DOSSIER : RENTRÉE 2010 : LE LYCÉE SOUS TENSIONS
Réforme et suppressions de postes : les mots clés de la rentrée au lycée. Vous ne pouvez pas y échapper. Nous avons interrogé une vingtaine de professeurs et proviseurs, de lycées de toutes régions et tailles confondues, pour connaître leur sentiment à la veille de la reprise des cours et faire un état des lieux 2 ans après la rentrée tumultueuse de 2008.
Lycée : les heures supplémentaires en question
Comment dispenser le même nombre d’heures de cours avec des professeurs en moins ? Réponse : en proposant notamment aux profs en poste des heures supplémentaires. Ceux-ci sont tenus d’en accepter une. Au-delà, il faut être volontaire. Et dans le contexte actuel, cela coince parfois… "Dans mon établissement, les professeurs n’acceptent pas de prendre 4 heures supplémentaires par semaine. Pour des raisons personnelles (certains ne veulent pas "travailler plus pour gagner plus" pour des raisons familiales notamment), syndicales (pour lutter contre les suppressions de postes) ou professionnelles (pour avoir plus de temps à consacrer aux élèves et à la préparation des cours). Parfois, on veut en faire moins pour faire mieux. Chacun sa logique", explique Rémi Jeannin, professeur de sciences économiques et sociales à Morangis (91).
Chantage aux cours
Effet pervers du système : quand les professeurs refusent des heures sup’, certains cours peuvent ne plus être assurés. Et vous en pâtissez… "Difficile de supprimer un poste tout en demandant aux autres de faire des heures supplémentaires… Mais s’ils veulent assurer leur enseignement, ils sont dans la quasi-obligation d’accepter. Cette année, les professeurs ont refusé par principe. Nous avons dû faire appel à des vacataires. Tout cela a été mal vécu. En mars-avril 2010, des enseignants, des élèves et leurs parents ont organisé un mouvement de protestation avec des grèves et des demandes d’audience au rectorat", se souvient Florence Delannoy, proviseur du lycée Fénelon à Lille et membre du bureau national du SNPDEN (Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale).
Les heures d’enseignement à effectif réduit, affectées localement par le conseil pédagogique, se retrouvent particulièrement en danger. "En maths, il a fallu se battre pour que ces heures (nécessaires vu le niveau de certains élèves) ne soient pas supprimées. Après un rapport de force, une demi-heure de classe en effectif réduit a finalement été sauvegardée. Ce n'est pas toujours l'intérêt des élèves qui est pris en compte…", déplore Rémi Jeannin.
Travailler plus pour…
Mais les heures supplémentaires restent tentantes pour arrondir des fins de mois difficiles. "C'est le meilleur moyen pour un professeur de gagner plus. Pour l'appât du gain ou par nécessité, certains sont prêts à toutes les turpitudes, y compris pousser un(e) collègue à partir pour faire supprimer un poste, libérant ainsi des heures supplémentaires", dénonce Sébastien Rousset, professeur de physique-chimie à Rueil-Malmaison (92). Ambiance… En 2008-2009, 54 % des enseignants du second degré ont effectué des heures supplémentaires régulières sur l’année. Ils en ont accepté 2,3 par semaine en moyenne (4 pour ceux qui ont l’agrégation, selon Richard Descoings, qui avait été chargé de la mission lycée en janvier 2009). Des chiffres qui augmentent chaque année.
Et participez à notre forum :
Dans quel état d'esprit abordez-vous cette rentrée ? Quelles sont vos interrogations ? Comprenez-vous les profs ?
Chantage aux cours
Effet pervers du système : quand les professeurs refusent des heures sup’, certains cours peuvent ne plus être assurés. Et vous en pâtissez… "Difficile de supprimer un poste tout en demandant aux autres de faire des heures supplémentaires… Mais s’ils veulent assurer leur enseignement, ils sont dans la quasi-obligation d’accepter. Cette année, les professeurs ont refusé par principe. Nous avons dû faire appel à des vacataires. Tout cela a été mal vécu. En mars-avril 2010, des enseignants, des élèves et leurs parents ont organisé un mouvement de protestation avec des grèves et des demandes d’audience au rectorat", se souvient Florence Delannoy, proviseur du lycée Fénelon à Lille et membre du bureau national du SNPDEN (Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale).
Les heures d’enseignement à effectif réduit, affectées localement par le conseil pédagogique, se retrouvent particulièrement en danger. "En maths, il a fallu se battre pour que ces heures (nécessaires vu le niveau de certains élèves) ne soient pas supprimées. Après un rapport de force, une demi-heure de classe en effectif réduit a finalement été sauvegardée. Ce n'est pas toujours l'intérêt des élèves qui est pris en compte…", déplore Rémi Jeannin.
Travailler plus pour…
Mais les heures supplémentaires restent tentantes pour arrondir des fins de mois difficiles. "C'est le meilleur moyen pour un professeur de gagner plus. Pour l'appât du gain ou par nécessité, certains sont prêts à toutes les turpitudes, y compris pousser un(e) collègue à partir pour faire supprimer un poste, libérant ainsi des heures supplémentaires", dénonce Sébastien Rousset, professeur de physique-chimie à Rueil-Malmaison (92). Ambiance… En 2008-2009, 54 % des enseignants du second degré ont effectué des heures supplémentaires régulières sur l’année. Ils en ont accepté 2,3 par semaine en moyenne (4 pour ceux qui ont l’agrégation, selon Richard Descoings, qui avait été chargé de la mission lycée en janvier 2009). Des chiffres qui augmentent chaque année.
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Virginie Bertereau










