DOSSIER : MÉDECINE : LE CLASSEMENT DES FACS POUR ÊTRE BIEN CLASSÉ À L’ECN
- Classement : quelles facs de médecine préparent le mieux à l'ECN ?
- Classement : quelles facs de médecine trustent les meilleures places à l'ECN ?
- Classement : quelles facs de médecine placent leurs étudiants dans les 1000 premiers à l'ECN ?
- Classement : quelles facs de médecine placent leurs étudiants dans les 2500 premiers à l'ECN ?
- Classement : quelles facs de médecine classent le moins bien leurs élèves (au-delà de la 6000e place) à l'ECN ?
- Pourquoi les facs de médecine ne se valent pas toutes à l’ECN ?
L'ECN (examen classant national) : le 2ème obstacle - obligatoire - à franchir pour tous les étudiants de médecine après le concours de la 1ère année. C'est en fonction du rang qu'ils auront obtenu qu'ils choisiront une spécialité et un lieu de formation. Et se dessinera leur carrière... Quelles facs mènent le mieux leurs protégés à la réussite et pourquoi ?
Pourquoi les facs de médecine ne se valent pas toutes à l’ECN ?
Le taux d’encadrement et le niveau de base comptent…Expliquer les résultats à l’ECN est si complexe que l’on pourrait écrire une thèse sur le sujet.
C’est ce qu’a fait Benoît Elleboode, ancien président de l’ISNIH (Inter syndicat national des internes des hôpitaux) et médecin de santé publique sur l’examen de 2008. Celui-ci a étudié statistiquement le rôle de plusieurs facteurs. Il est arrivé à une conclusion. Globalement, 50 % des résultats de l’examen classant national seraient dus à deux éléments indépendants :
1 – le taux d’encadrement des étudiants de l’université ou du site de formation : plus il y a de professeurs pour le nombre d’élèves, mieux l’établissement est classé. Sur ce point, il se trouve que les facs parisiennes sont avantagées, contrairement à l'université de Poitiers, par exemple.
2 - la sélectivité en première année : plus le niveau scolaire de base des candidats est élevé, mieux la fac est classée. Attention, cela vaut à titre collectif. Individuellement, un élève moyen au lycée peut se révéler en médecine.
Liés entre eux, ces deux facteurs ont un effet pervers : "Plus on ajoute d’étudiants dans une fac (notamment dans les régions sous-dotées en médecins), plus on fait chuter le taux d’encadrement et donc les résultats", explique Benoît Elleboode. Dans tous les cas, un constat : "Les facs les mieux classées à l’ECN ne sont pas forcément celles qui forment le mieux", assure celui qui ne fait que des suppositions concernant les autres facteurs de réussite. "Les critères pédagogiques sont très difficiles à mesurer", reconnaît-il.
… la préparation à l’ECN aussi
Sans le prouver par les statistiques, d’autres observateurs sur le terrain citent des variables supplémentaires : l’investissement des professeurs dans l'apprentissage au raisonnement clinique, les conditions matérielles, les stages (qui démarrent plus ou moins tôt dans le cursus), les initiatives qui permettent aux candidats de mieux définir leur projet professionnel, une pédagogie "par organes", la motivation et l’enjeu pour les candidats (selon la spécialité et la ville visées), l’ambiance…
Deux facteurs restent des sujets sensibles : le temps et la qualité de la préparation à l’examen et l’existence de "conférences".
En ce qui concerne la préparation, Benoît Elleboode a identifié deux cas de figure : "Soit la fac mâche le travail des étudiants, leur dit et contrôle ce qui est important de savoir en vue de l’examen ; soit la fac ne fait pas ce travail et délivre une formation beaucoup plus dense. La première méthode est la meilleure dans un processus de concours. Il n’est pas sûr que ce soit la plus efficace pour former les meilleurs médecins", explique-t-il. En outre, certains établissements n’hésitent pas à mettre la pression aux étudiants dès la deuxième ou la troisième année et à rogner sur les stages pour leur laisser du temps pour réviser.
Les conférences jouent également un rôle. Jusqu’à récemment, il s’agissait beaucoup de cours privés, payants, parfois déjà sélectifs. Aujourd’hui, les établissements s’organisent pour donner des conférences publiques, l’équivalent du tutorat en première année. "C’est par exemple le cas à Montpellier ou à Grenoble", indique Philippe Cathala, secrétaire général de l’ISNIH. "À Paris 6, nous avons mis en place un enseignement sous forme de conférences ECN en DCEM 2, DCEM 3 et DCEM 4. Dans quatre ou cinq ans, il est probable que les conférences ECN privées payantes vont voir leur audience s'amenuiser à partir du moment où les facultés de médecine prendront en charge la préparation à l'examen, qui est partie intégrante de leur mission d'enseignement", clame Jean-Jacques Rouby, vice-doyen de la faculté.
Quoiqu’il en soit, gardez en tête que l’ECN n’est pas une fin en soi… La formation des médecins continue au-delà. Et "c’est plutôt cette partie de cursus qui compte pour la qualité du diplôme", conclut l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France).
Virginie Bertereau
Octobre 2010
Octobre 2010












