1. Ma vie d'étudiante en design à Zurich : la Suisse, l'autre pays d'Anaïs
Portrait

Ma vie d'étudiante en design à Zurich : la Suisse, l'autre pays d'Anaïs

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Anaïs aime se balader dans le quartier de Hardbrucke, à Zurich, où se situe son école d’art. // © Jean Revillard/Rezo pour l'Etudiant
Anaïs aime se balader dans le quartier de Hardbrucke, à Zurich, où se situe son école d’art. // © Jean Revillard/Rezo pour l'Etudiant

Anaïs, en première année de master à l’École de design de Nantes, est partie en Suisse pour parfaire ses connaissances artistiques. Rencontre.

La Suisse, c'était d'abord un choix par défaut pour Anaïs. Cette étudiante en première année de master à l'École de design de Nantes, a en effet "peur de l'avion" et s'est donc limitée à l'Europe frontalière de la France, pour son séjour académique à l'étranger. Elle a choisi d'étudier en semestre d'échange à la Zurich University of the Arts. "C'est un établissement très réputé, où il y a une forte culture en graphisme, un domaine où j'ai encore des lacunes", admet la jeune femme de 23 ans.

Des logements chers

Première étape d'organisation du départ : le logement. "Il faut s'y prendre le plus tôt possible. Pour ma part, j'étais en vacances à l'étranger au moment où j'ai dû m'en occuper, je n'ai donc pas pu me rendre sur place pour visiter les appartements. J'ai failli tomber dans des arnaques", raconte-t-elle. Beaucoup de fausses annonces circulent sur Internet où des logements sont parfois proposés à des prix excessifs.

Anaïs habite désormais en colocation avec deux autres personnes, un Suisse qui vient de reprendre ses études et une Britannique qui est assistante professeur d'anglais. Elle paie 830 € par mois pour ce logement, le prix pour habiter dans le centre de la ville. "Je suis proche de tout, à deux stations de tram de la gare. Je mets une vingtaine de minutes pour me rendre à l'école. C'est assez bien desservi", estime l'étudiante.

Des cours par projets

Les cours à la Zurich University of the Arts "sont différents de ceux dispensés en France. En Suisse, j'ai un bloc de cours qui va correspondre à un projet qui durera plusieurs semaines, ensuite j'enchaîne sur un autre bloc de cours", explique Anaïs. Le projet sur lequel elle travaille actuellement est la construction d'une chaise géante. La pédagogie est donc essentiellement basée sur des projets, avec quelques cours théoriques le lundi. "Nous travaillons en autonomie. Je viens tous les jours à 9 heures pour m'y consacrer ; cela prend beaucoup de temps", confie l'étudiante.

Un budget limité

Conséquence directe : "Je suis assez peu sortie depuis mon arrivée", concède-t-elle. D'autant plus que "cela coûte cher : la pinte de bière est à 10 €. Il faut donc prévoir un budget important." Anaïs a ainsi privilégié les activités moins onéreuses, comme les visites à pied de la ville et les musées. "Je suis allée dans certaines villes de la région, comme Winterthour, où j'ai eu un accès illimité à tous les musées, grâce à un pass coûtant 23 €", raconte-t-elle.

Côté budget, elle dépense 184 € par mois pour la nourriture. "La vie est chère mais on trouve toujours moyen de profiter de promotions", confie-t-elle. Épaulée par ses parents, elle paie 6.000 € de frais d'inscription annuels dans son école française et profite pour son séjour d'études en Suisse d'une bourse de l'établissement d'accueil de  2.000 €.

Un accueil chaleureux

Anaïs envisage de rester à Zurich pour finir son master. "J'ai maintenant mes habitudes à l'école, et les Suisses sont accueillants. Lors du premier cours, le professeur m'a demandé si je parlais allemand et comme ce n'était pas le cas, il a décidé, avec l'accord des élèves, de le dispenser en anglais", se souvient-elle.

Zurich est en effet située dans la partie germanophone de la Suisse. "C'est un handicap dans la vie quotidienne de ne pas parler allemand, car si les Suisses ont souvent appris le français à l'école, ils ne le pratiquent pas", met en garde Anaïs. Avec ses paysages grandioses, le pays du chocolat n'a pas fini de la charmer.

Avant de partir...
La Suisse ne fait pas partie de l'Union européenne, mais les étudiants n'ont pas besoin de visa, votre carte d'identité ou votre passeport suffisent pour entrer en Suisse.

Les autorisations de séjour, obtenues notamment grâce à la lettre d'admission de votre établissement suisse, permettent à un étudiant français de séjourner en Suisse pour un an sur place, renouvelable chaque année pour ceux souhaitant continuer.

Une assurance-maladie est obligatoire pour séjourner en Suisse,
afin d'obtenir une autorisation de résidence sur le territoire. Une fois votre lettre d'admission de l'université suisse reçue, vous pouvez entamer les démarches afin de souscrire à une assurance santé complémentaire en France. Attention, celle-ci doit remplir des conditions de couverture et de rapatriement suffisantes, au risque d'être refusée si ce n'était pas le cas.

Avion
Pour un aller-retour Paris-Zurich, comptez entre 60 € et 170 € en avion et entre 60 et 150 € en train.

Sur place…
Se loger
- Le site Internet comparis.ch permet de chercher un logement tout en visualisant le loyer.
- Pour trouver un logement en colocation : www.students.ch.
- D'autres sites Internet : Homegate.ch, Immoclick.ch, Newhome.ch, Anzeiger.ch.
- Il vous faudra verser un dépôt de garantie lors de la location de votre logement, qui peut s'élever jusqu'à trois mois de loyer.
- Les logements les plus onéreux sont ceux situés dans les grandes agglomérations, autour du lac de Zurich et dans la région du lac Léman. Un appartement d'une pièce coûte, selon la région, entre 400 et 800 € par mois, charges comprises. Un trois-pièces se loue entre 600 et 1.200 €.

Se déplacer
À Zurich, on peut circuler en bus, tram, train, mais également en bateau. L'abonnement étudiant aux transports coûte 65 € par mois. Le bus de nuit n'est pas compris dans cette formule, et coûte 4,60 € par trajet.

Bons plans
Les magasins dits "second hand shops" permettent de se meubler à moindre prix ou de s'équiper en matériel artistique.