1. Koumba Larroque : championne du monde de lutte et future kiné
Portrait

Koumba Larroque : championne du monde de lutte et future kiné

Envoyer cet article à un ami
Koumba Larroque a remporté la médaille de bronze aux championnats du monde 2017. // © Stevan Lebras
Koumba Larroque a remporté la médaille de bronze aux championnats du monde 2017. // © Stevan Lebras

ELLE VA FAIRE LA UNE. À 19 ans, Koumba Larroque a déjà remporté une médaille de bronze aux championnats du monde de lutte. En parallèle de sa carrière sportive, elle commence des études pour se former au métier de kinésithérapeute.

Koumba Larroque a commencé la lutte à neuf ans, pour imiter ses deux grands frères. "Je suivais tout ce qu’ils faisaient. J’étais un peu un garçon manqué, j’aimais la bagarre, se souvient-elle. La lutte est un sport de combat difficile car il est très complet : on travaille le cardio, la force, la vitesse… Mais ça défoule !"

Pendant son année de 6e, Koumba arrête ce sport, mais la passion la rattrape. "Cela me manquait, j’ai réussi les tests d’entrée pour entrer en sport études au CREPS (Centre de ressources, d'expertise et de la performance sportive) à Font-Romeu (66). J’avais 12 ans, j’étais la plus jeune", raconte-t-elle.

Lire aussi : Lycéenne en section sportive : "Le sport m’aide à travailler et à me surpasser"

Elle suit ensuite sa première et son année de terminale au CREPS Vichy-Auvergne à Ceyrat (63). "La dernière année n’a pas été facile. Je n’ai eu que trois mois de cours et je suivais le reste à distance. J’ai passé mon bac ES en septembre car j’étais en compétition au mois de juin", explique-t-elle.

Une championne à l’ascension rapide

Côté sport, Koumba Larroque décroche, à 16 ans, une troisième place aux Jeux Olympiques de la jeunesse 2014 et devient vice-championne d’Europe et du monde de lutte dans la catégorie cadette la même année. Visant toujours plus haut, elle grimpe à la première place l’année suivante.
En 2016, elle occupe aussi le haut du podium des championnats d’Europe et du monde chez les juniors.

Koumba Larroque pratique la lutte depuis l'âge de 9 ans. // © Stevan Lebras
Koumba Larroque pratique la lutte depuis l'âge de 9 ans. // © Stevan Lebras

En 2017, elle fait son entrée sur le tapis des grandes. Elle remporte la médaille de bronze aux championnats de lutte (moins de 69 kilos) d’Europe, puis du monde en août 2017. Encore titulaire du titre de championne junior d’Europe, elle espère "doubler avec celui du monde" pour sortir entièrement victorieuse de sa dernière année dans cette catégorie.

Une formation de kiné en huit ans

Avec ses bons résultats sportifs, Koumba Larroque ne délaisse pas pour autant ses études. Après le bac, elle suit une année de licence de STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), option paramédical, dans l’optique de devenir masseur-kinésithérapeute. "Dès 8 h, j’alternais cours et entraînements sportifs (souvent avec les garçons !) à l’INSEP. Le soir était consacré à la récupération et aux devoirs", témoigne-t-elle. Un emploi du temps répétitif et serré qui laisse peu de place aux loisirs… "Sur mon temps libre, je vais au cinéma et m’exerce parfois à d’autres sports de combat."

Lire aussi : Au cœur de l’IFMK de Rouen : des études de kiné prises à bras-le-corps

Une dérogation pour les sportifs de haut niveau a permis à Koumba de pouvoir rejoindre un IFMK (Institut de formation en masso-kinésithérapie) à la rentrée 2017–2018, à Saint-Maurice (94). Cette formation dure quatre ans, mais la possibilité de valider une année en deux ans lui rallongera son cursus.

"J’ai toujours voulu faire le métier de kinésithérapeute dans le sport. Je fais beaucoup de séances avec des professionnels, donc j’ai pu échanger avec eux, voir leur métier. Cette profession me permettra de garder un lien avec le milieu du sport", se projette Koumba. Une carrière de lutteuse s’arrête souvent avant la trentaine, l’athlète garde donc les pieds sur terre et ne néglige aucune piste.

Accompagnée pour réussir

Pour préparer ses projets d’avenirs, Koumba est aussi accompagnée par le dispositif Athlètes de haut niveau de la RATP, qui lui verse une aide financière en échange d’une participation à des opérations événementielles ponctuelles. "Si je change d’avis sur mon projet professionnel, la convention de parrainage me permettra d’être épaulée par la RATP et peut-être même y travailler. C’est un filet de sécurité", admet-elle.

Koumba Larroque a rejoint le dispositif Athlètes de haut niveau de la RATP. // © RATP
Koumba Larroque a rejoint le dispositif Athlètes de haut niveau de la RATP. // © RATP

La lutte n’étant pas un sport très médiatisé, les contrats d’images sont les bienvenus pour compléter les revenus issus des primes. Pour payer ses études, le club de Koumba, situé à Bagnolet (93), lui finance une partie de ses cours. Une aide bienvenue, puisqu’une école de kiné coûte environ 6.000 €.