Dossier : Etudes de santé : comment rebondir après un échec en PAES
- Que faire après un échec en PAES (première année des études de santé) ?
- Dispositifs de réorientation après un échec en PAES : où en sont les facs ?
- Échec en PAES : rebondir dans une autre filière de l’université
- Échec en PAES : rebondir dans une autre filière santé
- Échec en PAES : rebondir dans une école d’ingénieurs
- Julie, en 2e année de BTS optique : « Si vous n’y arrivez pas en PAES, ne vous entêtez pas »
- Yann, en 1re année de licence de biologie : « Après un 1er semestre de PAES, je me suis réorienté pour ne pas gâcher une année »
- Ipek-Lisa, en BTS techniques physiques pour l’industrie et le laboratoire : « En PAES, je n’étais pas suffisamment encadrée »
La PAES (première année des études de santé) : ¼ d’admis à un concours (médecine, sage-femme, odontologie ou pharmacie) de fin d’année pour ¾ de recalés. Où se réorientent ces étudiants ? Quelle décision prendre si vos résultats ne sont pas à la hauteur ? Quels plans B s’offrent à vous ? L'Etudiant fait le point sur les réorientations.
Que faire après un échec en PAES (première année des études de santé) ?
Etudes de santé : comment rebondir après un échec en PAES
Si vous êtes en PAES, vous avez environ 25 % de chances de passer en 2e année dans l’une des 4 filières possibles : médecine, pharmacie, odontologie ou sage-femme. Selon la Commission pédagogique nationale des études de santé, 13.682 candidats sur les 54.178 inscrits ont été admis en 2011. Parmi eux, 7.400 places étaient spécifiquement accordées à la filière médecine (19,4 % de réussite au concours). Quels que soient vos résultats et votre motivation, il faut toujours anticiper un échec potentiel et prévoir un plan B.
Que deviennent les 75 % d’étudiants qui échouent ? D’après une note d’information du ministère de l’Enseignement supérieur datée de mai 2011*, près des deux tiers des primants (candidats au concours pour la première fois) redoublent. Vous avez en effet le droit à deux tentatives en PAES (le triplement, sous dérogation, est rare et déconseillé). Le tiers des primants restant se dirige vers une autre filière de fac, se réoriente hors de l’université ou arrête ses études. Les candidats qui ont échoué au concours après deux tentatives se réorientent pour moitié vers d’autres filières universitaires. Les autres se détournent de l’université.
- Vous êtes primant. Vous n’êtes pas classé au-delà du numerus clausus multiplié par 2 à 2,5. Par exemple, votre fac offre 300 places en 2e année et vous êtes classé 430e.
Cela vaut le coup de rester au 2e semestre et de redoubler. Mais vous devez en avoir l’envie et l’énergie. Et rien ne garantit que vous allez mieux faire l’année suivante. Interrogez-vous sur ce qui vous a manqué : des méthodes, du travail personnel, de la mémoire, de l’entraînement ? Le tutorat de votre fac peut vous aider.
- Vous êtes primant et vous êtes classé au-delà du numerus clausus multiplié par 2 à 2,5. Par exemple, si votre fac offre 300 places et vous êtes classé 820e.
Cela se complique. La réforme de la PAES prévoit que le redoublement est impossible dès l’année suivante pour les étudiants classés au-delà de 2,5 à 3 fois le numerus clausus. Toutefois, vous pourrez retenter votre chance après avoir validé 60 ECTS (soit 2 semestres) dans un autre cursus conduisant au grade de licence, de préférence la biologie. Philippe De Mazancourt, vice-doyen de la faculté de médecine, prévient : « Je déconseille cette réintégration. Si vous avez obtenu de mauvais résultats, cela n’a rien à voir avec vos capacités intellectuelles. Vous n’êtes simplement pas rentré « dans le moule ». Un an de plus ne vous fera pas progresser de la 500e à la 100e place. À l’UVSQ (université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines), une vingtaine d’étudiants, notamment en sciences, ont voulu revenir en PAES cette année. Aujourd’hui, seuls deux d’entre eux, classés dans les 250 premiers, peuvent prétendre à réussir le concours ».
- Réorientation précoce
La réforme de la PAES prévoit une « réorientation précoce » pour les 15 % d’étudiants (primants comme doublants) les plus mal classés en fin de 1er semestre. Par exemple, vous êtes classé 1540e sur 1600. Cette mesure sera obligatoire en 2012-2013. Certaines universités l’appliquent déjà. 15 % étant le seuil maximum (les facs peuvent opter pour un seuil à 5, 10 ou 12 % par exemple). Si vous êtes primant, vous pourrez retenter votre chance plus tard, après avoir validé 90 ECTS (soit 3 semestres) dans un autre cursus. À moins que vous ne vous plaisiez dans votre nouvelle filière !
Dans tous les cas, si votre moyenne plafonne à moins de 6/20 et même si votre fac ne vous impose rien, posez-vous la question de la réorientation. Cela vous évitera de perdre une année. Renseignez-vous sur les passerelles proposées par votre université à l’issue du 1er semestre (toutes les universités ne sont pas encore au même niveau d’avancement sur ce sujet) ou en fin d’année.
- Primant ou doublant, vous êtes reçu-collé : vous avez obtenu plus de 10/20 de moyenne au concours sans pour autant avoir une place en 2e année.
Cette noble performance vous permet d’aller frapper aux portes de l’UFR de sciences (parfois de maths ou autres) de votre fac pour entrer de droit en 2e année de licence (exceptionnellement en L3). Vous ne perdez pas de temps.
D’autres filières s’offrent aussi à vous : des licences (STAPS, psychologie, droit, économie, langues…), des DUT (diplômes universitaires de technologie), des écoles paramédicales, des écoles d’ingénieurs… Selon les établissements et les filières, vous pourrez être admis en 2e année ou reprendre le cursus en 1re année. Les procédures d’inscription (dossier, lettre de motivation, entretien…) varient également.
Comment choisir votre nouvelle voie ? « En fonction de vos envies, répond Youna Cloarec, vice-présidente études médicales à l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France). Trop souvent le choix de la filière de médecine est influencé par la famille ».
- Primant ou doublant, vous êtes collé-collé : vous avez obtenu moins de 10/20 de moyenne au concours et vous n’avez pas de place en 2e année.
Les matières étudiées en PAES ne sont peut-être pas votre truc… « On peut être laminé après 2 années de PAES. Je conseille donc aux étudiants qui n’ont pas eu la moyenne en médecine de se tourner vers des formations « restructurantes » : le droit, les sciences économiques, les sciences politiques… », indique Philippe De Mazancourt. Pour ces disciplines, il faudra vous inscrire en 1re année. Si les sciences vous plaisent vraiment (mais que vous êtes nul en maths), il existe peut-être des moyens, dans votre université, de tout de même rattraper une L2 scientifique. « À Rennes 1, les collés-collés ont toujours une chance d’intégrer une L2 de biologie ou de chimie. On recalcule leur moyenne avec des coefficients. Si le niveau est suffisant dans les disciplines qu’il faut, l’accès est accordé en 2e année de licence », précise Cécile Lecomte, chargée de mission information et orientation à l’université. Un bon plan.
* L’enquête a été menée en 2010, avant la réforme de la PAES, et porte donc sur les étudiants inscrits en PCEM1 (première année du premier cycle des études médicales).
Que deviennent les 75 % d’étudiants qui échouent ? D’après une note d’information du ministère de l’Enseignement supérieur datée de mai 2011*, près des deux tiers des primants (candidats au concours pour la première fois) redoublent. Vous avez en effet le droit à deux tentatives en PAES (le triplement, sous dérogation, est rare et déconseillé). Le tiers des primants restant se dirige vers une autre filière de fac, se réoriente hors de l’université ou arrête ses études. Les candidats qui ont échoué au concours après deux tentatives se réorientent pour moitié vers d’autres filières universitaires. Les autres se détournent de l’université.
| Redoubler ou se réorienter ? Tout dépend de vos résultats en PAES |
Cela vaut le coup de rester au 2e semestre et de redoubler. Mais vous devez en avoir l’envie et l’énergie. Et rien ne garantit que vous allez mieux faire l’année suivante. Interrogez-vous sur ce qui vous a manqué : des méthodes, du travail personnel, de la mémoire, de l’entraînement ? Le tutorat de votre fac peut vous aider.
- Vous êtes primant et vous êtes classé au-delà du numerus clausus multiplié par 2 à 2,5. Par exemple, si votre fac offre 300 places et vous êtes classé 820e.
Cela se complique. La réforme de la PAES prévoit que le redoublement est impossible dès l’année suivante pour les étudiants classés au-delà de 2,5 à 3 fois le numerus clausus. Toutefois, vous pourrez retenter votre chance après avoir validé 60 ECTS (soit 2 semestres) dans un autre cursus conduisant au grade de licence, de préférence la biologie. Philippe De Mazancourt, vice-doyen de la faculté de médecine, prévient : « Je déconseille cette réintégration. Si vous avez obtenu de mauvais résultats, cela n’a rien à voir avec vos capacités intellectuelles. Vous n’êtes simplement pas rentré « dans le moule ». Un an de plus ne vous fera pas progresser de la 500e à la 100e place. À l’UVSQ (université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines), une vingtaine d’étudiants, notamment en sciences, ont voulu revenir en PAES cette année. Aujourd’hui, seuls deux d’entre eux, classés dans les 250 premiers, peuvent prétendre à réussir le concours ».
- Réorientation précoce
La réforme de la PAES prévoit une « réorientation précoce » pour les 15 % d’étudiants (primants comme doublants) les plus mal classés en fin de 1er semestre. Par exemple, vous êtes classé 1540e sur 1600. Cette mesure sera obligatoire en 2012-2013. Certaines universités l’appliquent déjà. 15 % étant le seuil maximum (les facs peuvent opter pour un seuil à 5, 10 ou 12 % par exemple). Si vous êtes primant, vous pourrez retenter votre chance plus tard, après avoir validé 90 ECTS (soit 3 semestres) dans un autre cursus. À moins que vous ne vous plaisiez dans votre nouvelle filière !
Dans tous les cas, si votre moyenne plafonne à moins de 6/20 et même si votre fac ne vous impose rien, posez-vous la question de la réorientation. Cela vous évitera de perdre une année. Renseignez-vous sur les passerelles proposées par votre université à l’issue du 1er semestre (toutes les universités ne sont pas encore au même niveau d’avancement sur ce sujet) ou en fin d’année.
| En fin de PAES, quelles options de réorientation s’offrent à vous ? Là aussi, tout dépend de vos résultats |
Cette noble performance vous permet d’aller frapper aux portes de l’UFR de sciences (parfois de maths ou autres) de votre fac pour entrer de droit en 2e année de licence (exceptionnellement en L3). Vous ne perdez pas de temps.
D’autres filières s’offrent aussi à vous : des licences (STAPS, psychologie, droit, économie, langues…), des DUT (diplômes universitaires de technologie), des écoles paramédicales, des écoles d’ingénieurs… Selon les établissements et les filières, vous pourrez être admis en 2e année ou reprendre le cursus en 1re année. Les procédures d’inscription (dossier, lettre de motivation, entretien…) varient également.
Comment choisir votre nouvelle voie ? « En fonction de vos envies, répond Youna Cloarec, vice-présidente études médicales à l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France). Trop souvent le choix de la filière de médecine est influencé par la famille ».
- Primant ou doublant, vous êtes collé-collé : vous avez obtenu moins de 10/20 de moyenne au concours et vous n’avez pas de place en 2e année.
Les matières étudiées en PAES ne sont peut-être pas votre truc… « On peut être laminé après 2 années de PAES. Je conseille donc aux étudiants qui n’ont pas eu la moyenne en médecine de se tourner vers des formations « restructurantes » : le droit, les sciences économiques, les sciences politiques… », indique Philippe De Mazancourt. Pour ces disciplines, il faudra vous inscrire en 1re année. Si les sciences vous plaisent vraiment (mais que vous êtes nul en maths), il existe peut-être des moyens, dans votre université, de tout de même rattraper une L2 scientifique. « À Rennes 1, les collés-collés ont toujours une chance d’intégrer une L2 de biologie ou de chimie. On recalcule leur moyenne avec des coefficients. Si le niveau est suffisant dans les disciplines qu’il faut, l’accès est accordé en 2e année de licence », précise Cécile Lecomte, chargée de mission information et orientation à l’université. Un bon plan.
| Taux de réussite national en 2010-2011 par filière Médecine : 19,4% Pharmacie : 27,4% Odontologie : 9,17% Sage-femme : 9,52% |
* L’enquête a été menée en 2010, avant la réforme de la PAES, et porte donc sur les étudiants inscrits en PCEM1 (première année du premier cycle des études médicales).
Virginie Bertereau
Avril 2012
Avril 2012
Lundi 16 Avril 2012



































