1. Ma vie d'étudiant à Moscou : Alexis, en master à Centrale Nantes
Portrait

Ma vie d'étudiant à Moscou : Alexis, en master à Centrale Nantes

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À Moscou, Alexis profite à fond de la vie culturelle et notamment du théâtre Bolchoï, dont l'entrée est gratuite pour les étudiants. Il chante lui-même dans le chœur de l'université. // © Marc Bonneville pour l'Étudiant
À Moscou, Alexis profite à fond de la vie culturelle et notamment du théâtre Bolchoï, dont l'entrée est gratuite pour les étudiants. Il chante lui-même dans le chœur de l'université. // © Marc Bonneville pour l'Étudiant

Étudiant à Centrale Nantes, Alexis a choisi de préparer un double diplôme en Russie, à l’université technique d’État Bauman de Moscou. Il nous raconte son quotidien.

La Russie, un grand pays, et une destination atypique pour les étudiants. Avec son double diplôme préparé à l'université Bauman de Moscou, Alexis, 23 ans, est une exception. À Centrale Nantes, il était déjà seul de sa promotion à étudier le russe, langue dite "rare", bien que 280.000 millions de personnes la parlent à travers le monde. "J'ai toujours été fasciné par la Russie, son histoire, sa littérature", confie-t-il.

Pour gagner son ticket d'entrée, Alexis a dû s'armer de patience. "La bureaucratie est un peu lourde, mais on finit toujours par obtenir ce qu'on veut, ob­serve-t-il. Tout est compliqué, les distances sont plus longues, les adresses, impossibles à trouver, mais ça ajoute au charme, cha­que jour est une aventure !"

De la résidence à la coloc

Le jeune homme, comme tous les étudiants étrangers, s'est vu attribuer une place en résidence universitaire. "C'est bon marché, et avoir un point de chute en arrivant me rassurait. Chercher un logement quand on ne maîtrise pas la langue relève presque de l'impossible", assure Alexis. Il a cependant déménagé au bout de deux mois pour s'installer en colocation avec un ami russe, rencontré à Centrale Nantes. "Les loyers sont relativement chers, explique-t-il, mais les Moscovites demandent peu de garanties."

Alexis habite à deux pas de l'université Bauman, une école d'ingénieurs version slave située dans le centre de Moscou. S'il y a peu de Français parmi les étudiants, l'établissement accueille cependant beaucoup d'étrangers, issus notamment des pays de l'ex-URSS. "C'était l'université technique la plus prestigieuse à l'ère soviétique, et elle continue d'attirer les étudiants", indique-t-il.

Une formation old school

Les étudiants en master sont répartis en petits groupes. L'enseignement se déroule sur un mode traditionnel, à l'aide d'un tableau noir et peu de supports numériques. "Le premier cours, j'étais largué, raconte Alexis. Dès que je réussissais à entendre un mot, je cherchais sa signification sur mon téléphone. J'ai essayé une fois d'enregistrer un cours, mais c'est laborieux ; ce qui marche le mieux, c'est de photographier les notes d'autres étudiants."

La bonne surprise, pour Alexis, concerne les examens : "Tout se passe à l'oral ; on pioche un billet avec une question, et on a entre trente minutes et une heure pour écrire la réponse. Il peut y avoir beaucoup de questions, mais comme on les a toutes vues en cours, ça laisse peu de place à l'incertitude."

Za zdorovie* !

L'étudiant a été ému par l'accueil des Russes : "Ils sont très amicaux, bienveillants." Il s'est ainsi vite fait des amis, chez lesquels il est régulièrement invité. "Une soirée typique commence vers 18 heures et se construit autour de la nourriture, note-t-il. La cuisine russe est simple et bonne." Et, maintenant qu'il a un appartement, il peut retourner les invitations. "Je leur fais tester des spécialités françaises, qui ont pas mal de succès."

Mais, pour vraiment goûter au mode de vie à la russe, Alexis re­commande l'expérience de la datcha, la maison de campagne traditionnelle : "Les Russes courent la semaine et vont s'y reposer le week-end." La petite habitation est munie d'un bania, un sauna à près de 100 degrés. "On y passe quelques minutes, suivies d'un choc thermique [douche froide ou plongeon dans la neige pour les plus courageux, NDLR], et on recommence", précise-t-il. Détente garantie.

Quelques mois à peine auront suffi à Alexis pour adopter le rythme moscovite. Au point qu'il pense rester en Russie après son double diplôme pour y débuter sa carrière.

* Za zdorovie : ce terme russe signifie "à ta santé". Le toast est une grande tradition en Russie... sans qu'on doive forcément casser son verre après !


Avant de partir...
Souscrivez au programme d'assurance de votre ville d'accueil. C'est obligatoire pour obtenir votre visa. Coût : de 80 à 200 € selon la ville.

Testez votre niveau en russe. Le test officiel est le TRKI (TORFL en anglais pour "Test of Russian As a Foreign Language"). Le niveau 1 (il y en a quatre) est exigé pour l'entrée à l'université, où la plupart des cours sont en VO.

Demandez un visa d'études plusieurs mois à l'avance. Vous devez présenter une lettre d'invitation de l'université pouvant mettre huit semaines à arriver, votre passeport, la demande de visa remplie (coût : 61 €), une photo récente, l'original d'une police d'assurance médicale et un test VIH négatif datant de moins de trois mois.
vhs-france.com

Sur place...
Système d'études
La licence est délivrée après quatre années d'études, et le grade de spécialiste, un an plus tard. Celui-ci permet de continuer en maîtrise (deux ans) pour ceux qui visent des postes de cadres de haut niveau ou en doctorat (trois ans au minimum).

Budget
- Comptez entre 350 € (en habitant en résidence universitaire) et 700 € par mois.
- 1 € égale 75 roubles. Le cours du rouble varie beaucoup et peut impacter le pouvoir d'achat, dans un sens comme dans l'autre, une fluctuation très présente dans la vie quotidienne des Russes.

Logement
- De 40 à 80 € par mois en résidence universitaire (chambre partagée avec un ou deux étudiants).
- 500 € pour une colocation à Moscou.
- Annonces immobilières en russe avec filtres (distance au métro...) pour les trier.
cian.ru

Nourriture
Deux fois moins chère qu'en France, sauf pour les produits importés.
Par exemple, 2 € la portion de pelmenis (raviolis traditionnels fourrés à la viande).

Transport
- Y aller : environ 450 € avec Air France le vol aller-retour (3 h 45 un Paris-Moscou) ; moins de 200 € avec des compagnies low-cost.
- Sur place : moins de 1 € (50 roubles) le ticket de métro ; moins de 5 € (350 roubles) la carte mensuelle au tarif étudiant.
engl.mosmetro.ru

Téléphone et Internet
10 € par mois, nombreux opérateurs mobiles.