Les débouchés des IEP tiennent-ils leurs promesses ?

Le nombre de candidats à l’entrée des IEP ne cesse de s’envoler. Cet engouement est-il justifié ? La formation et les débouchés sont-ils à la hauteur ? L’Etudiant a confronté les points de vue d’élèves, de jeunes diplômés, de directeurs d’IEP et de recruteurs pour vous aider à en juger.

Publié le , mis à jour le

Sciences po vous permettra-t-il de devenir député, haut fonctionnaire ou diplomate ? Il est vrai que cette filière constitue une voie royale pour accéder à ces fonctions. La haute administration regorge ainsi de diplômés d’IEP. Mais gare aux clichés ! Peu sont concernés par ces postes d’élite, et la fonction publique – même si elle reste un secteur d’insertion majeur, surtout la territoriale – n’est plus toujours le premier débouché des diplômés IEP.

Plus de choix qu’après une école de commerce

Désormais, 80 % des diplômés de Sciences po Paris travaillent dans le privé (les secteurs de l’audit-conseil, des médias et de la banque-finance en tête), 13 % dans les administrations publiques et 3 % dans l’enseignement et la recherche (voir l'infographie ci-dessous). À Lyon, un peu plus de 53 % des diplômés qui ont choisi de travailler dès la sortie de l’école s’insèrent dans le privé, donc un peu moins de 46 % dans le secteur public (les trois quarts à un poste de fonctionnaire de catégorie A).

“L’IEP mène à tout, à condition d’y entrer !” proclame sur son site Sciences po Bordeaux. La maxime est valable pour tous les IEP. Sorti en 2005 de celui de Rennes, Gaël, qui à 28 ans est consultant en service public, se réjouit que, parmi les diplômés, “on trouve un prof, un pilote de chasse, un directeur d’hôpital, un chargé de com’, un responsable dans l’humanitaire, des élus, etc.” Vous aurez en effet plus de choix qu’à l’issue d’une école de commerce et une insertion professionnelle rapide. À Paris, près de 94 % des sortants ayant décidé d’entrer dans la vie professionnelle – hors master affaires internationales – ont une activité professionnelle moins d’un an après l’obtention du diplôme, indique l’enquête insertion de l’institut. À l’IEP de Lyon, quelque 80% des diplômés occupent un emploi au bout de 6 mois (parmi les 61 % qui entrent directement sur le marché du travail).

Moins évident dans certaines filières

Néanmoins, certaines spécialisations ouvrent moins grand les portes vers l’emploi. Ainsi, le master affaires internationales de l’IEP parisien (transformé en école à la rentrée 2010) peine plus que les autres à placer ses diplômés. Un an après l’obtention du diplôme, ils étaient encore 20 % de la promo 2008 à rechercher un emploi.

Amal, par exemple, a terminé en 2007 le master relations internationales, parcours géopolitique et géostratégie, de l’IEP bordelais. “À la sortie, peu d’étudiants trouvaient un travail, ou bien au SMIC après cinq ans d’études !” témoigne-t-elle. “Après avoir fait mon stage aux Nations unies à Vienne, j’ai compris qu’il était très dur de trouver un emploi dans ce secteur et que j’aurais plus de chances d’entrer dans une organisation internationale si j’avais une expertise.”

Aussi a-t-elle décidé d’enchaîner sur un autre diplôme, celui de l’ESSEC. Résultat : elle s’est réorientée vers la finance et sait déjà qu’elle sera embauchée en CDI (contrat à durée indéterminée), une fois son cursus achevé en août 2011, à la Royal Bank of Scotland, à Londres.

Une bonne part des diplômés poursuivent des études

Comme Amal, beaucoup d’étudiants choisissent de continuer leurs études après l’IEP. Pour preuve, 30 % de ceux de la promotion 2008 de Sciences po Paris ont suivi une autre formation l’année suivante, ou préparé un concours. Ils étaient 40 % de la promo 2009 de l’IEP de Lyon (parmi eux, 12,5 % ont préparé un concours, 24 % se sont orientés vers des études de commerce, 15 % en journalisme, 7 % en droit, 11 % en doctorat, etc.). À Lille, un quart des étudiants se lancent dans une sixième année d’études.

“L’IEP n’est qu’une pierre dans un parcours, estime pour sa part Gaël, diplômé de l’institut de Rennes, qui a lui-même étoffé son parcours avec un master 2 à l’université Paris-Assas. À la sortie, certains ne savent pas ce qu’ils veulent faire ou ne souhaitent pas forcément rejoindre le marché du travail tout de suite, préférant par exemple passer une année à l’étranger”, ajoute-t-il.

Les recruteurs aussi apprécient un diplôme supplémentaire, à l’exemple de Vincent Nicot, chargé du recrutement et des relations écoles de Bouygues Construction : “Les profils Sciences po en contrôle de gestion, en finance ou en ressources humaines et communication m’intéressent, mais j’apprécie en effet quand ils ont une formation en plus, comme un mastère spécialisé pour les ressources humaines et la communication, ou un IAE [institut d’administration des entreprises] pour les secteurs gestion et finance.”
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Camille Stromboni,
Novembre 2010

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