DOSSIER : PARTIR À L'ÉTRANGER APRÈS LE BAC

Partir quelques mois à l’étranger à la sortie du lycée pour "faire un break", beaucoup en rêvent, peu passent à l’acte. Récit de ceux qui ont tenté l’aventure.

Témoignage : Céline, 21 ans, en première année de LLCE (langues, littératures et civilisations étrangères) portugais

"Le retour en France est un moment de déchirement"
celine etudiante portugaisEn 2006, alors en terminale L, Céline contacte l’association Peuples et Cultures, à Montpellier. "Je voulais voyager dans un pays de l’ex-bloc soviétique." On lui propose trois projets d’intérêt général dans le cadre du SVE. Elle choisit Nitra, en Slovaquie, où elle sera animatrice en centre de loisirs dans un quartier défavorisé. "Je n’ai fait ni démarches administratives ni recherche de logement : tout était pris en charge." En octobre, la voilà partie. "Avec mes deux colocataires, allemand et danois, nous parlions – mal – anglais, mais aussi par gestes et dessins. Ça amusait beaucoup les enfants. Il nous fallait leur trouver des activités, sans moyens financiers."

Céline se retrouve d’ailleurs gênée… par son aisance personnelle ! "Nous recevions de l’argent de poche de l’Union européenne. Davantage que les Slovaques qui travaillaient." Céline retient de son séjour les rencontres "extraordinaires" de la rue. "J’ai appris les bases de la langue. En une semaine, mon répertoire était plein." C’est ainsi qu’elle trouve une deuxième mission, menée de front avec son projet initial : contacter les compagnies de théâtre et le public français pour un festival international.

Après 10 mois, le retour en France est un "moment de déchirement". "Là, j’ai cru arriver dans un pays étranger. Mes amis du lycée étaient en fac, j’avais vécu de manière radicalement différente. J’étais en décalage total." Elle enchaîne d’autres voyages, pour une "transition en douceur", s’inscrit en LLCE de portugais, avec le tchèque en deuxième langue. "En France, on n’a pas l’habitude de partir après le bac, regrette Céline. Pourtant, le SVE est accessible à tous. Je ne parlais pas anglais, je n’avais jamais fait d’animation, je n’avais aucun moyen financier…"

Géraldine Dauvergne

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