Dossier : Réussite à la fac après un bac pro : mission impossible ?
Malgré un taux de réussite historique au bac, les titulaires du bac pro n’ont aucune garantie de succès à l’université, la plupart des prérequis nécessaires à la réussite en fac leur manquant. Quelques-uns, très motivés, s'en sortent pourtant, comme Aurélien, inscrit en licence de géographie après son bac pro études et définition de produits industriels.
La fac pour les bac pro : le parcours du combattant ?
Réussite à la fac après un bac pro : mission impossible ?
Cru 2009 exceptionnel pour les bacheliers professionnels : ils ont été 87,1 % à décrocher leur diplôme, soit 10 points de plus qu’à la session 2008. Décriée par certains syndicats sur le thème du bradage des diplômes, cette performance est à replacer dans la tentative de revalorisation de cette filière. La réforme du bac pro (premières promotions annoncées pour 2012) prévoit une formation en trois ans, et non plus quatre, afin d’aligner la filière sur le modèle des autres séries. Va-t-on dès lors assister à un afflux de titulaires du bac pro dans le supérieur ? Surtout, seront-ils suffisamment préparés (les programmes de matières générales comme le français ou les langues vivantes ont été renforcés) ? Difficile de faire des pronostics.
Pour l’instant, les statistiques de réussite sont sans appel : seuls 7 % des bacheliers professionnels de la cuvée 2002 ont obtenu leur licence en trois ou quatre ans, contre 60 % de réussite pour les bacheliers des filières générales de la même année (1). Et le BTS (brevet de technicien supérieur), cursus choisi pour l’instant par la grande majorité de ces étudiants, devrait rester la porte de sortie la plus adaptée.
Culture générale, aisance rédactionnelle, capacité à disserter ou à argumenter : la plupart des prérequis nécessaires à la réussite en fac manquent aux bacheliers pro. Aurélien, 20 ans, a suivi un vrai parcours du combattant pour réussir à décrocher sa première année de licence de géographie "du premier coup" à la fac de Versailles-Saint-Quentin. "Je suis arrivé en filière professionnelle contre ma volonté, avec toujours l’envie d’étudier la géographie, même si j’avais conscience que ce ne serait pas facile", raconte ce jeune titulaire du bac études et définition de produits industriels. Bon élève au lycée professionnel, Aurélien a beaucoup lu pour se préparer à la fac et a étudié de près le programme. "Au début, je me suis quand même senti très seul. Ce qui m’a aidé, c’est ma forte motivation et les encouragements des professeurs."
(1) "Repères et références statistiques", DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance), 2008.
Pour l’instant, les statistiques de réussite sont sans appel : seuls 7 % des bacheliers professionnels de la cuvée 2002 ont obtenu leur licence en trois ou quatre ans, contre 60 % de réussite pour les bacheliers des filières générales de la même année (1). Et le BTS (brevet de technicien supérieur), cursus choisi pour l’instant par la grande majorité de ces étudiants, devrait rester la porte de sortie la plus adaptée.
Culture générale, aisance rédactionnelle, capacité à disserter ou à argumenter : la plupart des prérequis nécessaires à la réussite en fac manquent aux bacheliers pro. Aurélien, 20 ans, a suivi un vrai parcours du combattant pour réussir à décrocher sa première année de licence de géographie "du premier coup" à la fac de Versailles-Saint-Quentin. "Je suis arrivé en filière professionnelle contre ma volonté, avec toujours l’envie d’étudier la géographie, même si j’avais conscience que ce ne serait pas facile", raconte ce jeune titulaire du bac études et définition de produits industriels. Bon élève au lycée professionnel, Aurélien a beaucoup lu pour se préparer à la fac et a étudié de près le programme. "Au début, je me suis quand même senti très seul. Ce qui m’a aidé, c’est ma forte motivation et les encouragements des professeurs."
(1) "Repères et références statistiques", DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance), 2008.
| Fac : où vont les bacheliers pro ? Seuls 6 % des titulaires d’un bac pro poursuivent leurs études à l’université (contre 16 % en BTS). Parmi ceux qui ont fait ce choix, plus d’un quart optent pour les filières sciences humaines et sociales, avec une préférence pour la psychologie et l’histoire. Viennent ensuite le droit (15 %), les filières langues et AES (administration économique et sociale ; chacune 12 % des inscrits), puis les sciences économiques et la gestion (11 %) et, enfin, l’ensemble lettres-sciences du langage-arts (7 %) et les STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives, 6 %). Curieusement, seulement 3 % choisissent la filière sciences fondamentales et applications, l’une des rares à se situer dans la continuité d’un certain nombre de bacs pro – électronique, mécanique, sciences et technologies industrielles… |
| En savoir plus sur l'université : Que vaut la fac ? Paradoxe : c’est au moment où l’université reçoit le plus de moyens et tente de sortir de sa tour d’ivoire que les étudiants s’en détournent. Et découvrez les bilans de réussite pour les autres filières : Réussite à la fac après un bac ES Filières de prédilection des ES à la fac, le droit et les sciences éco conduisent les meilleurs élèves à une bonne insertion. Les autres ont plus d’avenir en gestion. Réussite à la fac après un bac L Les diplômés en lettres et sciences humaines devront faire preuve de motivation et de stratégie pour suppléer leur faible professionnalisation. Réussite à la fac après un bac S La concurrence entre les facs de médecine et les licences de sciences profite largement aux premières, malgré une forte sélectivité des amphis engorgés. Réussite à la fac après un bac STI, STL ou ST2S Pour les bacheliers des ces trois séries technologiques, l’université est souvent choisie par défaut ou pour se préparer à une autre filière. Du coup, les taux de réussite sont près de 3 fois inférieurs à ceux des bacs généraux. Réussite à la fac après un bac STG Un bachelier pro sur cinq s’inscrit en fac. Mais la réussite est rarement au rendez-vous… Et aussi : Les nouveautés mises en place pour l’université Autonomie, plan Réussite en licence, loi LRU, bureaux d’insertion… L’université se réforme. Mais quels sont les impacts concrets pour les étudiants ? En cinq grands volets, le point sur ce qui évolue à la fac. |
Sandrine Chesnel, Mathieu Oui
Jeudi 8 Octobre 2009



































