DOSSIER : DES CONSEILS POUR SE RÉCONCILIER AVEC LA LECTURE

En dehors des lectures imposées par vos professeurs, vous vous plongez rarement dans un roman. Car, vous en êtes convaincu, lire n’est pas votre truc. Voici comment vous réconcilier avec cette activité, dont vous n’imaginez même pas tout ce qu’elle peut vous apporter.

Se réconcilier avec la lecture : lisez ce que vous voulez

"Lis ! Mais lis donc, bon sang, je t’ordonne de lire !" Vous serez sûrement de l’avis du romancier Daniel Pennac, qui écrit, dans Comme un roman, que "le verbe “lire”, comme le verbe “aimer” ou “rêver”, ne supporte pas l’impératif". L’écrivain, qui fut également professeur de français, assure qu’on a le droit de ne pas lire, pour mieux rappeler aussi qu’on a le droit de lire, voire que l’on peut même aimer lire.

Souvenez-vous : quand vous étiez petit(e), on vous lisait des histoires. Et vous aviez le choix entre plein de livres. Et puis on vous a enlevé les images, et les lectures imposées ont débarqué dans vos devoirs. Vous avez alors lâché l’affaire et décrété que vous n’aimiez pas lire. Comme Audrey Mikaélian, réalisatrice à la télévision et auteure de films d’animation, qui se souvient de ses années au collège. "On m’a forcée à lire 6 pièces de Molière en 4 ans. Plus tard, j’ai dû avaler Colomba de Mérimée. J’ai mis un mois à le terminer ! À partir de la sixième, lire un livre, c’est devenu faire une fiche de lecture", regrette-t-elle.

"La lecture au lycée est rarement drôle, déplore Françoize Boucher, qui a écrit Le livre qui fait aimer les livres même à ceux qui n’aiment pas lire. On manque d’originalité en proposant les grands classiques aux adolescents. Pile au moment de la vie où le livre est concurrencé par plein d’activités."

Que faire ? Résister ! À côté des ouvrages qui vous sont imposés, lisez exactement ce que vous voulez. Des mangas, par exemple. Ou, comme Audrey, des bandes dessinées, "parce que personne ne t’oblige jamais à lire Astérix ou Picsou dans ton bain !" plaisante-t-elle. À cette époque de sa vie, personne ne prenait ses ­lectures au sérieux. Pourtant, la BD lui a permis de ne pas perdre le lien avec le livre et même, plus tard, d’apprécier des romans qu’elle n’avait pas aimés au lycée.

De l’avantage de décrocher de l’ordinateur pour un livre
Les jeux, la télévision, le cinéma, les écrans en général proposent un "imaginaire prêt-à-porter" souligne le pédopsychiatre Stéphane Clerget. Le problème, c’est qu’en ne donnant que ce qui a été imaginé par d’autres à votre imaginaire, vous rétrécissez votre capacité d’imagination. Or, pour que celle-ci se développe, il faut l’entraîner, par le jeu, le sommeil (avec les rêves) et la lecture fictionnelle (c’est-à-dire des histoires racontées). Car seule la fiction offre la liberté de créer ses propres images à partir des mots. Et si vous donniez un bouquin à votre imaginaire pour qu’il fasse quelques pompes !

Isabelle Maradan

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