1. Présidentielle 2017 : les étudiants en journalisme de Sciences po en live
Reportage

Présidentielle 2017 : les étudiants en journalisme de Sciences po en live

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Soirée électorale à l'école de journalisme de Sciences po : les étudiants ont assuré trois heures de direct, le 23 avril 2017. // © Natacha Lefauconnier
Soirée électorale à l'école de journalisme de Sciences po : les étudiants ont assuré trois heures de direct, le 23 avril 2017. // © Natacha Lefauconnier

Immersion - épisode 4. Les étudiants en master à l’école de journalisme de Sciences po se sont mobilisés pour assurer une soirée de direct sur l’élection présidentielle, dimanche 23 avril 2017. Parmi eux, les 14 membres de la team Twitter, qui ont traité l'information sur le réseau social.

L'ambiance est fièvreuse en ce dimanche 23 avril, premier tour de l'élection présidentielle 2017. La centaine d'étudiants de l'école de journalisme de Sciences po Paris réalisent leur première émission en direct. 

19 heures : c'est parti pour le premier direct des futurs journalistes ! Pour commencer, près d'une heure de pastilles tournées en amont du jour J, en alternance avec des directs depuis les QG des principaux candidats à l'élection présentielle. À 19h55, la salle de rédaction s'anime comme une ruche : plus que quelques minutes avant l'annonce des résultats provisoires. Les étudiants qui présentent le live relisent les différents scénarios de duos sur leurs fiches. 

À 20 heures, les résultats provisoires tombent : Emmanuel Macron et Marine Le Pen seront au second tour. L'émission poursuit son cours, entre réactions des militants, analyse politique sur le plateau et live tweets. Avec un petit moment d'incertitude, pendant la diffusion d'un reportage, pour l'étudiante qui assure la présentation du live : "Quoi ? dit-elle dans son oreillette. Vous êtes avec Emmanuel Macron au téléphone ?" Fausse alerte, c'était Natacha, la correpondante sciencepiste au QG du candidat ! Quelques rires se font entendre dans la salle de rédaction.

Innover en exploitant le format mobile

Parmi ces futurs journalistes, une équipe spéciale. Nom de code : la team Twitter. Dix filles et quatre garçons, qui se sont portés volontaires pour suivre la campagne présidentielle en mode mobile. Un projet initié juste avant les primaires de la droite, en novembre 2016, en partenariat avec Twitter, le réseau social qui gazouille sur la Toile en 140 signes. 

Ils ont suivi, outre les enseignements déjà proposés par leur école, une formation prodiguée par Twitter, notamment sur des outils non accessibles au grand public. "Il y a deux applis, explique Raphaël, 21 ans, en master 1. Avec le Mirror Challenger, la personne qu'on interviewe voit s'afficher une série de défis et doit réagir en direct, face caméra, en faisant un choix parmi ceux proposés". L'autre application, qu'ont davantage utilisé les futurs journalistes, est QNA (Question and Answer). "Les questions reliées à un hashtag sur Twitter nous arrivent dans cette appli. On pose alors la question à l'interviewé, qui a 30 secondes pour répondre."   

Une fois capables d'intégrer des tweets dans une vidéo ou d’utiliser le Twitter Mirror Challenger, ils ne leur restaient plus qu’à mettre en pratique leurs nouvelles connaissances. “L’objectif était qu’ils ne posent pas les mêmes questions que les médias traditionnels, mais qu’ils innovent en exploitant le format mobile”, explique Alice Antheaume, directrice de l’EDJ (école de journalisme) de Sciences po.

Au fond : Raphaël, étudiant de 21 ans en M1, prépare son intervention sur le hashtag #Avoté

Utiliser les réseaux sociaux de façon journalistique

Les étudiants doivent paramétrer les formats, les outils… et négocier de pouvoir poser leurs questions aux invités avant ou après les rencontres officielles organisées à Sciences po. “Cela fait partie du travail journalistique d’appeler les cabinets pour obtenir des accords. Et c’est d’autant moins facile quand on n’a pas de carte de presse et que les emplois du temps des politiques concernés sont très chargés”, appuie Alice Antheaume.

Ainsi, lorsque des candidats aux primaires, puis à la présidentielle, sont venus participer à des conférences à Sciences po ces derniers mois, trois à cinq étudiants de la Twitter team étaient présents, après une organisation préalable via leur groupe... Facebook ! "L'idée était de couvrir chaque événement sur Twitter, explique Raphaël. On avait 5 à 10 minutes avec l'intervenant. Les hommes politiques qu'on a vus avaient des difficultés à répondre en 30 secondes seulement. C'était plus facile avec les jeunes, comme les jeunes du groupe Les Républicains de Sciences po !"

Pour Léa, 21 ans, également en M1, faire partie de la team Twitter est un atout : "Cela permet d'utiliser beaucoup les réseaux sociaux comme un nouvel outil d'information journalistique. Par exemple, lorsque l'on va parler du taux d'absentation au scrutin d'aujourd'hui, on va expliquer comment on le calcule via un gif d'images qui se superposent", détaille l'étudiante. L'objectif est de contextualiser les informations tweetées, de manière à apporter une plus-value. "On fait vraiment un travail de journaliste, et pas de communicants qui ne font que live-tweeter", se réjouit la jeune femme.

"Faire partie de cette équipe m'a permis d'interviewer des intervenants auxquels je n'aurais pas eu accès autrement, ajoute Raphaël. Et j'aime bien quand ça va vite, la pression est stimulante, il faut savoir rebondir !"

En cette soirée d'élection présidentielle, Léa, 21 ans, s'occupe de prendre des photos et de les publier.

70.000 followers sur Twitter

C’est aussi une grande responsabilité qui est confiée à la team Twitter, puisque leurs contenus sont retransmis en direct sur le compte institutionnel de Sciences po, suivi par près de 70.000 followers. “Les étudiants doivent donc respecter le ton et la ligne éditoriale ou encore la façon de nommer les personnes”, souligne la directrice de l'EDJ.

En cette soirée électorale du premier tour de l’élection présidentielle, dimanche 23 avril 2017, ce sont trois heures de direct que doivent assurer les futurs journalistes. Une centaine d'élèves se sont mobilisés, sur le terrain ou dans la salle de rédaction de l'école. Le live stream est retransmis sur le site de Sciences po, sur Facebook et sur Twitter. 

Mais cette fois, la Twitter team n'a pas accès au compte officiel de Sciences po pour ses tweets, car une soirée politique se tient en parallèle en amphi Boutmy, dans les bâtiments rue Saint-Guillaume, à quelques centaines de mètres de la salle de rédaction. "On va tweeter depuis le compte de l'EDJ. Il ne compte que 750 abonnés, mais on est beaucoup plus libres !" reconnaît Léa.

À 22 heures, le direct prend fin, la pression se relâche. Du stress au rire, en passant par une expérience professionnelle en direct, voilà une soirée dont les étudiants de la team Twitter se souviendront... au moins quinze jours, jusqu'à leur prochain direct pour le second tour de l'élection !

En immersion à Sciences po

Vous voudriez savoir comment se passent concrètement les études à Sciences po ? Quelles sont les attentes des professeurs ? Le rythme de travail ? L’ambiance ? L'Etudiant vous raconte les grandes étapes de la vie des étudiants à l'IEP durant toute l’année 2016-2017.
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