DOSSIER : RÉUSSIR LES ÉPREUVES D’ENTRÉE À SCIENCES PO
- Culture générale à Sciences po : "Apprenez les principales doctrines philosophiques"
- Épreuve sur documents à Sciences po : « S’entraîner est la clé du succès »
- Anglais à Sciences po : "Il faut acquérir des automatismes en grammaire"
- Histoire à Sciences po : "Il faut s’ouvrir à d’autres disciplines"
- Question contemporaine à Sciences po : "Faites attention au français"
En 2008, il y avait 3 100 candidats au concours d’entrée en première année de l’IEP de Paris, et 9 000 postulants aux instituts d’Aix, de Lille, de Lyon, de Rennes, de Strasbourg et de Toulouse. Mieux vaut donc être paré. Pour vous y aider, cinq profs de prépas prestigieuses donnent leurs conseils sur chacune des épreuves d’entrée.
Histoire à Sciences po : "Il faut s’ouvrir à d’autres disciplines"
Pour Olivier Milza, brillant professeur de l’ISTH, la difficulté est de parvenir à voir la continuité historique et culturelle au-delà des coupures chronologiques.Chez les Milza, on a l’histoire dans le sang. Pensez : c’est son père qui a créé avec Serge Berstein la fameuse trilogie Histoire du XXe siècle ! Pas étonnant, donc, qu’Olivier Milza tienne à préciser d’emblée que l’épreuve d’histoire de Sciences po n’a rien à voir avec celle du bac : "Pour le concours, il faut voir l’histoire dans sa continuité, par exemple en étudiant l’impérialisme américain, de Theodore Roosevelt à nos jours." Et d’ajouter cet autre exemple : "Beaucoup de Français sont étonnés par la religiosité de George W. Bush. En fait, les présidents américains se sont toujours inscrits dans une mission religieuse. Ils prêtent serment sur la Bible !"
L’épreuve est difficile
Heureusement, Olivier Milza a une botte secrète : "Décloisonner." Ce qui signifie ? "Quand on parle des années 1950 aux États-Unis, il ne faut pas se contenter de parler d’Eisenhower. On peut évoquer un film comme les Désaxés, de John Huston, où Clark Gable et Marilyn Monroe tuent leur ennui dans le Nevada et semblent espérer quelque chose…" raconte ce passionné de cinéma américain, qui ajoute : "Et ce quelque chose, ce sera bien sûr l’élection de J.-F. Kennedy et la conquête spatiale !"
La clé : faire des fiches
Il faut aussi essayer de comprendre. "Dans votre copie, vous devez vous mettre à la place des Allemands de 1925 pour expliquer comment ils ont pu voter pour Hitler en 1933. De même, on ne peut pas comprendre ce qui s’est passé en Irak si on ne connaît pas le mythe de l’homme providentiel", explique le prof.
Côté révisions, les fiches restent l’arme clé. "Rappelez-vous que la réussite en histoire dépend de votre capacité à gérer la paperasse." Si vous ne maîtrisez pas les faits, tout ce que vous ferez ensuite sera inutile. Et le devoir, faut-il le traiter en deux ou trois parties ? À vous de choisir : le principal est de dégager une problématique en développant des arguments présentés sous forme de deux ou trois thèmes. "Par exemple, pour un sujet sur la République de Weimar, on dira que les problèmes économiques des années 1930 débouchent sur une instabilité politique, et la montée des extrêmes. En conclusion, essayez de faire la synthèse, en élargissant le sujet (dans notre exemple, ce que va devenir l’Allemagne avec Hitler)." L’avantage, c’est qu’en histoire, vous connaissez la suite…
| La réforme du concours 2010 de Sciences po Paris Sciences po Paris a annoncé en octobre 2009 les nouvelles modalités de son concours d'entrée en première année. Pour l'épreuve d'histoire, une nouveauté : l'un des trois sujets de l'épreuve portera systématiquement sur la période de 1945 à nos jours. Voir notre dossier Sciences po Paris réforme son concours : les nouvelles règles du jeu et l'article consacré à l'épreuve d'histoire : Epreuve d’histoire à Sciences po Paris : plus de chances pour les bacheliers ?. Novembre 2009
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Sophie de Tarlé
Novembre 2008
Novembre 2008












