DOSSIER : QUE VAUT VRAIMENT SCIENCES PO ?

Le nombre de candidats à l’entrée des IEP ne cesse de s’envoler. Cet engouement est-il justifié ? La formation et les débouchés sont-ils à la hauteur ? L’Etudiant a confronté les points de vue d’élèves, de jeunes diplômés, de directeurs d’IEP et de recruteurs pour vous aider à en juger.

Sciences po est-il vraiment accessible à tous les profils ?

Les IEP sont très actifs sur les politiques d’ouverture sociale, que ce soit par le biais de la procédure d’admission des conventions éducation prioritaire à Sciences po Paris pour certains lycéens de ZEP (zones d’éducation prioritaires), l’accompagnement des lycéens les plus défavorisés vers les concours avec la prépa IEPEI pour les 6 écoles du concours commun, ou les divers mécanismes d’aide à la préparation des concours dans les instituts de Bordeaux et de Grenoble. Résultat : on compte 22 % de boursiers à Lille, 25 % à Rennes, et 26 % à Paris (sur l’ensemble des étudiants français).

Des initiatives pour favoriser le brassage

“Il s’agit tout de même d’un milieu social très favorisé”, reconnaît Hadrien, fils d’enseignant, qui a suivi ses 3 premières années à l’IEP de Strasbourg. Louis, diplômé 2009 de l’IEP Paris a néanmoins été agréablement surpris. “J’avais la crainte d’être en vase clos avec des privilégiés”, se rappelle le jeune homme aujourd’hui journaliste (au Parisien, à “Mégalopolis”). “En fait, il y a des gens très divers. La voie d’admission sur mention très bien au bac fait aussi venir beaucoup de provinciaux, ce qui évite d’avoir seulement les Parisiens des mêmes lycées et des mêmes classes préparatoires”, souligne-t-il. “Les entrées parallèles tout au long des 5 années créent aussi du brassage”, explique Gaël, lui-même entré en deuxième année à Sciences po dont il est sorti diplômé en 2005 et aujourd’hui consultant en service public.

Une diversité favorisée aussi par des droits d’inscription en majorité moins élevés que dans les grandes écoles. Hormis les boursiers, exonérés dans tous les IEP, les étudiants paient de 600 à 1.200 € par an dans les huit instituts de province. Pour l’IEP parisien, qui dispose d’une grille de droits progressifs selon les revenus des parents, un élève pourra ne rien payer ou régler jusqu’à 8.900 € par an en licence et 12.500 € en master.
La grille des droits de scolarité de Sciences po Paris en 2011-2012

Pour les élèves français, le coût d'une année se situe entre 0€ et 9.300€ durant les trois premières années à l'IEP (au sein du Collège universitaire). En master, les droits de scolarité peuvent atteindre 13.000€.

Comment vous situer dans cette large fourchette ? Tout dépend du revenu de vos parents. Si vous êtes boursier c'est simple : 0€. Si le revenu (net imposable) annuel de votre foyer familial est compris entre 36.000€ et 48.000€ (pour une famille avec deux enfants, soit entre 12.000€ et 16.000€ par part fiscale), votre année au Collège universitaire vous coutera 540€. Si ce revenu atteint 200.000€, ce sera 9.300€. Voir la grille des droits de scolarité de l'IEP de Paris pour 2011-2012
Décembre 2010
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Camille Stromboni,
Novembre 2010

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