle (une licence) ou de 2nd cycle (un master) sont faibles. Les précisions de Bruno Magliulo, auteur du livre "Que faire avec un bac technologique", paru aux éditions l’Etudiant.

Les études à l’université sont-elles possibles après un bac techno ?

Si on excepte le cas particulier de quelques filières de 1er cycle universitaire (l’université de sciences économiques et de gestion de Paris-Dauphine ou les universités de technologie industrielle de Belfort, Compiègne, Troyes, ou encore diverses bi-licences) qui ont obtenu le droit dérogatoire de recruter leurs étudiants sur procédure de sélection, la quasi-totalité des premiers cycles universitaires (hors IUT-instituts universitaire de technologie) sont d’accès libre pour tout candidat bachelier.

On a coutume de dire qu’à l’université le plus dur n’est pas d’y entrer, mais d’en sortir diplômé. Il faut savoir que tous bacs confondus un tout petit peu plus de la moitié des entrants en 1ère année parvient à se doter de la licence, parmi lesquels un gros quart y parvient en 3 ans pile, et un autre quart en 4 ou 5 ans !

Et c’est encore bien pire pour les bacheliers technologiques. Ils sont chaque année moins d'1/4 à atteindre le diplôme de licence (la moitié d’entre eux ayant besoin pour y parvenir de 4 ou 5 années d’études au lieu de 3).

Une orientation largement par défaut
Selon Jean, professeur d’économie dans une grande université bordelaise (en filière AES – administration économique et sociale), il est clair que "plus de la moitié de nos étudiants de 1ère année issus d’un bac techno (essentiellement des STG-sciences et technologies de gestion) sont venus chez nous par défaut.

Ils auraient préféré une filière différente : une 1ère année de BTS (brevet de technicien supérieur), de DUT (diplôme universitaire de technologie), d’école ou encore une prépa techno, mais ils n’y ont pas été admis. Ils se sont donc inscrits en AES par défaut. Pour une trop grande partie d’entre eux, ils viennent donc chez nous faute de mieux, sans motivation, et fréquemment avec des connaissances et des compétences insuffisantes pour prétendre réussir à l’université". Il ne faut donc pas s’étonner dans ces conditions que tant d’entre eux échouent.

Des passerelles existent
Dans certains cas, les échecs peuvent déboucher sur de bonnes expériences. À l’image du parcours d’Agathe, élève de terminale STG au lycée Maurice-Ravel de Paris, qui rêvait de "faire médecine". Malgré les conseils de ses proches, elle a persisté dans son choix.

"C’était une vraie vocation, profonde, sincère, et pour laquelle je savais que j’avais très peu de chances de réussite. Mais le pire à mes yeux aurait été de ne pas tenter le coup. Je me suis donc inscrite en 1ère année de médecine, me suis beaucoup battue… pour échouer largement par 2 fois au concours de passage en 2ème année. Mais j’ai pu profiter de mes acquis en 2 ans de médecine pour me réorienter vers une école paramédicale et, aujourd’hui, j’exerce avec bonheur la profession d’orthophoniste. Je n’ai aucun regret !"

Force est de constater que les taux de réussite des bacheliers techno en 1er cycle universitaire sont faibles (même s’ils réussissent tout de même mieux que les bacheliers pro). Cette remarque est d’autant plus importante que l’on observe qu’il n’en va pas de même dans les filières qui sélectionnent leurs étudiants à l’entrée. Les taux d’accès aux diplômes des bacheliers techno sont bien meilleurs en BTS et en DUT, et plus encore dans les prépas et les écoles. Comment expliquer l’importance de l’écart de réussite entre les premiers cycles licences d’université et les filières sélectives ?

Sans sélection à l’entrée, le tri se fait ensuite
L’admission en 1ère année du cursus licence étant non sélective, ce sont inévitablement les bacheliers les plus moyens, et donc les plus fragiles, qui se retrouvent à l’université. Le tri des étudiants se fait donc ensuite, principalement lors du passage de 1ère en 2ème année et encore un peu entre la 2ème et la 3ème année.

Inversement, dans les filières qui sélectionnent à l’entrée, il n’est plus vraiment nécessaire de trier les étudiants car seuls les meilleurs sont déjà passés : la plupart d’entre eux poursuivent ensuite sans embûches leur parcours en 2ème année.

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Tous ces conseils et bien d’autres sont disponibles dans le livre de Bruno Magliulo "Que faire avec un bac technologique", 12,90 €, aux éditions l’Etudiant.

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