1. Erasmus+ : plus de quoi pour les étudiants ?
Décryptage

Erasmus+ : plus de quoi pour les étudiants ?

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Avec Erasmus+, la Commission européenne prévoit d'augmenter les fonds alloués au programme de 40 %. // © Phovoir
Avec Erasmus+, la Commission européenne prévoit d'augmenter les fonds alloués au programme de 40 %. // © Phovoir

Le programme d'échanges européen Erasmus devient Erasmus+. Un "plus" qui signifie des possibilités de départs accrues, des bourses fonction du niveau de vie des pays et la mise en place d'un accompagnement linguistique. Décryptage.

Pour cette nouvelle rentrée, Erasmus devient Erasmus+ (prononcez "Erasmus plus"). Au-delà de sa nouvelle appellation, le programme d'échanges de la Commission européenne affiche, pour la période 2014-2020, des objectifs ambitieux : notamment faire partir 2 millions d'étudiants en l'espace de six ans, alors qu'ils sont 3 millions à avoir profité d'Erasmus depuis sa création en 1987.

"Ce programme fonctionne bien, donc on continue et on accélère !", indique Nadia Gonthier, du département développement de l'A2E2F (Agence Europe-Éducation-Formation France), qui assure la gestion et la promotion d'Erasmus+. Pour cela, la Commission européenne prévoit d'augmenter de 40 % les fonds alloués au programme. "Nous avons souvent entendu qu'Erasmus n'était pas assez démocratisé. Cet effort permettra donc de faire partir un plus grand nombre de jeunes", souligne Nadia Gonthier.

Des montants de bourses modulables

Se loger pour le même prix à Londres, la capitale la plus chère d'Europe, ou à Bucarest, en Roumanie ? Évidemment, c'est impossible. En Europe, le coût de la vie n'est pas partout le même et, jusque-là, le programme Erasmus ne tenait pas compte de cette réalité : la bourse d'études était de 160 € par mois et par étudiant. Seules l'université ou l'école, qui reçoivent l'enveloppe de bourses, avaient la possibilité, ensuite, d'accroître le montant de la bourse en fonction de leurs propres critères. Erasmus+ vient corriger cela.

Désormais, les pays d'Europe sont regroupés en trois entités. Les étudiants qui se rendront dans des pays où le coût de la vie est élevé bénéficieront d'une bourse plus importante. Pour ceux qui partent dans un pays du premier groupe (Autriche, Danemark, Finlande, Irlande, Italie, Lichtenstein, Norvège, Royaume-Uni, Suède), la bourse sera comprise entre 200 et 300 € par mois pour une mobilité d'études (et entre 350 et 450 € pour un stage). Les étudiants concernés par les deux autres groupes toucheront entre 150 et 250 €.

Bien sûr, les établissements auront toujours la possibilité d'augmenter ces montants en fonction de leurs critères, et avec le soutien des collectivités. Enfin, si vous habitez outre-mer, notez que les bourses seront encore plus importantes : elles s'échelonneront de 650 à 700 €, sans compter que les frais de voyage pourront également être pris en charge.

Une multiplication des possibilités de séjour

Vous êtes déjà parti en échange universitaire et vous aimeriez revivre cette expérience ? Avec l'ancien programme, vous ne pouviez partir qu'une fois pour étudier, et une fois pour effectuer un stage, tout au long de votre cursus, pour une durée maximale de douze mois. Nouveauté avec Erasmus+, vous pouvez désormais partir en mobilité pendant douze mois non consécutifs, et ce pour chaque cycle d'études.

En pratique, un étudiant de licence pourra donc effectuer six mois en L2 (licence 2) puis six mois en L3. Avant de s'envoler à nouveau en master ! C'est un avantage important pour les cursus où la maîtrise de plusieurs langues est exigée.

Camille, 19 ans, en deuxième année de licence LEA (langues étrangères appliquées) à l'université de Savoie, a effectué, l'an dernier, un semestre à l'université de Turin en Italie. Cette année, elle passera un an en Espagne, à Madrid, pour achever sa licence : après six mois d'études, elle y restera six mois en stage (sans bourse, cette fois, car elle aura épuisé son quota de douze mois). "Partir à l'étranger plusieurs fois permet d'améliorer plusieurs langues, dans mon cas l'italien et l'espagnol. Dans l'ancien dispositif, j'aurais dû en privilégier une", s'enthousiasme Camille, qui envisage déjà de poursuivre son master à l'étranger.

À noter : la mobilité, comme auparavant, se fait à compter de la L2 et doit être au minimum de trois mois. Du côté pratique, les démarches auprès de votre établissement ne changent pas et votre mobilité d'études est toujours reconnue pour l'obtention du diplôme en France grâce aux ECTS (European Credits Transfer System), système de points cumulables pour obtenir son diplôme. Par exemple, une licence vaut 60 ECTS.

Un accompagnement linguistique

Vous avez votre destination, et vous trouvez que votre niveau en langue n'est pas suffisant ? Pour que la langue ne soit plus un frein, la Commission européenne mettra en place, d'ici à la fin 2014, une plate-forme linguistique accessible sur le Web. Son objectif : que les étudiants passent un test dans la langue de leur pays d'accueil avant et après leur mobilité.

"Ce test est obligatoire, mais non sanctionnant. Si l'étudiant n'obtient pas de bons résultats, il partira quand même !", précise Nadia Gonthier. Ainsi, avant votre départ, vous pourrez évaluer votre niveau, mais également, si nécessaire, suivre des cours en ligne gratuits sur la plate-forme.

Les langues disponibles seront uniquement des langues de travail : l'allemand, l'anglais, l'espagnol, le français, l'italien et le néerlandais. Pour les autres langues, chaque établissement devra puiser dans son enveloppe Erasmus+ pour financer des cours à ses étudiants et ainsi les accompagner dans leur mobilité.

Erasmus et la Confédération helvétique
Si vous vouliez parfaire votre accent suisse, il faudra abandonner l'idée d'un échange chez nos voisins helvètes. Du moins pour l'instant. Les étudiants suisses qui souhaitent étudier en Europe ne bénéficieront plus de bourses dans le cadre d'Erasmus+ (2.400 d'entre eux en avaient profité en 2012). Il en sera de même pour les Français qui veulent étudier dans la Confédération. En cause, une décision de la Commission européenne de suspendre certains accords avec la Suisse, suite à la votation de février 2014, qui y limite l'immigration.