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International : bien choisir son double diplôme

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Dans le cadre d'un double diplôme, le séjour dans le pays partenaire est plus long qu'une mobilité classique. // © plainpicture/Westend61/Marco Govel
Dans le cadre d'un double diplôme, le séjour dans le pays partenaire est plus long qu'une mobilité classique. // © plainpicture/Westend61/Marco Govel

Ces dernières années les écoles et les universités ont multiplié les partenariats avec de nombreux pays étrangers. Dans certains cas, elles permettent même à leurs recrues de valider un double diplôme avec l’établissement d’accueil. Une formule attractive mais exigeante.

Un investissement personnel important

Dans le cadre d'un double diplôme, le séjour dans le pays partenaire est plus long qu'une mobilité classique. À Centrale Lyon, par exemple, il durera deux ans contre trois à six mois pour un échange. De quoi s'immerger vraiment dans un autre système de formation. "Cela suppose beaucoup de travail et des d'efforts pour s'intégrer", souligne Jeanne Duvallet, vice-présidente des relations internationales de Grenoble INP.

Avec Erasmus, par exemple, le programme de l'établissement d'origine reste la référence. Le participant sélectionne ses cours à l'étranger en fonction des matières exigées dans son cursus initial. Cela lui permet d'obtenir des équivalences pour sa licence ou son master en France.

Dans un double diplôme, il s'agit de décrocher la reconnaissance de l'université d'accueil. Les jeunes en mobilité seront alors considérés comme des étudiants locaux, et évalués selon les mêmes critères. Bon à savoir : dans certains établissements, le double diplôme entraîne un allongement de la scolarité d'un ou deux semestres.

Une question de projet

"Le double diplôme est une garantie de sérieux. Il matérialise sur un CV la capacité à s'expatrier, observe Anne-Catherine Guitard, directrice du développement international de Kedge Business School. Cependant, il faut bien se demander ce que l'on recherche. Certains étudiants préfèrent par exemple vivre deux expériences dans deux pays différents."

Si vous souhaitez négocier avec des interlocuteurs de tous horizons depuis un service basé en France, il sera précieux en effet d'avoir varié les destinations au cours de vos études. En revanche, si vous souhaitez travailler en Allemagne, aux États-Unis ou au Japon, le double diplôme jouera le rôle de sésame. En plus d'afficher un label reconnu par les recruteurs locaux, vous aurez eu le temps de tisser un réseau sur place.

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Des coûts à anticiper

Beaucoup d'accords de doubles diplômes supposent de payer les droits d'inscription dans l'Hexagone seulement. Si vous partez avec Kedge Business School, Grenoble INP ou Centrale Lyon, par exemple, vous n'aurez pas à vous acquitter de frais supplémentaires dans l'établissement d'accueil. Mais ce n'est pas une règle universelle, renseignez-vous bien en amont.

À Sciences po, par exemple, la première année de master, qui se déroule à Paris, sera facturée rue Saint-Guillaume. Pour la deuxième année, à l'étranger, les inscrits s'acquitteront de leurs droits dans l'université partenaire, ce qui peut radicalement changer la note pour certaines destinations où le coût des études est onéreux, comme les États-Unis (33.215 dollars par an en moyenne, d'après l'étude "Value of Education" d'HSBC en 2016).

Renseignez-vous aussi sur les frais quotidiens auprès d'anciens. "Le budget à prévoir sera très différent selon que vous partez au Portugal ou dans le centre-ville de Londres", rappelle Anne-Catherine Guitard.

Un accès sélectif

"Nous avons une centaine d'accords de double diplôme et dix à vingt places par partenaire, précise-t-on aux admissions de Sciences po. Il arrive que nous recevions près de 300 candidatures pour un seul parcours". Bien sûr, toutes les procédures ne seront pas si compétitives. Ceci dit, même si le choix se fait une fois l'école intégrée, il faudra montrer patte blanche.

Dans les formations d'ingénieur ou de management post-prépas, c'est au cours de la première des trois années d'études que se décident les départs en double diplôme. "Ce sont des parcours destinés aux meilleurs étudiants. Leur attitude générale est aussi fondamentale car nous les considérons comme nos ambassadeurs à l'étranger", explique Magali Phaner-Goutorbe, directrice des relations internationales à Centrale Lyon. À leur dossier scolaire, les candidats devront joindre une lettre de motivation et des recommandations de professeurs. "Sur les 120 à 150 demandes reçues, nous en sélectionnons une petite centaine chaque année."

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Des prérequis à anticiper

"Chez Kedge, certains de nos programmes imposent le double diplôme comme EBP International. D'autres le proposent seulement, comme l'International BBA, par exemple", explique Anne-Catherine Guitard. Dans le premier cas, vous devrez donc mûrir votre projet en amont de votre intégration alors que vous aurez une marge d'une année d'études dans le second cas.

Mais ne tardez pas trop non plus : "Certains établissements exigent des prérequis, en civilisation pour les États-Unis, ou en langues, pour la Chine, ce qui suppose de suivre un certain nombre de cours avant le départ". Au-delà de ces connaissances à valider, il faudra aussi compter avec le temps de l'information et des formalités administratives.

Une formule en vogue

Dans la dernière enquête de la Conférence des grandes écoles (CGE) sur la mobilité, en 2015, près de 5.900 élèves ingénieurs et managers préparaient un double diplôme sur les 26.000 inscrits partis étudier à l'étranger. Soit une proportion de près de 23 % des flux sortants contre seulement 17 % dans les chiffres 2013.