DOSSIER : LES LICENCES EN COMMERCE-GESTION : DES TREMPLINS POUR BAC+5
À qui s’adressent les licences orientées économie ou gestion proposées à l’université ? Qu’y apprend-on ? Quelles différences entre les différentes spécialités ? Tour d'horizon de ces formations en trois ans.
Trois licences pour commencer des études en commerce-gestion à la fac
À la fac, trois licences permettent d’aborder les disciplines liées à la vie des entreprises : AES (administration économique et sociale), éco-gestion et sciences économiques. Contrairement aux BTS, aux DUT ou aux “Bachelors”, ces licences vous demanderont d’adopter les méthodes de travail universitaires : lectures, dissertations, recherches à la bibliothèque, longues révisions pour les partiels… Le tout d’une manière indépendante : personne ne sera derrière vous pour vérifier que vous avez consulté les livres conseillés par le professeur.
“Ces licences ont des contenus théoriques. On n’y vient pas pour apprendre un métier, mais pour apprendre à raisonner, à comprendre le monde… Par exemple, on va décrypter les mécanismes de la crise de l’euro. Ceux qui veulent des compétences très pratiques doivent plutôt cibler un BTS ou un IUT (lien)”, explique Bruno Henriet, professeur de gestion à l’université de Nantes (44).
Avant de se lancer, il vaut savoir que ces licences connaissent de forts taux d’abandon. En AES, 39 % jettent l’éponge au bout d’un an et 15 % se réorientent dans une autre discipline. Cela doit-il vous faire peur ? Pas forcément : les étudiants qui échouent ont souvent choisi ces filières pour de mauvaises raisons. “Les titulaires de bac pro sont nombreux à s’inscrire, faute d’avoir trouvé une place en BTS. Pourtant, ils ont peu de chances de suivre”, assure Christian Varinard, maître de conférences en AES à Lyon 3.
Pour éviter cette déperdition, certaines facs ont mis en place des dispositifs d’orientation. À Pau, le premier semestre est commun aux licences AES et de sciences éco. L’université d’Évry organise une “licence zéro” d’AES, année préparatoire permettant de se mettre à niveau.
Certaines licences, notamment celles des antennes universitaires de villes moyennes, offrent des conditions de travail plus propices à la réussite, loin des amphis surchargés des grandes villes. “Dans mon année, nous étions à peine 100. Nous avions aussi du tutorat, notamment en maths”, raconte Marianne, passée par la licence éco-gestion à Annecy.
Une chose est sûre : ces licences sont destinées en priorité à ceux qui visent des études longues, jusqu’à bac+5. Les étudiants qui veulent toutefois arrêter leurs études à bac + 3 peuvent bifurquer, après la L2, en licence 3 professionnelle (banque-assurance, métiers de l’immobilier, e-commerce, distribution…), sachant que ces formations rassemblent avant tout des étudiants issus de DUT.
En master, les possibilités de spécialisation sont multiples (ressources humaines, marketing, communication, finance, management public, comptabilité…). Il est également possible de passer, à bac+2 ou bac+3, les concours des grandes écoles de commerce (concours Passerelle, concours Tremplin).
Pour réussir dans ces filières, il est conseillé de connaître les bonnes stratégies. “De plus en plus d’étudiants font une année de césure entre le master 1 et le master 2, et en profitent pour faire un stage en France ou à l’étranger, constate Marianne, étudiante en gestion à Dauphine, l’une des meilleures facs dans cette discipline. Cela augmente ses chances d’être pris dans un bon M2.”
De même, s’il est tout à fait possible de réaliser des séjours Erasmus à l’étranger, vous devez en revanche initier vous-même les démarches pour y parvenir, contrairement aux Bachelors des écoles de commerce, qui vous proposent les séjours clés en main.
Certaines universités possèdent des bureaux efficaces d’aide à la recherche de stages et d’emploi, quand d’autres en sont encore à leurs balbutiements. “Lorsque la licence est rattachée à un IAE [institut d’administration des entreprises, NDLR], comme à Annecy, c’est un bon point, parce que les étudiants bénéficient des services carrières de ces écoles universitaires”, explique Marianne, par ailleurs porte-parole de l’Union nationale des étudiants de gestion.
| Objectif : apprendre à raisonner |
Avant de se lancer, il vaut savoir que ces licences connaissent de forts taux d’abandon. En AES, 39 % jettent l’éponge au bout d’un an et 15 % se réorientent dans une autre discipline. Cela doit-il vous faire peur ? Pas forcément : les étudiants qui échouent ont souvent choisi ces filières pour de mauvaises raisons. “Les titulaires de bac pro sont nombreux à s’inscrire, faute d’avoir trouvé une place en BTS. Pourtant, ils ont peu de chances de suivre”, assure Christian Varinard, maître de conférences en AES à Lyon 3.
Pour éviter cette déperdition, certaines facs ont mis en place des dispositifs d’orientation. À Pau, le premier semestre est commun aux licences AES et de sciences éco. L’université d’Évry organise une “licence zéro” d’AES, année préparatoire permettant de se mettre à niveau.
Certaines licences, notamment celles des antennes universitaires de villes moyennes, offrent des conditions de travail plus propices à la réussite, loin des amphis surchargés des grandes villes. “Dans mon année, nous étions à peine 100. Nous avions aussi du tutorat, notamment en maths”, raconte Marianne, passée par la licence éco-gestion à Annecy.
| Plutôt pour des études longues |
En master, les possibilités de spécialisation sont multiples (ressources humaines, marketing, communication, finance, management public, comptabilité…). Il est également possible de passer, à bac+2 ou bac+3, les concours des grandes écoles de commerce (concours Passerelle, concours Tremplin).
| La prime aux débrouillards |
De même, s’il est tout à fait possible de réaliser des séjours Erasmus à l’étranger, vous devez en revanche initier vous-même les démarches pour y parvenir, contrairement aux Bachelors des écoles de commerce, qui vous proposent les séjours clés en main.
Certaines universités possèdent des bureaux efficaces d’aide à la recherche de stages et d’emploi, quand d’autres en sont encore à leurs balbutiements. “Lorsque la licence est rattachée à un IAE [institut d’administration des entreprises, NDLR], comme à Annecy, c’est un bon point, parce que les étudiants bénéficient des services carrières de ces écoles universitaires”, explique Marianne, par ailleurs porte-parole de l’Union nationale des étudiants de gestion.
| De plus en plus de bilicences Depuis quelques années, les bilicences se sont multipliées. Plus intenses que les licences classiques, elles sont considérées comme des voies d’excellence et permettent d’élargir ses débouchés.
On peut citer :
- la bilicence gestion-informatique à Grenoble 2, - les bilicences éco-histoire ou droit-économie (Paris-Ouest), - la bilicence gestion-civilisation américaine (Paris-Ouest), - les bilicences économie-sociologie ou économie-sciences politiques (Lyon 2). Elles constituent aussi de bonnes préparations pour les concours (écoles de commerce, instituts d’études politiques, fonction publique). |
| Licences : les grandes filières en commerce-gestion |
|||
| Licence | Nombre d'étudiants |
Nombre de licences |
Frais de scolarité |
| Éco-gestion | 82.000 | 115 | 177 € |
| AES (administration économique et sociale) |
32.000 | 83 |
177 € |
| Sciences éco |
NC |
25 |
177 € |
Jessica Gourdon
Janvier 2012
Janvier 2012
| Pour aller plus loin INTÉRESSÉ(E) PAR UN BTS OU UN DUT EN COMMERCE-GESTION ? - Test : êtes-vous fait pour des études à l'université ? - La fac d'éco-gestion selon Jordane, en 3e année à la Sorbonne. - Comment réussir en sciences éco à la fac ? LES AUTRES ÉTUDES EN COMMERCE-GESTION EN 2 OU 3 ANS APRÈS LE BAC : - Commerce, économie, gestion : pour quelle filière postbac êtes-vous fait ? - BTS/DUT en commerce-gestion : deux ans d’études et plus si affinités. - Écoles de commerce-gestion en 3 ans après le bac : ce qu'il faut savoir sur les Bachelors. |












