1. Ma vie d’étudiant à Munich : Augustin trinque un peu et apprend énormément
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Ma vie d’étudiant à Munich : Augustin trinque un peu et apprend énormément

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Sur la terrasse du toit de l’université, Augustin a une belle vue sur Munich et ses clochers d’églises. // © Delphine Dauvergne
Sur la terrasse du toit de l’université, Augustin a une belle vue sur Munich et ses clochers d’églises. // © Delphine Dauvergne

Étudiant à GEM (Grenoble École de management), Augustin, 23 ans, a choisi Munich pour son université réputée, mais aussi son accueil chaleureux et son cadre paisible.

"À Munich, l'ambiance est très conviviale mais la ville est aussi un havre de paix", présente Augustin, 23 ans, parti une année universitaire en Allemagne, en Erasmus+, pendant sa 3e année du programme grandes écoles de GEM (Grenoble École de Management). "Ici, la courtoisie est exemplaire. Un matin, à 7 heures, un homme nous a accompagnés jusqu'à un bâtiment de notre campus alors qu'il était en route pour aller travailler", raconte Augustin. Autre anecdote dont il se souvient : "un jour, une mamie m'a empêché de traverser car le bonhomme n'était pas vert !"

Munich se targue d'avoir la zone piétonne la plus vaste d'Europe. Augustin circule d'ailleurs principalement à pied. "La cité bavaroise est à taille humaine. On peut aller d'un point à l'autre sans faire une heure de transport", apprécie-t-il. Bien desservie, avec ses huit lignes de métro (l'équivalent du RER parisien), un tram, des bus, Munich est aussi envahie par les vélos.

Des études exigeantes

Augustin suit ses cours à la Technische Universität, une université scientifique réputée en Allemagne, qui enseigne la médecine, les sciences économiques ou encore l'agroalimentaire et brasserie. Le rythme est soutenu, l'étudiant français est généralement en classe de 9h à 17h.

Il est libre du choix de ses enseignements, du moment qu'ils appartiennent au département consacré au management. Au premier semestre, il a choisi des cours en anglais, parmi lesquels la modélisation financière ou encore les activités bancaires et gestion des risques.

Pour la seconde partie de l'année, il envisage de suivre des cours dans la langue de Goethe. "Avant de venir ici, j'avais un niveau "scolaire" en allemand, mais je m'améliore. On apprend jamais mieux qu'en étant sur place et en parlant tous les jours", affirme Augustin. L'étudiant a même fait du zèle pendant ses vacances de mars en suivant trois heures par jour de cours intensifs d'allemand dans un organisme privé.

"La pédagogie est la même qu'en France, avec des cours magistraux et des travaux dirigés, mais nous étudions des cas pratiques issus ou appliqués à l'industrie locale, qu'ils soient réels ou fictifs", détaille Augustin. Le Français a plutôt été "surpris par l'intensité du travail à fournir. Il y a beaucoup plus de choses à travailler qu'en France, où la sélection s'effectue avant l'entrée en école de commerce.

Dès le mois de novembre, tous les étudiants révisent à la bibliothèque comme si les épreuves étaient programmées deux semaines plus tard !" Il faut savoir que, lors des examens les professeurs classent les copies des étudiants de la meilleure à la moins bonne et les notes sont attribuées en fonction de la place dans le classement, comme dans un concours. "Je me suis adapté à leur rythme, même si en parallèle je voyais mes camarades de classe partis en Espagne poster leurs photos de plage sur Facebook...", se rappelle-t-il.

Point noir : le logement

"Le seul point négatif de Munich : c'est hyper dur de trouver un logement. Je connais des étudiants étrangers qui ont mis plus de deux mois...", avertit-il. Dès le début du mois de septembre, le jeune Français avait entamé ses recherches, en allant notamment sur le site Internet wg-gesucht.de. Il a trouvé une colocation avec trois Allemands. Il paie ainsi 335 € par mois pour une chambre de 12m2, située à 20 minutes en transports en commun du centre et de l'université. "Je ne voulais pas me retrouver tout seul, ou avec des Français. Je voulais parler allemand. Cette colocation est donc parfaite. Cela m'a beaucoup aidé pour m'acclimater", se félicite-t-il.

L'étudiant dépense également 146 € par semestre pour sa carte de transports, 40 € par semaine pour ses courses, même s'il mange souvent au restaurant universitaire le midi, où le repas coûte entre 3 et 4 €. Il compte également 50 € pour ses sorties chaque week-end. "Je me permets plus de petits restos qu'à Paris. Ici, on peut manger très correctement pour 10-12 €", argumente-t-il.

En plus de la bourse Erasmus+, dont il a touché 700 € au premier semestre, Augustin finance son séjour grâce à ses économies réalisées pendant son stage en France mais aussi avec l'aide financière de ses parents. L'étudiant envisage de se trouver un petit boulot, en donnant des cours de français. "À la fin du séjour, je recevrai peut-être encore 200 € de la bourse Erasmus+ si je fournis une attestation de présence, prouvant que je n'ai pas dépensé l'argent donné uniquement dans la bière...", plaisante-t-il.

Bière, culture et ski

Avec 100.000 étudiants pour 1,4 million d'habitants, Munich est une ville très animée, avec beaucoup de boîtes, de clubs ou encore "des petits bars sympas". En Bavière, les fêtes de la bière sont aussi très festives. "J'ai été surpris par la quantité phénoménale de bière que les Allemands boivent, mais aussi par le port de la tenue traditionnelle par toutes les générations. Cela fait partie de leur culture", a constaté Augustin.

Pour ses loisirs, Augustin peut profiter également des jardins, des pinacothèques à visiter, du Musée de l'ingénierie ou encore du ski. "L'équivalent du TER français nous emmène, en une heure, en bas des pistes. C'est super de pouvoir y aller si rapidement", apprécie Augustin.

Le jeune homme ne sait pas encore ce qu'il veut faire quand il aura fini ses études. "À court ou moyen terme, j'aimerais bien travailler à l'étranger. Cela permet d'acquérir de l'expérience avant de revenir en France, où le marché du travail n'est pas facile...", explique-t-il. En espérant pouvoir revenir en Allemagne.