Dossier : Sciences éco : de l’analyse avant tout

Pour réussir en fac d’économie et gestion, il est impératif d’acquérir, dès la première année d’études, la maîtrise des outils analytiques.

Un possible choc des cultures

Sciences éco : de l’analyse avant tout

"Le programme de sciences économiques à la fac ressemble très peu à la spécialité sciences économiques et sociales de la terminale ES", prévient d’emblée Bernard Guillochon, professeur d’économie et directeur du département licence en sciences des organisations à l’université Paris-Dauphine. Une mise en garde loin d’être superflue, car les bacheliers de la série ES sont les plus nombreux dans les facs d’économie.

En 2007-2008, parmi les 18 176 nouveaux entrants en première année de licence de sciences économiques, 37,9 % étaient titulaires d’un bac ES, 22,7 % d’un bac S, 15,5 % d’un bac technologique (essentiellement STT/STG), 5,9 % d’un bac professionnel et, enfin, 2 % d’un bac L. "En licence, reprend Bernard Guillochon, les enseignements sont très “formalisés”, c’est-à-dire qu’ils reposent beaucoup sur les mathématiques. La macroéconomie est abordée à travers des modèles, un langage mathématique qui fait appel au raisonnement, aux équations, aux graphiques. Pour certains étudiants issus de la série économique et sociale de terminale, ce peut être un choc culturel. Si bien que cette filière plaît parfois davantage à des bacheliers scientifiques, qui n’ont jamais eu d’initiation à l’économie."

Autre difficulté rencontrée par les nouveaux étudiants en sciences économiques : la densité et la très grande variété des connaissances à acquérir. "En première année de sciences économiques et gestion, les cours apparaissent comme de multiples éléments d’un puzzle, souligne Jérôme Longuépée, responsable de la licence de sciences économiques de l’université d’Artois, à Arras (62). Ce n’est qu’au bout de trois ans que l’on commence à s’en faire une vision d’ensemble."

La microéconomie et la macroéconomie constituent le noyau dur des enseignements de la filière. La microéconomie a pour objet les théories du consommateur, du producteur et des marchés, tandis que la macroéconomie porte sur le fonctionnement économique des collectivités nationales. À cela s’ajoutent des matières complémentaires, telles que les maths, les statistiques, l’informatique ou les langues. Plus, éventuellement, quelques spécialités propres à chaque université.

À Dauphine, par exemple, les étudiants abordent dès les deux premières années de licence les sciences politiques, le droit et la sociologie, à petites doses. Enfin, surtout au niveau du master, les sciences économiques (qui étudient le développement dans le domaine des ressources naturelles, du travail et du capital) sont le plus souvent étroitement liées aux disciplines de la gestion (management, marketing, théorie des organisations, gestion des ressources humaines, technologies de l’information).

Géraldine Dauvergne

Lundi 2 Mars 2009

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