1. Si je tombe malade pendant mon séjour à l'étranger, je fais comment ?
Décryptage

Si je tombe malade pendant mon séjour à l'étranger, je fais comment ?

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Le coût des soins peut être très différent d'un pays à l'autre. // © Phovoir
Le coût des soins peut être très différent d'un pays à l'autre. // © Phovoir

Dans certains pays, comme aux États-Unis, une consultation chez le généraliste peut coûter 150 €. Pour éviter les mauvaises surprises, il est donc indispensable de s'occuper de son assurance santé avant de partir. Et dans ce domaine, tout dépend de votre destination. Explications extraites de l'ouvrage “Partir étudier à l'étranger” de Sophie Collet.

Une angine, une jambe cassée ou un ennui de santé plus sérieux… Pensez à votre protection sociale avant de partir pour éviter de transformer une banale appendicite en gouffre financier : aux États-Unis, une intervention de ce type peut coûter jusqu'à 13.000 € !

Si vous partez en séjour d'études, l'université exigera souvent ces garanties à l'inscription ou à la rentrée, mais si vous partez en stage, n'oubliez pas cette étape. Attention : si votre stage dure moins de six mois, vous répondez la plupart du temps aux mêmes conditions que les étudiants en échange, mais cela risque de ne pas être le cas s'il s'agit d'une expérience rémunérée plus longue.

Lire aussi : Stage à l'étranger : ce qu'il faut savoir avant de se lancer

En Europe, un système bien rodé

Si vous partez en Europe dans le cadre d'un échange étudiant ou d'un stage conventionné, la CEAM (carte européenne d'assurance-maladie) est indispensable. C'est un véritable laissez-passer de la santé : elle permet de justifier de vos droits à l'assurance-maladie et de bénéficier d'une prise en charge sur place de vos soins médicaux. En pratique, vous êtes remboursé à la même hauteur que les assurés locaux et parfois même vous n'avancez pas les paiements de santé.

Pour obtenir votre carte, adressez-vous quinze jours au moins avant votre départ à votre sécurité sociale étudiante ou à votre CPAM (caisse primaire d'assurance-maladie) si c'est elle qui gère votre dossier. Une fois éditée, la CEAM reste valable deux ans.

Pour en savoir plus, consultez le site www.ameli.fr, page “À l'étranger”.

Une complémentaire santé pour les à-côtés et le rapatriement

Le système de la CEAM se limite au remboursement des dépenses de santé imprévues (grippe ou blessure, mais pas la contraception par exemple). Par ailleurs, chaque pays européen dispose de ses propres règles. Vous pouvez donc vous retrouver confronté à des dépenses importantes si les soins que vous recevez ne sont pas couverts par le régime local.

Adhérer à une complémentaire santé ou à une mutuelle étudiante valables à l'international permet de pallier ces manques. En plus d'un remboursement adapté aux spécificités du pays d'accueil pour les soins courants, ces assurances incluent une assistance rapatriement, contrairement à la CEAM.

Avant d'opter pour une solution particulière, vérifiez l'étendue des garanties proposées et les plafonds de dépenses acceptés. Question budget, pour une année universitaire, il vous faudra prévoir au minimum 300 € de cotisation.

Un dernier tuyau : commencez par prendre rendez-vous avec votre conseiller à la banque, car les assurances comprises avec votre Carte bleue incluent souvent des services valables à l'étranger.

Lire aussi sur Trendy : Banque, mutuelle… mode d'emploi pour vaincre la paperasse

Hors Europe, des situations variées

Si vous partez étudier ailleurs qu'en Europe, vous devrez le plus souvent avancer les dépenses de santé avant de vous faire rembourser à votre retour en France. Gardez bien toutes les factures et attestations de soins. C'est à partir de ces documents que seront calculés vos remboursements.

Mais attention : les montants seront calculés sur la base des tarifs français. Par exemple, une consultation chez un généraliste payée 60 € à l'étranger sera remboursée sur la base des 23 € facturés en France. Vous ne récupérerez donc que 15,10 €. 

Dans certains pays, la santé a un prix très élevé. Aux États-Unis notamment, une consultation chez le généraliste peut coûter 150 €. C'est pourquoi certaines universités américaines exigent de leurs étudiants étrangers qu'ils s'assurent auprès d'une compagnie privée locale. Selon les cas, les cotisations peuvent s'élever de 250 à 500 € par trimestre. En Australie ou en Nouvelle-Zélande, certains établissements imposent aussi de telles conditions.

Le cas particulier du Québec

Au Québec, les étudiants français peuvent bénéficier d'une protection sociale publique et simplifiée grâce au protocole d'entente franco-québécois. Cet accord prévoit que les étudiants français séjournant dans la Belle Province jouissent de la même protection sociale que les Québécois, sans payer de cotisation supplémentaire.

Pour en bénéficier, demandez à votre CPAM le document prouvant votre affiliation. À votre arrivée sur place, vous devrez vous inscrire à la RAMQ (Régie de l'assurance-maladie du Québec) afin d'obtenir la prise en charge de vos dépenses de santé.

Si vous partez seul : couverture santé indispensable

Ceux qui partent par eux-mêmes, les “free movers”, ne peuvent pas bénéficier du régime étudiant de la Sécurité sociale, même s'ils partent en Europe. Aussi est-il indispensable de souscrire à une couverture santé de base, soit dans le pays d'accueil, soit en France auprès de la CFE (Caisse des Français de l'étranger). Cette dernière option, fiable, se révèle toutefois assez coûteuse.

Dans tous les cas, il est recommandé d'ajouter une complémentaire santé, soit celle d'une mutuelle étudiante, soit celle d'un assureur. Une autre possibilité consiste à choisir, avant de partir, une couverture globale spécifique à l'international, comme celles qui sont proposées par les grandes sociétés d'assurances.

Quel que soit votre cas, vous trouverez les démarches à effectuer par pays sur le site du CLEISS (Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale).

POUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux Éditions de l'Etudiant :
Partir étudier à l'étranger”,
par Sophie Collet.