1. Fasciné par le Japon ? Ce qu'il faut savoir avant de partir y étudier
Décryptage

Fasciné par le Japon ? Ce qu'il faut savoir avant de partir y étudier

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Fasciné par le Japon ? Ce qu'il faut savoir avant de partir y étudier // © Fotolia
Fasciné par le Japon ? Ce qu'il faut savoir avant de partir y étudier // © Fotolia

La riche culture et l'exubérance high-tech de l'archipel ont de quoi séduire. Mais attention : ses habitants parlent peu de langues étrangères et les cursus en anglais y sont rares. Mieux vaut déjà connaître le japonais pour profiter au mieux d'un séjour d'études dans ce pays surprenant et attachant, présenté dans cet extrait de l'ouvrage “Partir étudier à l'étranger” de Sophie Collet.

Avec plus de 800 conventions universitaires signées avec des établissements français, le Japon, destination si exotique, n'est pas inaccessible. Des villes à l'architecture avant-gardiste, une jeunesse au look de manga… Le pays évoque une modernité débridée, qui contraste pourtant avec ses traditions ancrées dans une longue histoire.

Une civilisation riche et déroutante

“Ici, j'aime les gens ! résume Vanessa, enthousiaste, après un an au Japon. Je me sens ailleurs tous les jours. Le Japon est un pays à la fois très surprenant et attachant, même si la barrière de la langue rend les débuts difficiles.”

Les Japonais parlent peu de langues étrangères. Même l'anglais reste à peine employé. Parler la langue nippone devient alors un impératif pour pouvoir se faire comprendre. “J'ignore pourquoi, mais même le langage des signes ne fonctionne pas !” plaisante Vanessa. Et lorsqu'il s'agit de payer ses factures ou de choisir un forfait de téléphone, mieux vaut savoir déchiffrer les kanji, les caractères japonais…

Un protectionnisme historique

Avant de connaître une ascension économique fulgurante après la Seconde Guerre mondiale, le Japon ne s'était ouvert au monde que depuis un siècle. Avant 1853, le pays pratiquait en effet une politique isolationniste, le sakoku, qui prohibait toute influence étrangère.

Aujourd'hui, il garde encore une identité très forte, dont les codes sont difficiles à déchiffrer. Pour autant, vous ne serez pas mal accueilli. “Les Japonais ont un sens du service poussé à l'extrême, juge Vanessa. Ne pas pouvoir vous aider les gêne profondément.”

Lire aussi le témoignage de Margaux : “Ma vie d'étudiante à Tokyo”

Des débuts difficiles si on ne parle pas japonais

Contrairement aux étudiants en mobilité individuelle, ceux qui partent en échange n'ont pas toujours à justifier de leur niveau de japonais. Mais si vous postulez à une bourse, attendez-vous à devoir justifier de votre niveau de langue.

Vanessa est partie dans le cadre de son master de sciences politiques à l'université Paris-1. “J'ai été poussée par le responsable des relations internationales de ma fac, alors que je ne parlais pas un mot de japonais. À l'arrivée, je me suis rendu compte que de nombreux autres étudiants en échange étaient dans ma situation.” Mais la jeune Parisienne avertit : “Les débuts ont été difficiles. J'ai été limitée dans le choix de mes cours, car très peu de programmes sont proposés en anglais à l'université de Kobé. Heureusement, nous avions douze heures de cours de japonais par semaine, qui étaient d'excellente qualité. Au bout de quelques mois, je pouvais me débrouiller dans ma vie quotidienne, mais toujours pas suivre un seul cours en japonais.

Pour éviter ce problème, les étudiants qui souhaitent effectuer leurs études supérieures dans le pays hors programme d'échanges doivent passer un examen de japonais. On en compte deux, le Japanese Language Proficiency Test, pour lequel une session d'examens est organisée chaque année à Paris, et l'EJU (Examination for Japanese University Admission for International Students), que l'on ne peut passer que sur place. Il convient de se renseigner au préalable sur les garanties demandées par l'université d'accueil.

Pour en savoir plus, consultez :

• le site (en anglais) du Japanese Language Proficiency Test ;
• le site de JASSO, l'Organisation des services étudiants du Japon, qui indique tout sur l'EJU (en anglais).

Bon à savoir : l'année universitaire japonaise commence en avril dans la plupart des établissements.

Des études onéreuses et un coût de la vie élevé

À vos portefeuilles ! Une année au Japon ne s'improvise pas, ni d'un point de vue administratif ni d'un point de vue financier. Si vous partez individuellement, hors accord d'échanges, vous devrez débourser entre 3.500 et 15.000 € de frais de scolarité annuels. Mais, même si vous bénéficiez d'un accord d'échanges, des études au Japon vous reviendront cher.

Hors loyer, Vanessa estime son budget mensuel à 700 € à Kobé. “J'ai eu de la chance, car j'ai été logée avec d'autres étudiants internationaux, surtout des Chinois et des Coréens, dans une résidence étudiante de Kobé pour un loyer de 100 € ! Une de mes camarades françaises, elle, paye 450 € pour un petit studio de 12 mètres carrés.”

Peu de bourses sont disponibles

Le gouvernement japonais offre une bourse d'études et de recherche très avantageuse, la bourse Monbukagakusho, plus connue sous le nom raccourci de Monbusho. Son montant s'élève à 1.100 € mensuels environ (152.000 à 155.000 yens), les billets d'avion sont remboursés et les étudiants sont exemptés de frais de scolarité. Chaque année, une vingtaine d'étudiants français ont été sélectionnés pour en bénéficier.

Pour en savoir plus, consultez le site de l'ambassade du Japon en France, rubrique “Éducation”.

Vanessa, elle, a sollicité l'aide de la région Île-de-France. “Je touchais 420 € par mois, cela m'a beaucoup aidée”, explique-t-elle. Le site de l'ambassade de France au Japon recense aussi d'autres bourses délivrées par des fondations privées.

POUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux Éditions de l'Etudiant :
Partir étudier à l'étranger”,
par Sophie Collet.