DOSSIER : PARTIR ÉTUDIER EN EUROPE

Erasmus le bien nommé fête ses 20 ans cette année. Et avec le LMD généralisé à l’ensemble des établissements européens, c’est une nouvelle étape de la construction européenne qui a été franchie. S’inscrire dans une formation d’excellence hors de l’Hexagone devient donc de plus en plus facile. Tour d’horizon.

Avis d’expert - Pascal Codron, responsable des relations internationales à la CGE et directeur de l’ISA de Lille

Pascal Codron est responsable des relations internationales à la CGE (Conférence des grandes écoles) et directeur de l’ISA (Institut supérieur d’agriculture) de Lille (59).

Pourquoi faut-il acquérir une expérience internationale ?


C’est vrai que ce conseil peut faire figure de tarte à la crème. Mais c’est une réalité : pour être accréditées par la CTI (Commission des titres d’ingénieur), nos écoles doivent préparer les étudiants à décrocher 750 points au TOEIC (Test of English for International Communication). Au-delà de cet aspect, l’expatriation est nécessaire en raison de la mondialisation des échanges et des services. Les entreprises s’internationalisent et de plus en plus de sociétés sont multiculturelles. Les jeunes doivent être préparés à travailler avec des salariés de culture différente.

Face à l’essor spectaculaire des marchés indien et chinois, l’Europe reste-t-elle un bon choix ?


Oui, car il y a encore beaucoup de choses à faire avec l’Europe centrale et orientale. Dans notre secteur de l’agroalimentaire, par exemple, le groupe Bonduelle installe une usine de conserves en Russie, et Auchan ouvre de nouveaux magasins en Ukraine. Il faut accompagner le développement des entreprises françaises en Europe de l’Est et en Russie : notre école vient ainsi de signer plusieurs conventions d’échanges avec l’Ukraine et la Roumanie. Ce qui n’empêche pas de s’intéresser à d’autres marchés émergents, comme le Sud-Est asiatique ou le Mercosur [Marché commun du cône Sud, rassemblant l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay, NDLR].

Quel crédit accorder aux palmarès internationaux ?


Il faut faire attention aux critères retenus. Pour un bachelier français avec un dossier moyen, quel est l’intérêt de savoir que telle université a eu cinq prix Nobel ? Il préférera connaître le temps d’accès à l’emploi à l’issue de telle université. Mieux vaut donc privilégier des palmarès qui évaluent la qualité pédagogique.

Mathieu Oui

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