DOSSIER : INSERTION PROFESSIONNELLE DES INGÉNIEURS : COMMENT DÉBUTER SA CARRIÈRE À L'ÉTRANGER
Vous êtes ingénieur et avez des envies d’international ? Votre diplôme peut vous ouvrir des portes. Environ 15 % des jeunes ingénieurs trouvent ainsi leur premier emploi à l’étranger. Mais encore faut-il s’y préparer en amont. Quelles formations sont les plus porteuses ? Comment mettre toutes les chances de votre côté ? Quelles sont les opportunités offertes à l’international ? Salaire, responsabilités, type de contrat… Autant d’éléments à prendre en compte avant de partir, même si l’attirance pour un pays ou le goût de l’exotisme restent souvent les premières motivations.
Ingénieurs : les écoles, les secteurs et les compétences pour travailler à l’étranger
| Les écoles à vocation européenne ou internationale |
Qu’elles recrutent au niveau bac ou bac+2, les écoles qui affichent les plus forts taux de premier emploi à l’étranger sont celles qui fondent leur projet sur l’international. "Nos étudiants ont vocation à travailler dans les pays en développement : les débouchés sont là", affirme ainsi Marie-Pierre Guerra, responsable des relations entreprises à l’ISTOM (École supérieure d’agro-développement international) dont 67 % des diplômés 2009 ont trouvé leur premier emploi à l’étranger. Autres exemples, l’EEIGM (École européenne d’ingénieurs en génie des matériaux) et l’ECPM (École européenne de chimie, polymères et matériaux), tournées vers l’Europe, ont inséré respectivement 44 % (promo 2010) et 40 % (promo 2009) de leurs diplômés à l’étranger.
| Les secteurs porteurs |
Le biomédical a aussi offert en 2009 des opportunités à 31 % des diplômés de l’ESIL (École supérieure d’ingénieurs de Luminy) et de l’ISIFC (Institut supérieur d’ingénieurs de Franche-Comté).
Un taux qui a atteint 52 % pour l’ENSTBB (École nationale supérieure de technologie des biomolécules de Bordeaux) en 2010. De grands groupes pharmaceutiques implantés en Suisse et en Belgique recrutent de nombreux diplômés de l’ENSTBB. En outre, dans ce domaine, "les entreprises françaises font moins confiance aux jeunes diplômés que les entreprises étrangères : celles-ci ne demandent pas systématiquement d’avoir deux ans d’expérience…", explique Patricia Costaglioli, responsable de l’Observatoire de l’emploi de l’ENSTBB.
Le bâtiment fait également partie des secteurs porteurs à l’international. 32 % des diplômés 2010 de l’ENPC-École des ponts ParisTech ont trouvé un premier poste à l’étranger. La plupart sont embauchés sur de grands projets d’infrastructures, notamment en Europe de l’Est, comme chef de projet ou assistant chef de projet, mais aussi dans les pays émergents qui ont besoin de personnels ayant à la fois une formation technique et des compétences managériales pour coordonner les ingénieurs locaux.
De leur côté, les diplômés plutôt attirés par la finance se font recruter, sans trop de difficultés aujourd’hui, dans de grandes banques, essentiellement à Londres ou aux États-Unis.
L’agro-développement, davantage orienté vers les pays en développement ou émergents, ouvre pour sa part aux métiers de l’accompagnement des filières agricoles (consultants, experts en bureaux d’étude), des agrofournitures (R&D, ingénieurs technico-commerciaux), du négoce des produits tropicaux à l’international et de l’agroalimentaire (responsable production, transformation, qualité).
Enfin, le domaine des matériaux est relativement exportable, non seulement parce que les entreprises d’accueil traditionnelles (automobile, aéronautique, industrie chimique, métallurgie) sont des multinationales, mais aussi parce que "les matériaux concernent aujourd’hui des entreprises très diverses, souligne Brigitte Jamart, directrice de l’EEIGM, notamment en lien avec le développement durable et les énergies renouvelables".
| Les compétences nécessaires pour partir : maîtrise des langues et expérience internationale |
Si un bon niveau d’anglais académique est "indispensable", confirme Patricia Costaglioli, responsable de l’Observatoire de l’emploi de l’ENSTBB, connaître les habitudes de travail dans les pays compte également. D’où l’importance d’avoir effectué au moins un stage à l’étranger. "Outre la mobilité dont cela témoigne, explique-t-elle, il est essentiel d’avoir une expérience de réunions en anglais, d’un autre type de hiérarchie et d’organisation que le seul modèle franco-français".
Partir sur différents continents. Sur les grands chantiers internationaux, "les entreprises valorisent l’expérience internationale, mais pas le pays précis où les étudiants sont allés", relève Victor Gomez-Frias, directeur adjoint de l’enseignement de l’ENPC. En revanche, certains métiers demandent une connaissance plus spécifique d’une culture. C’est pourquoi l’ISTOM incite ses élèves à partir sur des continents différents pour "acquérir une ouverture d’esprit, ne pas rester centré sur une seule zone", insiste Marie-Pierre Guerra, responsable des relations entreprises. "Les recruteurs recherchent parfois quelqu’un qui a séjourné dans le pays ou au moins sur le continent quand le poste demande de connaître un peu les mentalités".
Établir le contact sur place. En outre, si un stage de fin d’études débouche parfois directement sur un emploi, être présent sur place facilite surtout le contact avec les autres entreprises locales. Sans compter que, dans des pays comme les États-Unis, il est difficile d’obtenir un poste si l’on n’a pas déjà un visa. Et le problème est résolu si vous y avez déjà effectué un stage.
| Doubles diplômes : un atout supplémentaire |
Sophie Blitman
Mai 2011
Mai 2011














