DOSSIER : RÉUSSIR LES ÉPREUVES D’ENTRÉE À SCIENCES PO
- Culture générale à Sciences po : "Apprenez les principales doctrines philosophiques"
- Épreuve sur documents à Sciences po : « S’entraîner est la clé du succès »
- Anglais à Sciences po : "Il faut acquérir des automatismes en grammaire"
- Histoire à Sciences po : "Il faut s’ouvrir à d’autres disciplines"
- Question contemporaine à Sciences po : "Faites attention au français"
En 2008, il y avait 3 100 candidats au concours d’entrée en première année de l’IEP de Paris, et 9 000 postulants aux instituts d’Aix, de Lille, de Lyon, de Rennes, de Strasbourg et de Toulouse. Mieux vaut donc être paré. Pour vous y aider, cinq profs de prépas prestigieuses donnent leurs conseils sur chacune des épreuves d’entrée.
Anglais à Sciences po : "Il faut acquérir des automatismes en grammaire"
Pour Patricia Barbe-Girault, tutrice à la prépa de la Documentation française, les élèves ont beaucoup trop de lacunes en grammaire, ce qui agace les correcteurs.Depuis qu’il n’y a plus de grammaire en anglais au bac, les lycéens ne prennent même plus le temps de mettre un "s" à la troisième personne du singulier. Et les correcteurs s’étranglent ! "Lorsque dans une copie, on lit : “The tourism”, alors que le mot est donné sans article dans le texte, voire dans les questions, ce n’est pas possible", s’indigne Patricia Barbe-Girault, tutrice pour la prépa en ligne de la Documentation française, mise en place avec Sciences po Paris.
Lire et synthétiser
Quelle que soit l’épreuve, il y a toujours une partie compréhension et une partie rédaction. Pour la première, il faut avoir l’habitude de lire en anglais et montrer son esprit de synthèse. Elle conseille pour cela de lire régulièrement la presse, comme les hebdomadaires Time et The Economist, et les quotidiens, comme The Guardian, The New York Times, International Herald Tribune. Pensez aussi à regarder CNN ou à écouter la radio anglaise.
Relire votre copie
Pour la rédaction, les compétences requises sont encore plus pointues. D’abord, il faut qu’un certain nombre d’automatismes soient acquis. Patricia Barbe-Girault suggère de potasser la Grammaire anglaise au lycée (éditions Ophrys), manuel bourré d’exercices. Pour le concours de Sciences po Paris, il y a un graphique à commenter. "Si vous paniquez, vous pouvez noter quelques mots ou expressions en français et les traduire", conseille-t-elle.
Mais c’est l’essai qui, selon elle, constitue la partie la plus importante de cette épreuve. Or les copies manquent souvent d’arguments, faute pour les élèves d’être suffisamment entraînés à bien les exprimer. "Certains écrivent beaucoup, mais c’est très dilué, c’est inintéressant. Il vaut mieux écrire un peu moins et que ce soit plus percutant", explique-t-elle.
L'entraînement fait la différence
Enfin, cette traductrice est formelle : il faut s’entraîner en temps réel, car beaucoup d’élèves rendent leur copie sans même se relire et ne voient pas les fautes les plus énormes. Autre erreur fréquente : faire du copier-coller à partir du texte donné dans le sujet. "C’est nous prendre pour des idiots !" se désole-t-elle. Enfin, n’abusez pas d’expressions apprises par cœur comme to put it in a nutshell ("en conclusion"), données à toutes les sauces. "On s’en lasse vite", note-t-elle avec un air désespéré. Et de conclure, sévère : "Le problème est qu’en terminale, les élèves sont surnotés et ne comprennent pas qu’avec un 14 au bac, ils auront 6 au concours de Sciences po." Bref, il faut bosser !
Sophie de Tarlé
Novembre 2008
Novembre 2008












