Publicité

DOSSIER : PARTIR ÉTUDIER AU QUÉBEC

Pouvoir se faire une expérience à l’international sans être freiné par la barrière de la langue, c’est tout l’attrait de la Belle Province.

Québec : des études francophones à l'américaine

Deux solutions s’offrent aux étudiants qui souhaitent partir étudier au Québec : profiter d’un échange universitaire, ou s’inscrire directement dans l’université de leur choix. Les échanges universitaires résultant d’accords de partenariats entre établissements français et québécois sont supervisés par la CREPUQ (Conférence des recteurs et des principaux des universités québécoises) et durent de 6 mois à un an.
Les étudiants qui souhaitent partir hors du cadre d’un partenariat doivent s’adresser directement à l’université choisie – il leur faudra aussi se rapprocher des autorités canadiennes afin de faire établir leur permis d’études, obligatoire pour les séjours de plus de 6 mois.

La bibliothèque de l'université de SherbrookeCancres s’abstenir ! Attention, une note moyenne de 12/20 minimum sera exigée à l’entrée des universités québécoises. Dans le cas de Marion, qui a intégré l’Université de Montréal en 1ère année après son bac, les exigences étaient encore plus élevées : "Il fallait que je décroche une mention bien pour avoir une chance d’intégrer le diplôme que j’avais choisi, un bachelor d’études internationales". En effet, contrairement aux universités françaises, les facs québécoises sélectionnent leurs étudiants dès la première année, notamment dans les programmes dits contingentés, les plus recherchés par les étudiants (médecine, gestion, communication, etc.).

Tarif préférentiel pour les français. Grâce à un accord entre la France et le Québec, les étudiants français qui étudient au Québec paient les mêmes frais de scolarité que les jeunes québécois, soit en moyenne 1.500 euros par an : c’est plus qu’en France, mais c’est beaucoup moins que le tarif habituel dans les universités d’Amérique du Nord. Le prix des études, c’est ce qui a convaincu Sabrina, en 2ème année de bachelor à HEC Montréal : "Autour de 3.000 dollars canadiens par an pour étudier dans une grande école, ce n’est pas cher, surtout si on compare avec les tarifs des écoles françaises !". Un chiffre d’autant plus séduisant quand on sait que les étudiants canadiens hors Québec scolarisés à HEC Montréal paient 9.000 dollars et les autres étudiants internationaux, près de 15.000 dollars…

Un budget maîtrisé. Côté loyer, il faudra compter un budget de 200 à 500 euros – la colocation est très répandue et les loyers, même à Montréal, sont du niveau de ceux des villes moyennes en France. Pour se loger, Marion débourse chaque mois 300 dollars pour une colocation avec deux autres étudiantes dans un 3 pièces d’un agréable quartier résidentiel de Montréal. Côté nourriture, son budget mensuel tourne autour de 200 dollars. Elle finance ses loisirs et ses voyages (à la découverte du Québec et des Etats-Unis) avec les cours qu’elle donne tous les soirs : "Je suis payée 20 dollars de l’heure, un bon tarif". Elle profite aussi du centre sportif de l’UdM (Université de Montréal), très bien équipé comme tous les centres sportifs universitaires québécois.

Revenir en France ? Bof… Quid de la valorisation des diplômes obtenus au Québec au retour en France ? Le système québécois s’articule en 3 temps (bachelor, maîtrise, doctorat), comme le LMD européen, ce qui facilite la lecture des diplômes par les recruteurs. "Mais pour les recruteurs français, notre profil est plutôt atypique, reconnaît Jessica, en 4ème année à HEC Montréal. J’ai passé récemment des entretiens en France pour décrocher un stage, et j’ai beaucoup entendu "HEC Montréal, c’est moins bien qu’HEC Paris !"… Ce n’est pas un problème, parce que mon diplôme bénéficie d’une reconnaissance internationale et que je n’ai pas envie de retourner en France avant longtemps". Comme Jessica, de nombreux jeunes français choisissent de rester au Québec à la fin de leurs études. C’est le cas de Marion : "Je ne veux pas partir ! Je souhaite poursuivre mes études avec une maîtrise en développement durable, à l’université de Sherbrooke, à une heure de Montréal". Finalement, le plus grand risque que vous prendrez en partant étudiant au Québec, c’est peut-être celui de ne plus vouloir revenir…

Sandrine Chesnel
Photos : Sandrine Chesnel, DR

Sommaire du dossier
Les écoles à la une