DOSSIER : S’ORIENTER APRÈS UN BAC S : L’UNIVERSITÉ

"Les lycéens ont une image désastreuse de la fac", déplore Anne-Marie Lardreau, qui les rencontre régulièrement en sa qualité de conseillère au CIDJ. Amphis déserts, couloirs interminables, manque de moyens, indifférence des professeurs… Telle est l’image que se font de l’université une bonne partie des étudiants, mais aussi de leurs parents. Or l’université d’aujourd’hui dément partiellement ces clichés. Les conseils de Thomas Fourquet, auteur de "Que faire avec un bac S", aux éditions l’Etudiant.

L’université, forcément un choix par défaut ?

L’image négative de la fac tient à ce qu’elle constitue parfois un choix par défaut. En effet, certains étudiants rejoignent l’université parce qu’ils n’ont pas été admis dans une autre formation qu’ils convoitaient (la prépa, par exemple), ou après un échec en 1ère année de médecine, de prépa ou de BTS (brevet de technicien supérieur). De plus, le changement d’environnement peut se révéler difficile : "Au début, explique Gokhan, en licence 1 de maths après 1 année en prépa physique-chimie, j’étais choqué : les élèves discutaient pendant les cours d’amphi…"

Passer d’un univers très encadré à un environnement où l’autonomie est plus grande, et les effectifs beaucoup plus importants, peut engendrer une forme de démotivation. Mais ce n’est pas une raison pour croire que vous n’allez pas réussir ! "La fac, c’est ce que nous en faisons : elle nous donne les clés pour obtenir un diplôme. À nous de le mettre en valeur", conclut Dimitri, en L3 de biologie à l’université de Tours.

Quelques idées reçues sur l’université
"L’université subit les effets de sa réticence à communiquer", explique Anne Aubert, ancienne directrice de la Maison de la réussite et de l’insertion professionnelle à l’université de La Rochelle. Moins dynamique dans sa communication que les écoles d'ingénieurs ou écoles de commerce, la fac traîne une image qui ne lui correspond plus.

Trop de monde
Louis, qui a intégré une école d’ingénieurs après une prépa scientifique, le dit sans ambages : "Il y a trop de monde en licence 1, parce qu’il n’y a pas de sélection." Il est vrai que certaines filières souffrent d’un problème de sureffectifs. Cependant, n’oubliez pas qu’à côté des cours d’amphi, les TD (travaux dirigés) et TP (travaux pratiques) vous permettent de travailler en petits groupes et de mieux vous connaître.

De plus, les effectifs diminuent graduellement entre la 1ère et la 3ème année de licence, puis en master. Schématiquement, on passe de promotion de 300 à 400 étudiants en 1ère année à une cinquantaine ou même parfois une poignée en master 2. Enfin, la taille de l’université a ses avantages : vous ne côtoyez pas toujours les mêmes personnes, et l’atmosphère est généralement plus détendue qu’en prépa ou en fac de médecine !

Des professeurs inaccessibles
Autre cliché sur la fac : les profs seraient inaccessibles et indifférents. Pas facile de nouer des relations directes avec un enseignant qui s’adresse à un amphi entier. En réalité, les enseignants sont le plus souvent prêts à répondre à vos questions. "Dès le début de l’année, les profs nous donnent leur e-mail, leur numéro de téléphone, et nous indiquent l’emplacement de leur bureau, raconte Audrey. Contrairement à ce que je croyais, ils sont très disponibles !"

Dimitri, en licence 3 de biologie à l’université de Tours, est d’avis que "si le suivi est limité au début, il augmente au fil du cursus avec la baisse des effectifs. Dans ma spécialité, la physiologie végétale, nous sommes 18 étudiants cette année. Au bout d’un moment, les professeurs nous appellent par notre prénom".

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Tous ces conseils et bien d’autres sont disponibles dans le livre de Thomas Fourquet "Que faire avec un bac S", 12,90€, aux éditions l’Etudiant.

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