DOSSIER : PARTIR À L'ÉTRANGER APRÈS LE BAC
- Les bonnes raisons de partir après le bac
- Témoignage : Amélie, 18 ans, serveuse à Londres
- Témoignage : Sylvain, 21 ans, parti en Australie
- Témoignage : Céline, 21 ans, en première année de LLCE (langues, littératures et civilisations étrangères) portugais
- Conseils pratiques et liens utiles pour partir à l'étranger
Partir quelques mois à l’étranger à la sortie du lycée pour "faire un break", beaucoup en rêvent, peu passent à l’acte. Récit de ceux qui ont tenté l’aventure.
Les bonnes raisons de partir après le bac
Après avoir obtenu son bac, et avant de poursuivre ses études, Tom a décidé de s’aérer à des milliers de kilomètres, en partant au Pérou. Durant son séjour, il aura été assistant dans une école maternelle, puis entraîneur d’une équipe de foot junior. C’est par le biais de l’organisme Projects Abroad que le jeune bachelier a pu vivre cette expérience. Les préparatifs du départ n’ont pris que quelques semaines : "Le plus dur a été de convaincre les parents que je n’allais pas mourir en Amérique du Sud !"Ceux qui, comme Tom, sont partis quelques mois ou une année loin de chez eux, ont le sentiment d’avoir vécu une expérience peu banale, une sorte d’"accélérateur de maturité". "Être capable de sortir de son quotidien douillet et sécurisant est une victoire en soi, confirme Tom, pourtant baroudeur aguerri. Au Pérou, j’ai le sentiment de me rendre utile, d’apprendre, de comprendre."
Une parenthèse encore mal vue par l’institution
Mais si de nombreux jeunes rêvent de faire comme Tom, plus rares sont ceux qui sautent le pas. Difficile de mesurer l’ampleur du phénomène en l’absence de statistiques, mais la demande est réelle. Pourtant, même aujourd’hui, oser rompre le cycle des études, s’offrir 12 mois de parenthèse loin des amphis, n’est pas forcément bien vu par les tenants de l’institution scolaire. "À la différence du système anglo-saxon, l’éducation française privilégie le parcours académique sur le développement personnel, analyse Anne Potonnier, directrice des sections internationales au lycée de Sèvres (92). Mieux vaut différer son projet si on veut s’inscrire en prépa ou dans une autre filière sélective comme médecine. Ces cursus recherchent des bacheliers tout frais, capables de s’investir fortement dans leur travail."
Bien cerner ses motivations
Ceux qui veulent tenter l’expérience doivent commencer par cerner leurs motivations : partir pour améliorer son niveau de langues, pour vivre l’aventure, pour une mission sociale ou humanitaire ou pour se frotter au monde du travail. Ou simplement pour se donner du temps avant d’entamer ses études.
Pour limiter les risques, des structures payantes offrent diverses prestations "clés en main", comprenant par exemple la prise en charge du visa, les formalités administratives, l’hébergement (il faut compter de 5 000 à 6 000 € l’année, parfois plus…). Il existe un grand nombre d’organismes axés sur un type d’activité (cours de langues, année scolaire passée dans une famille, chantiers solidaires…) ou sur une zone géographique. Parmi les destinations possibles, Anne Potonnier conseille les États-Unis et l’Allemagne, "deux pays avec une vraie tradition d’accueil en familles. On a rarement de mauvaises surprises."
Des programmes gratuits
Si vous n’avez pas les moyens de recourir à un organisme payant, il existe des alternatives telles que le programme vacances-travail (dit PVT), le service volontaire européen (le SVE), ou encore le volontariat franco-allemand destiné aux 18-25 ans. Le PVT, qui s’adresse à des jeunes de 18 à 35 ans, permet de travailler pendant une année et fonctionne avec le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon. "Il remporte un succès fou, constate Blanche Galin, de l’OFQJ (Office franco-québécois pour la jeunesse). Pour 2009, le Canada a fortement augmenté le quota, mais les 5 300 places ont été pourvues dès la mi-janvier." Quant au SVE, il permet de séjourner à l’étranger (de 2 à 12 mois), tout en participant à des activités d’intérêt général : soutien scolaire, sport, coopération au développement. Intérêt : sur place, une organisation facilite votre intégration, vos frais sont pris en charge et vous recevez un petit pécule.
Le plus difficile est de revenir
S’intégrer de nouveau dans un cursus traditionnel après avoir fait l’expérience de l’autonomie et de la liberté ? Certains s’épanouissent tellement qu’ils décident de rester sur place. D’autres, comme Céline, auront besoin d’une phase de (ré)adaptation au système français. "À 19 ans, quand j’ai annoncé que j’allais partir faire un break, certains ont pouffé, raconte Anne-Laure Dubois, partie faire son SVE en Lituanie. Au gré des mois, des bilans et à mon retour, les mêmes ont entamé les démarches pour partir…"
Mathieu Oui














