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Témoignage

Agathe, en L3 sciences pour la santé à Paris-Descartes : "Le quartier Latin, il y a pire pour étudier !"

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Agathe, étudiante en 3e année de licence sciences de la santé Paris-Descartes. // © Virginie Bertereau
Agathe, étudiante en 3e année de licence sciences de la santé Paris-Descartes. // © Virginie Bertereau
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Retour au dossier Paris-Descartes, le colosse universitaire fait aussi dans la dentelle Agathe, en L3 sciences pour la santé à Paris-Descartes : "Le quartier Latin, il y a pire pour étudier !" Paris-Descartes en infographies

Agathe, 20 ans, est étudiante en troisième année de licence sciences pour la santé à Paris-Descartes. Lyonnaise jusqu’à la seconde, puis parisienne, elle a choisi sa fac pour sa réputation. Aujourd’hui, c’est le côté "pluri-sciences" de sa filière, ses professeurs chercheurs ou encore la vie étudiante en plein quartier Latin qu’elle vante avec passion.

Après le bac, Agathe aurait pu s'orienter vers médecine ou en prépa pour viser une grande école, comme tous ses amis du lycée Condorcet, à Paris. "Cela m'a démoralisée. Je ne voulais pas d'une filière où j'aurais subi une forte pression. J'ai préféré la licence sciences pour la santé (sans regret) de Paris-Descartes, une fac qui a une excellente réputation. En bossant beaucoup, je me suis dit que je pourrais aussi "percer" et la biologie m'intéressait. Mais ce n'est pas avec les heures de SVT (sciences de la vie et de la Terre) du lycée que je pouvais être fixée...". 

Le côté pluridisciplinaire de la licence la séduit. Les étudiants suivent des cours de chimie, de physique, de biologie, de biochimie... "On a un aperçu de toutes les sciences. Cela tombe bien car les laboratoires cherchent des gens forts en tout. Je ne me suis spécialisée en biologie-physiologie qu'en L3. Mais je garde une UE (unité d'enseignement) transversale. Nous abordons l'ADN sous l'angle de la chimie, de la physique et de la toxicologie."

Encadrée comme au lycée

Agathe aime toutes les matières. "Dès le départ, j'ai trouvé les cours passionnants car les professeurs sont des chercheurs réputés. Ils parlent de leurs recherches. Ils nous expliquent concrètement à quoi sert ce qu'on apprend." La licence sciences pour la santé compte 300 étudiants en L1. "Dès la première année, nous sommes très encadrés. Il faut répondre à des colles comme en prépa. Cela me poussait à travailler régulièrement et cela me permettait de savoir ce qu'on attendait de moi. L'évaluation est complétée par du contrôle continu : un vrai filet de sécurité pour se rattraper."

En deuxième année, le contrôle continu reste, mais pas les colles. En troisième année, les étudiants passent des partiels. "Selon moi, l'encadrement est lié au côté scientifique de l'université. Ce serait différent en fac de lettres ou d'arts. En outre, comme il s'agit aussi d'une fac de médecine, on commence les cours tôt dans l'année, début septembre." Seul regret pour Agathe : l'étudiante aurait aimé avoir plus de travaux pratiques.

Flemmards, s'abstenir

Agathe est une étudiante plutôt sérieuse. Elle passe la moitié de la journée en cours. Le reste du temps, mais aussi 5 heures le samedi et 5 heures le dimanche, elle reprend ses notes, apprend ses fiches. "Il ne faut pas être flemmard et faire preuve de discipline."

En L1, Agathe a même suivi des cours en plus. "Si on obtient de bonnes notes au premier semestre, les professeurs nous proposent de nous avancer sur les matières de deuxième année. Une vraie reconnaissance ! J'ai choisi d'étudier la régulation des gènes. Ainsi, j'avais déjà validé une UE en arrivant en L2."

En deuxième année, l'étudiante a également suivi une formation complémentaire d'une semaine sur l'éveil à l'industrie. En troisième année, elle suivra une UE supplémentaire d'éveil à la recherche.

Le quartier Latin pour cadre d'études

Côté vie étudiante, Agathe reconnaît ne pratiquer aucune activité à la fac. "Mais je sais qu'elle propose beaucoup de sports, donne des invitations pour assister à des émissions de télévision, des places de théâtre pas chères, des conférences, etc. Et un resto u. vient d'ouvrir." Les cours de L1 et L2 sciences pour la santé sont dispensés sur le site des Saints-Pères, à Odéon. En L3, une partie d'entre eux se déroule dans la faculté de pharmacie, près du jardin du Luxembourg. "Il y a pire comme quartiers pour étudier ! C'est sympa. Cela donne envie de travailler."

Resto U Paris-Descartes // © V. BertereauPour améliorer la vie étudiante, un restaurant universitaire vient d'ouvrir. // © V. Bertereau

Malgré sa position dans Paris, l'université draine toutes les populations, assure Agathe. "Beaucoup de mes amis viennent de banlieue, d'autres du quartier du Trocadéro. Ils sont issus de tous milieux sociaux, fils d'ouvriers ou de chefs d'entreprise." 

En revanche, peu de brassage entre les étudiants des différentes filières. "Par exemple, aux Saints-Pères, tout ce qui est biomédical est installé du premier au troisième étages. Les étudiants en maths-informatique sont au-dessus, mais nous ne nous croisons pas beaucoup...".

De la licence à la médecine

Après sa licence, Agathe va probablement bifurquer. "Paris-Descartes fait partie des universités qui proposent une expérimentation en filière santé. À la rentrée 2015, je vais donc essayer d'entrer en deuxième année de médecine sans passer par la PACES (première année commune aux études de santé). L'idéal serait de faire médecine et un master d'infectiologie. Plein de choses m'intéressent donc je ne sais pas vers quoi aller !", assure Agathe, passionnée par tout ce qu'elle fait. "Les passions sont le sel de la vie", disait Descartes.


Paris-Descartes expérimente la licence "alter-PACES"
En 2014-2015, Paris-Descartes fait partie des universités qui expérimentent une autre voie d'accès que la PACES (première année commune aux études de santé) aux filières de santé. Le projet de la fac, commun à celles de Paris 7, Paris 13, Saint-Étienne et Tours, offre ainsi à des étudiants de L2 ou de L3 la possibilité d'intégrer une deuxième année de médecine, d'odontologie, de pharmacie ou de sage-femme. "Au préalable, ils doivent suivre des cours en ligne supplémentaires (environ 200 heures) dans 4 modules : un de sciences dures, un de biologie, un de santé – obligatoire – et un tourné vers les sciences humaines et sociales, le droit, la psychologie. La formation complémentaire dépend de la filière santé choisie et de la licence de provenance", explique Marie-Agnès Sari, professeur de biochimie, responsable pédagogique de la PACES.

Pour cette première année d'expérimentation, cette passerelle n'a été ouverte qu'aux étudiants de licence sciences pour la santé. Par la suite, l'alter-PACES sera accessible à toutes les licences de l'université (droit, sciences sociales, psychologie, sciences de l'éducation, etc.). Une vingtaine de places sont offertes pour 200 étudiants de L3 sciences pour la santé. Un dispositif réservé aux meilleurs étudiants (il faut faire partie du premier quart de la promo), qui n'ont jamais redoublé et n'ont jamais tenté, ou seulement une fois, un concours en PACES. Motivation et expérience entrent aussi en ligne de compte.