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DOSSIER : PARTIR ÉTUDIER AU QUÉBEC

Pouvoir se faire une expérience à l’international sans être freiné par la barrière de la langue, c’est tout l’attrait de la Belle Province.

Les bonnes raisons de partir étudier au Québec

« Je voulais sortir de mon petit monde étriqué ». Ainsi Marion Bonhomme explique-t-elle son envie, le bac en poche, de partir étudier au Québec. « Si je restais en France, j’avais le choix entre la prépa et l’université ; aucune des deux options ne me tentaient. Avec mon bac, je pouvais intégrer l’université de Montréal en 1ère année d’études internationales – l’équivalent de notre licence – un projet enthousiasmant. J’ai foncé ».

Recherche étudiants, et plus si affinités. Chaque année, 6.800 étudiants, comme Marion, franchissent l’Atlantique pour continuer leurs études dans la Belle Province. Un chiffre en augmentation de 50% entre 2001 et 2007, preuve de l’efficacité des campagnes de communication menées en France par les universités québécoises. Il faut dire que le Québec a besoin d’étudiants étrangers : "Nous avons un problème démographique, lié à notre faible taux de natalité explique Michèle Glémaud, directrice du recrutement à l’Université de Montréal. Le développement d’une ville comme Montréal, par exemple, va inévitablement passer par sa capacité à attirer de nouveaux cerveaux qui seront actifs dans la société. Or, quand les étudiants viennent étudier ici, ils ont souvent ensuite le projet de s’installer".
Avec les départs à la retraite des baby-boomers, 700.000 emplois qualifiés seront à pourvoir d’ici 2012, dans tous les secteurs professionnels. Le Québec ayant pour politique d’immigration d’accueillir au minimum 50% de francophones, les étudiants français sont particulièrement chouchoutés…

Dans les montagnes près de MontréalL’offre de formation au Québec. Le Québec compte 13 universités, dont une université à distance, et 5 écoles d’enseignement supérieur. Trois universités sont anglophones : McGill, Concordia, et Bishop. Les étudiants français (30% des étudiants étrangers) sont très présents à l’Université de Montréal (UdM), à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), à l’université Laval et à HEC Montréal – côté spécialités, ils privilégient la gestion, les sciences appliquées et les sciences humaines.
Autre possibilité d’études moins connue : s’inscrire dans un CEGEP (collège d’enseignement général et professionnel). Une particularité du système éducatif québécois : il s’agit d’un cycle post secondaire qui propose des études pré-universitaires en 2 ans ou des formations techniques en 3 ans – un choix ouvert à tous les lycéens, bacheliers ou non, toutes séries confondues. Pour ceux qui souhaitent faire des études courtes et commencer leur carrière professionnelle au Québec.

Des études "à l’américaine". "Lors de mon premier cours à l’université de Montréal, j’ai vu arriver des étudiants avec leur casquette sur la tête et de quoi boire et manger, se souvient Marion, aujourd’hui en troisième année de bachelor études internationales (équivalent de la L3). L’effet est surprenant pour nous français qui sommes habitués à beaucoup moins de décontraction. Les rapports avec les professeurs sont aussi très directs : ils nous donnent leur numéro de portable et leur adresse mail et nous encouragent à les solliciter en cas de problème".

L'Université du Québec à MontréalPlus généralement, les études à la québécoise se rapprochent du modèle anglo-saxon : tutoiement généralisé, professeurs disponibles, peu de cours magistraux, large place laissée à la pratique et aux études de cas concrets, beaucoup de travail en équipe et de présentations orales. Même si le Québec revendique haut et fort sa francophonie, le pays n’en est pas moins de culture américaine. "C’est important de le préciser aux jeunes qui souhaitent venir étudier au Québec, explique Jean-François Ouellet, d’HEC Montréal. Trop de jeunes français arrivent ici en s’imaginant découvrir l’équivalent d’une nouvelle région française. C’est une erreur : ici, c’est l’Amérique, même si nous parlons français comme vous. Un français doit donc faire des effort pour s’adapter à notre culture".

Certains cours en anglais. Autre aspect dont il vaut mieux être informé avant de débarquer dans une université québécoise : certains cours sont en anglais, et les professeurs distribuent indifféremment des biographies de livres français et anglais… "Les premiers cours en anglais, ça a été un choc ! se souvient Marion. Même si j’avais été prévenue, il m’a fallu beaucoup travailler lors de ma première session de cours pour me mettre au niveau des étudiants québécois qui sont presque tous bilingues".

Découvrez comment les professeurs des universités québécoises sont notés par leurs élèves : le témoignage d'un français expatrié au Québec.

Le Québec a besoin d'étudiants étrangers : la politique de recrutement de l'université de Montréal.

Pour en savoir plus sur les équivalences avec le système LMD : le schéma des études secondaires et supérieures au Québec.

Sandrine Chesnel
Photos : Sandrine Chesnel, HEC Montréal

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