Dossier : Ma vie de Lycéen : "Je suis la tête de Turc de ma classe"
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Moqueries, mise à l’écart, insultes sur Facebook ou par SMS… La vie du souffre-douleur peut rapidement devenir un enfer. Comment mettre fin à cette spirale infernale ?
"J’ai fait une tentative de suicide en terminale"
Harcèlement à l’école : "Il ne s’agit pas de “balancer”, mais de signaler un problème"
Ma vie de Lycéen : "Je suis la tête de Turc de ma classe"
Regardez autour de vous : vous connaissez sûrement le cas d’un(e) camarade de classe, souffre-douleur, telle Marie qui a vécu un calvaire depuis la sixième. Inscrite dans un collège privé de Lille, elle est vite devenue la tête de Turc de sa classe, recevant des coups dans la cour, devant les yeux de sa sœur, impuissante.
"J’étais bonne élève, j’avais des lunettes, ils me trouvaient grosse et moche et j’étais nulle en sport", explique-t-elle, encore très affectée. Les plaintes de ses parents, la voyant un jour rentrer avec des dessins dégradants sur les bras, n’y ont rien fait. "Un jour, le directeur a dit aux élèves concernés de se calmer, mais ça a duré 3 jours", raconte-t-elle.
"J’étais bonne élève, j’avais des lunettes, ils me trouvaient grosse et moche et j’étais nulle en sport", explique-t-elle, encore très affectée. Les plaintes de ses parents, la voyant un jour rentrer avec des dessins dégradants sur les bras, n’y ont rien fait. "Un jour, le directeur a dit aux élèves concernés de se calmer, mais ça a duré 3 jours", raconte-t-elle.
"J’ai fait une tentative de suicide en terminale"
Après 4 années d’enfer, les harceleurs se sont calmés un peu au lycée, mais la jeune femme en a gardé une grande fragilité. "J’ai fait une tentative de suicide en terminale, alors que j’étais une élève brillante." "Aujourd’hui, dit-elle d’une voix mal assurée, je souffre d’un énorme problème de confiance en moi, et même si j’ai un 3e cycle universitaire, j’ai du mal à garder un travail."
Marie n’est pas un cas isolé. Comme le décrivait le rapport Debarbieux, remis au ministre de l’Éducation nationale en avril 2011 à l’occasion des Assises sur le harcèlement à l’école, non seulement les brimades entre élèves fragilisent durablement, mais elles ont des conséquences directes sur la réussite. Plus concrètement, ces travaux montraient qu’être exposé de façon régulière à des comportements violents altérait la mémoire, la concentration, les capacités d’abstraction et favorisait le décrochage scolaire. Un phénomène qui concernerait environ 10 % des élèves.
Sophie de Tarlé
Mercredi 19 Octobre 2011

































