DOSSIER : RENTRÉE 2010 : LE LYCÉE SOUS TENSIONS

Réforme et suppressions de postes : les mots clés de la rentrée au lycée. Vous ne pouvez pas y échapper. Nous avons interrogé une vingtaine de professeurs et proviseurs, de lycées de toutes régions et tailles confondues, pour connaître leur sentiment à la veille de la reprise des cours et faire un état des lieux 2 ans après la rentrée tumultueuse de 2008.

Lycée : encore des zones d’ombre pour la rentrée 2011

En 2011, 16.000 suppressions de postes sont à nouveau annoncées dans l’Éducation nationale. "Je suis inquiet car cela continue. Les réformes, notamment celle de la formation des enseignants, seront derrière nous. Où va-t-on gratter des postes ?", s’interroge Marc Perrier, proviseur du lycée Jean-Giraudoux à Bellac et membre du bureau national du SNPDEN (Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale).

Au ministère de l’Éducation nationale, on se pose la même question… En mai 2010, Luc Chatel, le ministre, a donc demandé aux recteurs d'académie de chercher des "gisements d’efficience" pour continuer à supprimer des postes en 2011–2013, "sans dégrader les performances globales du système éducatif ". On attend les retours du terrain.

2011, pire que 2010 ?

Professeurs et proviseurs s’interrogent. "Avec l’instauration du tronc commun en première (60 % des cours), on peut craindre, surtout dans les petits lycées, des regroupements de classes, des coupes horaires et donc de nouvelles suppressions de postes", avance Corinne Delvallet, proviseur du collège et du lycée Lavoisier d’Auchel (62) et secrétaire académique adjointe du SNPDEN. Sur ce point, le ministère se veut rassurant. "La mise en place de la nouvelle première à la rentrée 2011 n’engendrera pas une baisse de l’encadrement. Le volume horaire par section sera garanti. Qui plus est, le volume de recrutements dans le second degré est identique à l’année précédente", garantit-on au ministère.

Le tutorat remis à la rentrée… ou plus tard

D’ici là, les établissements vont travailler sur d’autres pans de la réforme, laissés pour le moment de côté. "Les enseignements d’exploration et l’accompagnement personnalisé ont mobilisé tout notre temps. Le tutorat n’a donc pas été organisé. Je n’ai pas envie d’une idée fumeuse qui ne marchera pas. D’autant plus que cela se fera sûrement sur la base du volontariat et qu’il ne faut pas charger la barque des professeurs... ", déclare Pascal Charpentier, proviseur du lycée européen Charles-De-Gaulle de Dijon (21). Le référent culture ? "Chez nous, il existait déjà sous une certaine forme. En revanche, nous ne travaillons pas sur la mise en place d’une banque de stages. On ne peut pas tout faire en même temps... La révolution monte vite dans l’Éducation nationale", ajoute-t-il. Pour éviter cela, le ministère a prévu des indemnités pour les enseignants volontaires.

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Virginie Bertereau

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