DOSSIER : L’UNIVERSITÉ INNOVE ET SE DONNE LES MOYENS DE RÉUSSIR
Paradoxe : c’est au moment où l’université reçoit le plus de moyens et tente de sortir de sa tour d’ivoire que les étudiants s’en détournent.
Simone Bonnafous : « Des conditions d’études comparables à celles des prépas »
Simone Bonnafous est présidente de l’université Paris 12-Val-de-Marne
Après une année universitaire marquée par des manifestations et des campus en grève, cela vaut-il encore le coup d’étudier à l’université ?D’abord, le mouvement n’a pas été si général et le nombre d’étudiants entravés pas si important. On a mis l’accent sur quelques cas de blocages extrêmes, mais beaucoup d’établissements n’ont été touchés que dans une ou deux composantes. Par ailleurs, c’est le moment de venir en fac, car dans certaines filières de lettres ou de sciences, les taux d’encadrement [nombre d’élèves par prof] valent ceux des classes prépas. On est loin des fameux amphis bondés, qui concernent surtout la médecine, le droit, voire la psycho ou la socio. L’université convient à des jeunes qui ne souhaitent pas de bachotage, mais qui veulent se prendre en main.
Toutes les séries de bac ont-elles leur place à l’université ?
Les titulaires d’un bac technologique ou professionnel auront des difficultés. Cela dit, les STG réussissent un peu mieux en AES [administration économique et sociale] qu’en sciences éco, et les STI peuvent avoir de bons résultats en sciences. Mais ceux qui s’inscrivent en lettres, en sciences humaines ou en droit ont de fortes probabilités d’échouer.
Que conseiller aux jeunes qui se retrouvent à la fac par défaut pour ne pas perdre leur année ?
Pour les plus en difficulté, on propose un second semestre de consolidation, avec des cours adaptés permettant de refaire une première année dans de meilleures conditions, ou de s’orienter vers un BTS [brevet de technicien supérieur] ou un DUT [diplôme universitaire de technologie].
| Que vaut la fac ? Paradoxe : c’est au moment où l’université reçoit le plus de moyens et tente de sortir de sa tour d’ivoire que les étudiants s’en détournent. Réussite à la fac après un bac ES Filières de prédilection des ES à la fac, le droit et les sciences éco conduisent les meilleurs élèves à une bonne insertion. Les autres ont plus d’avenir en gestion. Réussite à la fac après un bac L Les diplômés en lettres et sciences humaines devront faire preuve de motivation et de stratégie pour suppléer leur faible professionnalisation. Réussite à la fac après un bac S La concurrence entre les facs de médecine et les licences de sciences profite largement aux premières, malgré une forte sélectivité des amphis engorgés. Réussite à la fac après un bac pro Malgré un taux de réussite probant au bac, les titulaires du bac pro n’ont aucune garantie de réussite à l’université. Réussite à la fac après un bac STG Un bachelier pro sur cinq s’inscrit en fac. Mais la réussite est rarement au rendez-vous… Réussite à la fac après un bac STI, STL ou ST2S Pour les bacheliers des ces trois séries technologiques, l’université est souvent choisie par défaut ou pour se préparer à une autre filière. Du coup, les taux de réussite sont près de 3 fois inférieurs à ceux des bacs généraux. Les nouveautés mises en place pour l’université Autonomie, plan Réussite en licence, loi LRU, bureaux d’insertion… L’université se réforme. Mais quels sont les impacts concrets pour les étudiants ? En cinq grands volets, le point sur ce qui évolue à la fac. |
Propos recueillis par Mathieu Oui












