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Témoignage

JO d’hiver 2018 : qui sont les lycéens et les étudiants français en lice ?

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40 des 108 athlètes français sélectionnés pour les JO d'hiver 2018 sont des étudiants. // © Thierry Gau
40 des 108 athlètes français sélectionnés pour les JO d'hiver 2018 sont des étudiants. // © Thierry Gau

Plus d’un tiers des athlètes sélectionnés pour représenter la France aux Jeux Olympiques d’hiver à PyeongChang, du 9 au 25 février 2018, sont des lycéens ou des étudiants. Qui sont ces jeunes sportifs qui espèrent briller en Corée du Sud ? Comment mènent-ils de front études et sport de haut niveau ?

L’équipe de France des JO d’hiver 2018 est composée de 108 athlètes, dont 40 poursuivent des études en parallèle de leur activité sportive.

Huit lycéens concourent aux JO

Les sports de glisse attirent de jeunes talents, qui ont souvent appris à skier en même temps qu'ils faisaient leurs premiers pas. Les sportifs qui commencent une carrière alors qu’ils sont encore mineurs suivent souvent des parcours adaptés. Les sauteurs à skis Lucile Morat et Jonathan Learoyd sont ainsi engagés dans un cursus en quatre ans au sein de la section sportive de leur lycée Ambroise-Croizat de Moutiers (73). La skieuse acrobatique Lou Barin (slopestyle) a commencé sa scolarité de lycéenne dans le même établissement, mais a décidé de suivre des cours à distance avec le CNED (Centre national de l'enseignement à distance) pour passer son bac en candidate libre en juin 2018.

La snowboardeuse Julia Pereira de Sousa Mabileau est sélectionnée pour ses premiers JO à 16 ans. // © Catherine Lenoir
La snowboardeuse Julia Pereira de Sousa Mabileau est sélectionnée pour ses premiers JO à 16 ans. // © Catherine Lenoir

La snowboardeuse Julia Pereira de Sousa Mabileau, 16 ans, est scolarisée au lycée d’Alberville, en première, dans la même classe que la skieuse acrobatique (slopestyle) Tess Ledeux. Elles ne passeront pas le bac l’an prochain, car leur première et leur terminale se font sur trois ans. Les cours sont en effet suspendus pendant la période hivernale où ont lieu les compétitions, mais les lycéennes se rattrapent en juillet et en partie en août.

Lire aussi : Lycéenne en section sportive : "Le sport m’aide à travailler et à me surpasser"

Le snowboarder Loan Bozzolo étudie dans le même lycée et passera son bac ES en 2018. "C’est difficile pendant une année olympique. Je profite de chaque moment libre pour réviser, mais quand je m’entraîne, je mets les cours de côté", explique-t-il. L’athlète garde cependant les pieds sur terre : "Je sais que tout peut s’arrêter du jour au lendemain avec une blessure, alors il faut penser à un plan B".

Le snowboarder Merlin Surget suit quant à lui une 4e année au lycée des Métiers de la Montagne à Saint-Michel-de-Maurienne, pour passer un bac pro commerce. La skieuse Alizée Baron (skicross) vient elle de finir son année de terminale ES et s’apprête à rejoindre l’IUT (institut universitaire de technologie) d’Annecy en avril 2018 pour poursuivre des études en DUT techniques de commercialisation.

L'hiver en compète, le printemps en cours

Les cursus universitaires ont la cote auprès des jeunes athlètes pratiquant les sports d’hiver. L’université Savoie Mont Blanc compte ainsi 14 étudiants sélectionnés aux JO, en DUT techniques de commercialisation ou en licence pro à l’IUT d’Annecy. Parmi eux, on peut retrouver les skieurs freestyle Perrine Laffont, Camille Cabrol, Benoît Buratti et Benjamin Cavet ; les snowboarders Chloé Trespeuch, Ken Vuagnoux et Clémence Grimal (halfpipe) ; le biathlète Émilien Jacquelin ; ou encore Léa Lemare (saut à ski), Véronique Pierron (short-track) et Antoine Gérard (combiné nordique). Les skieurs alpins Clément Noël, Tiffany Gauthier et Laura Gauché ont également fait ce choix.

"Après le bac, je voulais suivre mes études en parcours aménagé. J’ai mis trois ans pour obtenir mon DUT techniques de commercialisation et je vais suivre ma licence pro management de la relation commerciale en deux ans au lieu d’un. Ces études concrètes me permettent d’acquérir des connaissances que je peux mettre en pratique dans ma vie d’athlète : négociations des contrats avec mes sponsors, contrôle de mon image, communication dans les médias…", explique Laura Gauché.

Niveau planning, l’essentiel des cours se déroulent en avril, mai et juin, une période creuse pour le ski, mais qui concorde avec la préparation physique de début de saison. "Je dois donc faire une séance de sport tous les soirs après les cours, mais aussi les week-ends. Il y a une salle de musculation à l’IUT d’Annecy et le tour du lac est très pratique pour les séances d’aérobie en course à pied ou à vélo", témoigne Laura.

"Être athlète de haut niveau est un travail à plein temps", affirme la skieuse de 22 ans Laura Gauché, qui n'a pas pour autant abandonné ses études. // © Photo fournie par le témoin
"Être athlète de haut niveau est un travail à plein temps", affirme la skieuse de 22 ans Laura Gauché, qui n'a pas pour autant abandonné ses études. // © Photo fournie par le témoin

Des études plutôt courtes…

L’université Grenoble-Alpes figure en deuxième position des établissements les mieux dotés en athlètes sélectionnés en équipe de France. Parmi ses sept étudiants : Delphine Claudel (ski de fond), Pierre Vaultier (snowboard cross), Lucile Lefevre (big air et slopestyle), les biathlètes Célia Aymonier, Justine Braisaz, Anaïs Chevalier et Marie Dorin-Habert. Les formations suivies sont variées (licences de STAPS, géographie, biologie, psycho).

Comme il n'est pas simple de concilier études et compétition, la plupart des athlètes optent pour des études courtes. Marie Dorin-Habert, en M2 gestion de l’environnement, fait figure d’exception. "Beaucoup de sportifs se découragent et arrêtent leurs études, faute de parcours aménagés. J’ai choisi de continuer pour préparer mon avenir professionnel après ma carrière. C’est un investissement intense, encore plus difficile à organiser depuis la naissance de ma fille."

"J'ai choisi les études de STAPS car je voulais m'orienter dans le secteur du sport et dans l'enseignement", confie Tifany Huot-Marchand. // © Gémesi Balasz
"J'ai choisi les études de STAPS car je voulais m'orienter dans le secteur du sport et dans l'enseignement", confie Tifany Huot-Marchand. // © Gémesi Balasz

Deux autres universités sont représentées dans l’équipe de France. L’université Claude-Bernard Lyon 1, avec le champion de bobsleigh Vincent Castell, qui étudie en STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) pour devenir préparateur physique. Tifany Huot-Marchand (short-track) suit elle aussi des cours en STAPS, spécialité éducation et motricité à l’université de Perpignan. "J’apprécie la majorité des matières, les stages mais aussi la proximité avec mon lieu d’entraînement. Je reste en contact avec les enseignants et les autres élèves pendant mes déplacements, c’est un soutien qui m’aide beaucoup".

Lire aussi : Parcoursup : ce qu’on attend de vous pour entrer en STAPS

… mais pas toujours !

Certains athlètes ont l’ambition de pousser leurs études encore plus loin. C’est le cas du patineur Alexis Contin, qui étudie à Sciences po Paris pour obtenir le certificat préparatoire qui facilite l’intégration d’un master de Sciences po. Mirabelle Thovex (snowboard, halfpipe) et Anaïs Caradeux (ski freestyle, halfpipe) ont quant à elles poursuivi leurs études après leur formation à l'IUT d'Annecy, avec un MSc 2 Trade Marketing en cursus sport études à l'INSEEC Chambéry.

Marielle Berger-Sabbatel, athlète de skicross, a validé un BTS (brevet de technicien supérieur) management des unités commerciales et poursuit avec un diplôme bac+3 responsable opérationnel d’unité – responsable développement commercial et marketing à Grenoble École de management. Ces formations, dédiées aux sportifs de haut niveau, "ont l’avantage de ne pas condenser les cours au printemps comme à l’université. Les cours sont enregistrés et je peux les suivre quand je veux".

Marielle Berger-Sabbatel a réussi à valider son BTS en deux ans, alors qu'elle aurait pu bénéficier d'une année supplémentaire. // © Thierry Gau
Marielle Berger-Sabbatel a réussi à valider son BTS en deux ans, alors qu'elle aurait pu bénéficier d'une année supplémentaire. // © Thierry Gau

D’autres comme les skieurs Jules Lapierre et Clément Parisse se tournent vers des formations très concrètes, en suivant un CAP (certificat d'aptitudes professionnelles) menuiserie au GRETA de Grenoble. En combiné nordique, le skieur Laurent Muhlethaler vient d’obtenir un BTS NRC (négociation et relation client) en juin 2017 et va entamer une formation de DE (diplôme d'État) ski alpin au printemps 2018, un diplôme dont sont dotés de nombreux sportifs, pour pouvoir exercer comme moniteur de ski.

La snowboardeuse Charlotte Bankes, aux origines anglaises, suit après son bac S, un Bachelor en sciences par correspondance avec un établissement britannique. "Pas besoin d’assister à des cours, je travaille quand j’ai du temps tout au long de l’année, avec un devoir à rendre par mois." Déjà présente aux JO de Sotchi en 2014, elle espère faire "du beau snowboard, et pourquoi pas, être dans le coup pour une médaille". Pendant les JO, les révisions font place à la compétition et au rêve.