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Décryptage

Programme, rythme, ambiance… ce qui vous attend en double licence

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Avec en moyenne vingt-cinq à trente heures de cours par semaine, le rythme en double licence s'apparente à celui de prépa. Avec une difficulté supplémentaire : apprendre à gérer deux cursus aux méthodes et aux organisations souvent très différentes.

Débouchant sur deux licences, ces filières comportent une charge horaire supérieure à la moyenne, proche des trente heures hebdomadaires. Ces doubles licences se caractérisent par un programme dédoublé à tous les niveaux (horaires, lieux des cours, exercices...) sauf pour les enseignements transversaux qui ne sont suivis qu'une seule fois (méthodologie, informatique...). Ce qui suppose une forte capacité de travail et une bonne organisation.

Confronté à deux univers différents

Faisant face à une méthodologie, un contrôle des connaissances et un calendrier différents dans chacun des deux établissements, les étudiants qui suivent ces formations doivent être autonomes et avoir une certaine maturité.

S'adapter et faire la navette entre deux campus, comprendre deux méthodes de travail... cela demande des efforts et peut entraîner des périodes de flottement, voire de déprime, en première année. "Cette petite déprime intervient souvent en novembre-décembre, au premier des six semestres. Mais la plupart des étudiants qui sont bien épaulés la surmontent aisément", précise Éric Anceau qui coordonne à l'université Paris-Sorbonne la double licence histoire-sciences sociales.

“Même si les premières notes sont décevantes, en général, on progresse tout au long de l'année”


"Il ne faut pas s'attendre à avoir les mêmes résultats qu'au lycée, souligne Joséphine, étudiante en droit et langues à l'UPMF (université Pierre-Mendès-France) de Grenoble (38) (voir son témoignage ci-dessous). Cependant, même si les premières notes sont décevantes, en général, on progresse tout au long de l'année. Mieux vaut ne pas mettre la barre trop haut parce que les exigences à l'université sont beaucoup plus grandes. Il ne faut pas se décourager, car, au bout de plusieurs semaines, on cerne mieux ce qui nous est demandé."

Pas laissé seul face à vos difficultés

"Les étudiants disposent d'un responsable pédagogique pour chaque établissement", complète Santiago Aragon, responsable de la double licence sciences et sciences sociales à l'UPMC (université Pierre-et-Marie-Curie) de Paris. "S'il rencontre des difficultés, le jeune peut être convoqué à un entretien à la fin du premier semestre. Cela permet d'identifier d'où vient la difficulté et comment on peut trouver une solution."

Surtout, l'enseignant insiste sur la forte solidarité entre les élèves, prenant pour exemple un parrainage des plus anciens ou l'échange de conseils sur des forums en ligne. Le fait que les étudiants se retrouvent en petits groupes permet de développer un esprit collectif, comparable à celui d'une grande école. Au final, et malgré les difficultés, les responsables des doubles cursus constatent peu d'échecs et d'abandons en cours d'année.

TÉMOIGNAGE : “Il faut s'attendre à travailler une bonne partie du week-end"
Joséphine, 19 ans, est en deuxième année de licence droit et langues à l'université Pierre-Mendès-France de Grenoble (38).

"J'ai une trentaine d'heures de cours par semaine, dont douze heures de langues et dix-neuf heures de droit. Il n'y a donc pas de changement fondamental par rapport au volume horaire du lycée. C'est plus en matière de travail personnel que la différence se fait sentir, surtout en droit. Le travail demandé est assez lourd et les exigences plus strictes qu'au lycée. Les TD à préparer sont en général une dissertation, un commentaire ou des fiches d'arrêt et des cas pratiques. Ce qui, au niveau du temps de travail à fournir, équivaut à deux dissertations par semaine. C'est beaucoup, mais tout à fait faisable avec un peu d'organisation ! En revanche, il faut s'attendre à travailler une bonne partie du week-end...

En langues, le travail ressemble sensiblement aux devoirs de lycée : questions sur un texte, traduction, vocabulaire à apprendre... La charge de travail n'est donc pas très importante.

Outre la double compétence, l'intérêt d'un double diplôme est de mettre en valeur notre capacité de travail, qui est souvent une exigence, pour l'entrée en master, et également pour l'entrée dans le monde du travail. Après la licence, je n'ai pas encore de projet très précis, mais j'aimerais exercer une profession tournée vers la scène internationale. J'envisage de présenter le concours de l'ENM [École nationale de la magistrature].

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